samedi 20 octobre 2018

Le mot en couleur. Octobre.

Pour octobre la couleur rose et le mot richesse.
Rose...
Ça n'est pas ma couleur. 
Je ne pense pas avoir jamais porté du rose. A part le T-shirt qui allait avec la marche de l'an dernier (cette année j'étais occupée).
La seule touche rose de la maison est le petit rideau de l'escalier. Rose fuchsia. Et le pan de mur de la chambre de Suzanne, rose pâle. Qu'elle souhaiterai plutôt turquoise maintenant.
Le rose est trop mou pour moi, trop neutre.
Et la vie ne l'est pas, rose. Pas tous les jours et pas pour tous.
Pour certains elle est de plus en plus dorée, clinquante, arrogante.
Les quelques familles les plus riches de France, qui comptent leurs fortunes en milliards.
Leurs potes, passés par les quelques "grandes écoles", placés, portés, élus, à leur service, contre avantages. Flotter au dessus de la plèbe.
La plèbe, au service de leurs intérêts.
Au service de leurs "privilèges". Et hop, on sert le soupe aux grands groupes, pesticides, huile de palme, chasse... Et j'en passe.
Tout pour maintenir, augmenter leur richesse. Y compris au mépris de notre subsistance à tous sur cette terre malmenée par l'industrie.
Indifférence et mépris de tout ce qui ne les touche pas.
Ok.
Mais, non, je ne peux pas avaler tout cela!
Notre richesse, à nous, en bas (et les "classes moyennes" auxquelles nous étions sensé appartenir dégringolent de plus en plus vite), c'est la hargne, la colère...
Elle couve, elle rampe, il y a de la peur, il y a de la fatigue, mais elle est là.
J'ai fait grève, je le referai.
J'écris, et j'écrirai. Au ministre qui nous sape, au ministre qui ne daigne pas communiquer avec nous, la presse, voilà leur crédo, j'écris au député, qui refuse de discuter du statut des AESH à l'assemblée, j'écris au député qui propose d'interdire le VTT pendant les périodes de chasse pour éviter les morts (je n'ai jamais entendu parler de vététiste qui aurait tué un chasseur...), j'écris, c'est mon arme...
C'est ma richesse...

Juste avant qu'il ne devienne ministre, ce sinistre.

Pour le député du Loir et Cher, Marc Fresneau:

Monsieur,
Je ne vous connais pas mais vous êtes élu dans mon département et, j'imagine, c'est pour cela que vous avez été élu, vous êtes attaché à votre territoire.
C'est pour vous parler de la réalité de notre territoire que je souhaite vous interpeller.
Je suis enseignante, directrice d'école. Je suis chaque jour, depuis des années confrontée dans mes tâches quotidiennes au handicap de travailler en milieu rural. Je travaille dans un gros village qui n'est relié à la ville la plus proche que par les transports scolaires (collèges, lycées) et par un car SNCF à 6€ le trajet (deux allers retours par jour). La commune ne possède plus de médecin, n'a pas de psychologue, d'orthophoniste (les premiers sont 15km) et je ne parle pas de psychomotricien... Vous vous rendez compte, bien entendu, de la difficulté de mettre en place des soins pour les élèves en difficulté. Avoir un enfant en situation de handicap ici est un parcours du combattant effectué avec les pieds et les mains liées.
Et quand, au bout de très longs mois, la Maison départementale des personnes handicapées statue pour l'attribution d'un(e) AVS le parcours se poursuit: recruter un personnel de qualité dans un si petit territoire est une gageure sans nom. Notre territoire ne possède pas ce personnel. Et l'aire de recrutement ne peut s'étendre. Qui accepterai de griller la misérable paye attribuée, 600€ mois, en essence pour aller travailler? Travailler dans de difficiles conditions (multi handicap) , sans formation sérieuse?
Là dessus vous, notre élu, refusez de discuter du statut des AVS?
Je balance entre désespoir et colère froide.
Je vais devoir, encore, conseiller à des parents de déménager.
De quitter notre campagne.
Pour que leur enfant soit mieux accompagné.
Je vais encore, devoir me réjouir de travailler avec des personnes, dévouées sur des tâches difficiles et délicates, sous payées. Sous le seuil de pauvreté.
Monsieur, je ne vous connais pas mais vous êtes élu dans mon département et à cause, pour le mieux, de votre inertie, au pire de votre incurie, les enfants en situation de handicap, leurs camarades de classe, les professeurs qui travaillent pour eux, les AVS dévouées vont continuer à se débattre, en apnée, pour une inclusion de qualité.

mercredi 17 octobre 2018

Pour l'atelier d'écriture de la médiathèque:

Consigne d'écriture: "Sur le bout de ta langue"
Création d'un conte délirant (mots / maux): un héros/une héroïne, une quête, un méchant, des épreuves, une fin qui peut être cruelle.

Il était une fois une héroïne ordinaire, une de celles que l'on ne voit pas, que l'on ne reconnaît pas.
Elle s’appelait Zorah, avait entre 45 et 50 ans (en fait elle avait peut-être moins mais cela intéresse personne, n'est ce pas?), quelques kilos en trop, le cheveu bicolore (racines blanches le reste marronnasse) et terne, un mari, deux enfants en début d'adolescence, un chien très très bête (il ne la reconnaissait jamais quand elle rentrait chez elle. Il lui fallait toujours 5 minutes avant de se souvenir que c'était elle qui lui remplissait la gamelle) et un boulot tout aussi...
Bref, Zorah, se levait tôt, faisait tourner la maison (elle avait renoncé à demander quoique soit à son mari qui ne voyait jamais rien de ce qu'il y avait à faire), s'arrangeait tant bien que mal pour que ses enfants aillent à l'école, au collège et allait trimer dans une usine 8 heures par jour.
Huit heures par jour, entre deux collègues plus bêtes que méchantes, mais bien méchantes quand même (Avez-vous remarqué comme le manque de bonheur rend bête et méchant?), à alimenter une machine automatique. Alimenter en trucs qui avaient perdu toute identité, toute valeur aux yeux de Zorah.
Donc Zorah était une héroïne ordinaire qui vivait, sans vague, sa petite vie en prenant plaisir à de petites choses sans valeur, comme faire un câlin (il fallait les coincer) à ses gosses, cuisiner de bons petits plats (là son mari se réveillait un peu, il voyait ses mains qui posaient le plat sur la table), papoter avec ses copines.
Papoter avec ses copines était essentiel, vital, pour Zorah. Elle papotait, papotait, papotait, et sa vie s’allégeait, s’allégeait, s’allégeait.
(illustration "piquée" dans le carnet de croquis de Victor)
Jusqu'au jour où Zorah perdit les mots.
Comme ça brutalement. Un matin elle se réveilla sans mots.
Elle les avait, comme avant, en tête, mais ils ne sortaient plus. Plus moyen de dire "Hello, mon chéri, il faut te lever!", ni "Oulala, les enfants, mettez le turbo! Vous allez rater le ramassage!", pas plus que "Je voudrais quatre escalopes de veau, s'il vous plaît" et surtout, surtout, plus de "J'ai entendu dire que Mme Michu a trompé son mari et..."
Zorah ne pouvait plus papoter avec ses copines!
Elle ne pouvait plus non plus protester sur les heures sup non payées (et cela arrangeait grandement son patron, qui était un rat), ne pouvait plus discuter des difficultés scolaires, ou disciplinaires, de ses enfants chéris (qui, une fois la surprise passée, en profitèrent un max), ne pouvait plus faire entendre sa voix déjà si tenue avant.
Le médecin qu'elle consulta, non sans mal (il lui avait fallu prendre rendez-vous, sans mots, puis expliquer son cas, sans mots) assena aphasie.
Aphasie? Remède?
Le toubib ne la voyait pas plus qu'elle ne parlait, il était débordé.
Mais il avait donné un nom au dragon à vaincre! Aphasie. Rappelez-vous Zorah était une héroïne, elle vaincrait, elle retrouverait les mots volés.
Elle chercha des alliés autour d'elle.
Son mari? La vie, la dépression, l'alcool, l'avaient éteint. Il se contentait désormais de manger et de chier (Mais où était passé le charmant jeune homme qui l'avait pris dans ses bras, qui l'avait emporté au 7éme ciel? La chute était rude...).
Ses enfants? Ils cherchaient, boussole cassée par l'adolescence, un sens à leur existence, erraient entre amour et révolte. Elle les avait tellement assistés jusque là qu'ils étaient incapables de s'assumer seuls. Alors l'aider elle...
Ses collègues? Elles étaient ravies de pouvoir l'agonir de méchancetés sans qu'elle ne puisse répondre.
Ses copines? Bah, sans l’essence même de leurs relations, le papotage, elles ne le furent plus. Des copines.
Zorah s'attaqua donc au dragon aphasie avec son chien (une fois qu'il l’eut reconnue, bien sur) ravi d'aller se promener si souvent.
Oui, médecins, spécialistes, orthophonistes...
Assistantes sociales...
Zorah trouva des armes inédites, réussit à se faire comprendre à l'écrit. Ce fût difficile, l'écrit était loin, très loin, dans le temps et dans sa tête, mais elle remonta ses manches, piqua les livres de ses gamins, prit un abonnement à la médiathèque de son quartier.
La médiathèque devint même son nouveau QG. Elle en écuma les rayons, méthodiquement. Elle se prit au jeu. De la lecture et de l'écriture.
Grâce aux ordis, à la connexion internet publique elle se fit valoir ses droits, prise en charge, indemnité compensatoire de la maison départementale des personnes handicapées. Pour elle et pour son mari, tombé si bas et qui avait prit tant de poids qu'elle n'arrivait plus à le soutenir. Il fut hospitalisé. Elle se sentit d'un seul coup plus légère. Plus légère mais coupable, de cette légèreté. On ne se refait pas...
Grâce aux ordis, à la connexion internet publique elle accompagna ses enfants dans les méandres de l'orientation, les soutint dans leurs recherches de stages, d'écoles. Elle les accompagna jusqu'à la porte de l'âge adulte, jusqu'à la porte de l'indépendance, qu'ils franchirent.
Zorah, toujours aphasique se retrouva seule. Seule avec son chien.
Qui en profita pour mourir. Bêtement. Il crut la reconnaitre de l'autre côté de la rue, la confondant avec Miss Lola, drag-queen de son état, rentrant chez elle à l'aube, et se jeta sous les roues du camion des éboueurs.
Mais Zorah était une héroïne.
Elle se réfugia dans les mots. Les mots écrits.
Tout juste si elle ne dormait pas à la média.
Elle se mit à écrire pour les autres, à écrire à ceux restés au pays, à écrire au percepteur, au député, au ministre, au président s'il le fallait.
Tout juste si elle ne dormait pas à la média.
D'autant plus que le gars qui s'occupait de l'entretien du bâtiment, un grand gars quasi mutique, lui avait souri. Souvent.
Pour ce genre de chose pas besoin de mots. N'est ce pas? 
Un soir ils se laissèrent enfermer entre les polars et les docus.
Zorah avait l'impression d'avoir vaincu le dragon, elle l'avait dompté, l'avait utilisé.
Zorah était heureuse.
Et c'est le sourire aux lèvres, entre les bras du gars dont elle n'avait jamais pu prononcer le prénom, qu'on la retrouva morte, ensevelie sous les livres après l'explosion de la chaudière à gaz (que son amoureux était censé réparer ce soir-là).
Ensevelie sous les mots.




lundi 15 octobre 2018

De tuiles en coucous, de soupe de potiron en panne de gaz, de cuve pleine en poissons frits, anniversaires X3 ou l'art...

...de passer un bon week-end.
Samedi matin cool...
Genre, vider les toilettes sèches, préparation de soupe de potiron (pas en même temps!), instruction pour l'organisation des couchages, une dernière course pour trouver la "perle rare"...
...pendant qu'une opération changement de tuiles cassées...
...(lors du dernier orage, jeudi soir, nous avons eu une infiltration)...
...s'organise et se termine, comme d'habitude ici, par un jeu...
Voilà, voilà...
Simon et Cynthia, Clément, Noa et Camille suivis de Mane, Jenny et Romane puis de Carole, Vava, Félix et Camille (l'autre, le cousin de Félix)...
...pour une soirée bien agréable.
Qui s'est terminée, sans moi, par quelques tatouages.
Dimanche, le mauvais temps était annoncé...
...mais Vava ne s'est pas démonté et a allumé le barbecue pour faire cuire son poisson.
Et il a eu raison! Quand Adi, Barbara, Catherine et Cali sont arrivés on se serait cru en plein été.
Bon... Tout le monde est là?
Ahouch...
...Heu...
Cadeau!
Pour Clément la "perle rare"!
(c'était le seul truc empaillé chez le brocanteur...)
Il est ravi!
Beaucoup moins Catherine, chez qui il habite (zut! Je cois qu'elle n'est pas prête à me pardonner ce coup là! ;-))
Cynthia, reçoit sa part, moins "punk", elle est tout aussi ravie.
Et Arthur n'est pas en reste! Les cadeaux tombent justes!
Apéro!
Et transfert...
Il fait vraiment trop beau pour s'entasser à l'intérieur!
N'est ce pas Groove?
Couscous.
C'est plus simple quand ce sont les invités qui apportent...
...chacun un morceau du repas.
Desserts. Avec un s.
Facéties...
Fous rires.
Groupement d'ados au salon (plus un qui sieste un peu)...
...de jeunes (et moins jeunes) sur le pré.
Ils apprennent à manœuvrer le drone: la maison vue du ciel... 
Il y a des activités calmes...
...de ci...
...de là...
Et tout cela nous pousse tranquillement...
...en fin d'après midi.
Où les uns, les autres reprennent la route pour rentrer (et klaxonnent bruyamment, et reviennent pour récupérer ce qu'ils ont oublié...).
Super week-end au milieu duquel on a à peine remarqué la cuve des toilettes pleine (vive les toilettes sèches!) et la bouteille de gaz à changer en plein milieu de la cuisson du couscous (bouteille achetée en catastrophe, comme à chaque fois, en fin de matinée dimanche).