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mercredi 30 septembre 2020

A comme...

...acronymes!

Nous sommes des PE, Pauvres Égarés, ou PP, Pantins Premiers, au fin fond de l'EN, Écrits Normés. 

Mais en fait, non, c'est du MENJS que nous dépendons. Mais Évidemment Nulle Je suis!

L'OM suivra. Et je précéde, lors de mon trajet de 60 km jusqu'à la formation, un bus bleu et blanc rempli de mecs aux coiffures improbables (mais que je retrouve sur la tête de certains de mes élèves).

Surtout ne pas oublier d'éditer les bulletins de vote pour la seule liste des RPE, Raz le Pompon des Élections! Que de papier (et d'énergie) gaspillé... Mais il faut pouvoir entrer le taux de participation dans l'ECECA, sise dans ONDE.

Cela n'apparaitra pas dans l'APA1D mais, c'est certain, cela permettra aux ordis de la DSDEN, de la DASEN et de son DAASEN, de mouliner. Et cela donnera un beau chiffre à annoncer sur BFMTV. De quoi nourrir l’acculturation de la population.

Car il semble très important de souligner à ceux qui en sont extérieur, et aux pauvres pommes qui travaillent à l'intérieur, mais sans glossaire, que seuls les spécialistes peuvent se pencher sur les ULIS, SEI, et autres PIAL qui gèrent les AESH. N'est ce pas? Ce n'est pas la MDPH qui dira le contraire.

De quoi oserions nous nous plaindre? Nous pouvons faire appel à l'ERUN si l'on galère avec la RGPD dans le cadre des EAC, des APC à la BCD dans le cadre du PEDT monté en parallèle de l'ENIR (projet TICE) et de EDD (à moins que ce fut l'E3D?) (subvenions possible de la DAC?). 

Détendons nous!!! Nous avons, c'est récent un ENT. De quoi assurer, c'est cool, avec le B2i, voire le C2i. Et un DRH (de proximité!) pour nous assurer de la non possibilité d'utilisation de notre CPF.

Et puis nous sommes soutenus pas la DJSCS alors faisons vaillamment vivre l'USEP et UNSS!

Cela nous distraira du PPMD Ai et son pote PPMS RM.... 

NCP (N'est Ce Pas)?

vendredi 25 septembre 2020

P comme...

...péri éducatif.

Ou, si vous préférez (moi je préfère), pour être clair: bénévolat au boulot. 

Genre tout dépassement des 108 heures fourre tout 

(36 heures (+ 24 de préparation) d'activités pédagogiques complémentaires (APC, je prépare un article sur les acronymes qui font que l'éducation nationale (EN) c'est: "je ne sais pas de quoi on parle, tu ne sais pas de quoi on parle, il/elle ne sait pas de quoi on parle, Nous..." Z'avez compris) 

+ 60 heures 

- à des travaux en équipes pédagogiques (activités au sein des conseils des maîtres de l'école et des conseils des maîtres de cycle) ; entendre: réunions.

- à l'élaboration d'actions visant à améliorer la continuité pédagogique entre les cycles et la liaison entre l'école et le collège ; entendre réunions.

- aux relations avec les parents ; Là le bât blesse: 24 élèves (+ /- selon les années), une réunion de rentrée, une réunion (minimum) pour le projet de classe de neige, de classe verte, de petites randos, plus, et c'est essentiel, tous les rendez vous avec les parents des gamins qui ont des difficultés (ou pas). Vous voyez de quoi je parle?

- à l'élaboration et au suivi des projets personnalisés de scolarisation des élèves handicapés. C'est un forfait... Que l'on ait un, ou deux, ou trois, ou plus, élèves en situation de handicap. Avec ou sans Accompagnant aux Elèves en Situation de Handicap (avec qui nous devons décider, planifier, adapter les aides). J'ajouterai à cette rubrique les heures d'autoformation, sur les sites dédiés (ou pas), à lire des bouquins (ou à dormir. C'est bien de dormir aussi, parfois). 

+18 heures d'animation pédagogique et à des actions de formation continue (ces dernières années: math, français. La "bonne" méthode, avec la grande découverte du fil à découper le beurre. Et puis surtout, comme si on les avait attendu pour le faire, partage d'expériences). Les actions de formation continue doivent représenter au moins la moitié des dix-huit heures et être, pour tout ou partie, consacrées à des sessions de formation à distance, sur des supports numériques (un monstre numérique très éducation nationale (au cheminement abscons et sous surveillance numérique) qui répond au doux nom de Magistère).

+6 heures consacrées aux réunions de conseil d'école (3X2 heures. S'il n'y a pas de dossiers polémique... Si les parents n'ont pas une liste de 15 questions, Si...))

Bref! Bénévolat quand tu nous tiens!

Sans doute parce que c'est l'huile dans les rouages. Parce que c'est le temps nécessaire, même s'il est invisible aux yeux de l'EN, pour que les choses soient bien faites. 

Vous imaginez la tête de la maman de C si, à sa demande de rendez-vous, on lui répond: "Trop tard! La maman de B à épuisé le temps qui m'est imparti pour les rendez vous parents!". Et puis cela ferait drôlement avancer le schmilblick si l'on refusait de rappeler, à la récré, ou après la classe, l'orthophoniste de K, l'éducateur de F. Non? Et vous vous voyez répondre aux gendarmes: "Désolée, j'ai dépassé le cotas des 108 heures. Il vous faut attendre à rentrée prochaine que le compteur ait été remis à zéro pour que je puisse venir témoigner".

Bref, bénévolat mais dans les clous, n'est ce pas? Parce que nous avons la vocation, parce que nous sommes passionnés... Et puis nous avons des vacances. Plein de vacances...

Pour ma part, j'ai même, de temps en temps, "exploité" une filière qui pourrait, entre d'autres circonstances, s'apparenter à du travail dissimulé: mon mari, mes gosses...

Dès le surlendemain de notre mariage Gilles est venu à mon secours pour réaménager la classe qui avait servi de centre de loisir pendant l'été.

Et il lui est arrivé, quand je changeais de niveau, de me donner un coup de main dans la préparation matérielle de ma classe (plastifier des fiches, trier des jeux,...).

Il y quelques années mes fils aînés sont devenus des héros aux yeux des petits de maternelle ("Maîtresse!!! Pourquoi il a des trous dans les oreilles le monsieur qui est ton fils (?) ?") quand ils ont amené le pique nique lors des journées de randos: "Maîtresse!!! Je la vois, la voiture de ton fils!!! C'est maintenant qu'on peut manger alors?!!!"

Et mon troisième qui a passé des heures, de nuit, à tracer la planisphère (repassant, au pinceau, la carte projetée) sur le mur de la médiathèque pour permettre à mes CM1 ("Maîtresse, il est vachement beau ton fils!!!") de finaliser le projet de fresque sur l’immigration.
 
Du temps qu'ils ont offert. Du temps qu'ils m'ont offert.
 
Et des moments magnifiques parfois, grâce à eux. Du péri scolaire qui sera, pour les élèves, un jalon, un souvenir qui marque. Comme ce spectacle le second soir de la randos dans le Perche (4 jours, 3 nuits):
 
Un spectacle de feu.
(quand j'ai demandé au conseiller pédagogique, référent sécurité, si cela posait problème (derrière des barrières, sur un parking, mes fils ne sont pas des pros mais ne sont pas novices) il m'a juste demandé s'ils ne pouvaient pas faire le spectacle le lendemain, parce qu'il n'avait pas trouvé de spectacle de fin de rando et puisque j'avais trouvé ben...)

Si d'aventure ces CM1, devenus collégiens, ne se rappellent plus que nous avons étudié les cartes et les itinéraires, que nous avons écrit aux communes que nous avons traversé pour leur demander la permission de dormir dans leurs salles municipales, que nous avons fait des calculs de coûts pour les repas, qu'ainsi nous avons avancé dans le sacro sain programme, nul doute ils se rappellent avoir vu, et applaudis, les jongleurs / cracheurs de feu. Vous ne croyez pas? (Merci les gars!)

Péri éducatif... 108 heures, qu'ils disent dans le manuel...

mercredi 23 septembre 2020

C comme...

...contagion (ou cons, pris pour des, par Véran, Blanquer et leur clique).

Bien entendu ce petit post a autant de valeur, ou non, scientifique que l'étude effectuée sur des élèves pendant le confinement (et donc pendant qu'ils n'étaient pas à l'école, n'est pas?).

Je vous livre seulement mon expérience, mon vécu. 

Cela pourrait s'intituler "quand la maladie s'invite à l'école". (Ou "médecin scolaire/médecin du travail où es-tu? Mais c'est un autre sujet. Nous pourrions en écrire des pages. Ou plutôt résumer tout cela par: plus de médecin scolaire, toujours pas de médecine du travail).

Je reviens à mes moutons. Oups! A mes rhumes et autres gastros.

Parce que les leurs sont les nôtres sans contestation possible.

Surtout en début de carrière (j'ai toujours une impression d’escroquerie quand j'emploie le terme  carrière apposé au mot prof. Quand t'es prof, t'es prof. Tu peux durer mais tu ne peux faire carrière comme le font les cadres...). Chaque jeune collègue connait cette première année où il choppe tout. Du rhume à la conjonctivite, de la gasto aux poux. Comme pour les élèves le prof doit "faire son immunité".

Surtout quand tu es en maternelle. Tu as beau te laver les mains tu ne peux rien contre le "Atchaaa!" qui te couvre de morve le visage et les mains (mais comment peut-il y en avoir autant dans un aussi petit nez?). 

Tu as beau signaler de fin septembre à début juin que le petit a le nez pris, n'arrive pas à respirer (et à entendre par la même occasion) tu ne peux que gérer les nez qui coulent jaune ou vert (ma maman appelait cela des chandelles). "Bah, non il ne sais pas se moucher" (ajout illico aux programmes (avant ou après "savoir pédaler"?): apprendre à se servir d'un mouchoir).

Tu as beau leur faire se laver les mains il y a toujours un moment dans l'année ou l'effectif disparait par roulement à cause de la gastro ("Il a vomit cette nuit mais ce matin ça va mieux". "L'a la chiasse, faut le laisser aller aux toilettes, hein!").

Tu as tout intérêt à avoir le cœur bien accroché quand le jet de vomito atterrit sur tes chaussures, ou, comme cela est arrivé une fois dans ma classe de CE2, sur le camarade de devant, ses cahiers, dans sa trousse, son cartable (mais comment peut-il y en avoir autant dans un si petit ventre?).

Et que dire des épidémies de varicelles qui vident une classe pendant dix jours?

Perso j'ai, de manière récurrente, des otites externes depuis que les jumeaux Y et B ont promené dans ma classe leurs yeux collés et collants de pus jaune. 

(j'ai découvert il y a peu que j'avais mené 5 grossesses sans savoir que l'école est l'écosystème du cytomégalovirus (mégalo, rien que ça!) qui est dangereux pour le fœtus (mais rassurez vous seulement dans 40% des cas)).

Maladie professionnelle? 

Allons bon! Les profs qui sont absents ne le sont pas parce qu'ils sont malades, ils le sont parce qu'ils tirent au flan. C'est de notoriété publique.

Alors, Véran, alléger le protocole, déjà très light, dans les écoles sous prétexte que les enfants ne sont pas contagieux entre eux, et encore moins envers leurs profs (qui portent un  masque protecteur en peau de slip. Tiens c'est curieux j'avais appris, compris (mince je deviens sénile avant l'heure. Surement le fait de porter le masque toute la journée, non?) que le masque protégeait ceux qui étaient en face du porteur) me semble... Inadapté?

Je dis ça... Je ne dis rien. 

De toute façon, mon avis n'est en rien éclairé, n'est pas? Je ne suis qu'une obscure petite prof des écoles.

 

 

mardi 22 septembre 2020

M comme...

 ..."Maîtresse!!!"

Dans la cour:

"Bonjour, maîtresse!"

"Maîtresse! Y'm'traite!"

"Maîtresse! Elle veut pas jouer avec moi!"

"Maîtresse! J'ai jamais le ballon!"

"J'peux aller faire pipi, dis, maîtresse?"

"Maîtresse, y font que de m'embêter!!!"

"Et tu sais maîtresse, je t'ai vue dans ta voiture..."

"Maîtresse t'as des enfants? Et comment y s’appellent?"

En classe:

"Maîtresse! Je le colle où?"

"J'peux aller faire pipi, dis, maîtresse?"

"Maîtresse, dans quel cahier déjà?"

"Maîtresse j'ai pas de crayon/colle/ciseaux/gomme..."

"Dis maîtresse, c'est vrai que tu était la maîtresse de mon papa quand il était petit?"

"Maîtresse, j'ai soif!"

"Mais maîtreeeesssseee!!!"

"C'est quand la récré maîtresse?"

"Maîtresse!!! j'ai compris!"

Et plus rarement (dommage): "Maîtresse, j'ai pas compris..." 

"Non mais, maîtresse, j'ai faim aussi!"

"Je t'aime maîtresse".

Et malheureusement aussi, une fois: "Maîtresse, tu es mon enfer".

Au moment de l'habillage, ou du passage aux toilettes:

"Tu sais maîtresse, ma maman elle aime beaucoup jouer au cheval avec papa"

"Maîtresse! On a les même chaussures! Mais les miennes elles ont une "h'lo kitty" dessus."

"En fait, maîtresse, j'aime pas trop les films d'horreur".

Sur le trajet vers la médiathèque, ou la piscine, ou la poste, ou...

"Maîtresse, tu sais ma maison elle est par là"

"Maîtresse, et toi tu as une maison?"

"Maîtresse, tu le sais, hein, que mon papa il est mort?"

"Maîtresse, on va où?"

"Tu sais maîtresse les gendarmes sont venus à la maison. Mais il ne faut pas que je le dise".

"Tu sais maîtresse, je crois que ma maman elle t'aime pas trop"

Et aussi, "dans le privé", au marché:

"Hey!!! Maîtresse! T'achète des carottes?!"

à la médiathèque:

"Maîtresse? Pourquoi tu te caches?"

à la piscine, un grand type d'un mètre quatre vingt quinze: 

"Maîtresse!!!" Et à sa copine, toute aussi effarée que moi: "C'était ma maîtresse de CE1!" (il y 15 ans).

Lors du spectacle pyrotechnique, dans la noir le plus complet:

"Maîtreeeeeessssssssse!!!"


 


 

jeudi 17 septembre 2020

S comme...

  ...sollicitude (ou... Sans commentaire).


Sms de ma supérieure hier après midi:

Bonjour Madame, 

Vous n'avez pas validé les effectifs de l'école et je sais que vous êtes occupée par la situation médicale de votre conjoint. Pouvez-vous vérifier que Onde est bien à jour et me tenir informée. La remontée nationale se fait demain. Avec mes meilleures salutations.

Ok...

Ma réponse:

Je vous remercie de votre soutien et de votre sollicitude. Je ne suis pas occupée par la situation médicale de mon mari. Je suis en arrêt maladie pour dépression réactionnelle. Le fait d'avoir eu peur de perdre mon mari le jour de nos 33 ans de mariage (il a fait un infarctus du myocarde) a été la goutte qui a fait déborder le vase de ces derniers mois de navigation à vue dans mes missions de direction. J'avais effectué le comptage demandé mardi dernier mais je ne l'ai pas validé et je ne peux plus le faire. Les effectifs sont ceux que je vous ai fourni le jour de la réunion des directeurs. Cordialement. Anne Allet

La sienne (en fait elle semble capable de répondre à mes sms, sauf quand ce sont des demandes de soutien. Comme se fût le cas à plusieurs reprises ces dernières années):

Merci des informations sur les effectifs. Je fais remonter avec la fiche dont je dispose. Prenez soin de vous. Meilleures salutations.

dimanche 13 septembre 2020

C comme...

 ...commandes (suite)

Allez, hop, nous avançons dans le temps. De 20 ans, plus ou moins.

Toujours la même école, le même gros village.

Mais pas les mêmes collègues (sauf moi, je partie et revenue, j'en suis désormais la directrice), le collègue crésus est allé sévir ailleurs.

Et nous savons exactement combien nous pouvons dépenser par élève. C'est cool.

L'habitude a été prise de travailler avec le libraire local. C'est hyper cool. Parce que le service est top. La livraison est amenée le jour dit, à l'heure dite, par le libraire lui même. Il porte les cartons jusque dans chaque classe (ça fait rêver, hein?). Et il reprend les erreurs de commande, il "délote" (j'ai appris ce verbe à cette occasion), cherche, et trouve, la bonne recharge pour les feutres à tableau, les cartouches d'imprimante qui vont bien. Le reliquat ne se fait pas attendre plus de 8 jours.

Une rentrée tranquille de ce coté. J'ai apprécié.

Mais il ne faut pas, surtout dans notre métier, s'installer dans le confort. Nous risquerions de nous amollir, de perdre notre qualité numéro un, l'adaptabilité. Il ne faut pas oublier que rien n'est acquis! Le libraire a vendu son fond de commerce, à une dame, qu'il nous a présenté, et est parti pendant l'été suivant.

C'est donc sa remplaçante qui a géré nos commandes. Et se fût la Bérézina.

Un tiers de la livraison ne correspondait pas à la commande. Et j'ai dû rapporter moi même les cartons à la librairie (Si je suis Anne, Âne je ne suis pas, et pourtant...). Un tiers était manquant et ne fût (ou pas) livré au cours de l'année scolaire, au gré de mes rappels, jusqu'en février.

Là je me suis fendue d'un coup de téléphone, houleux, pour signifier à la dame que nous ne travaillerions plus avec elle. Je l'ai ensuite fait savoir à la mairie. La dame a protesté, c'est moi qui ne savais pas faire mon boulot. Elle l'a fait savoir à la mairie.

Le maire a voulu savoir ce qu'il en était et nous nous sommes rencontrés. Je lui ai fait part de la décision de l'équipe de ne plus travailler avec ce fournisseur et lui ai expliqué pourquoi. Je lui ai donné les numéros de téléphone des autres écoles qui rencontraient les mêmes difficultés, puisque, visiblement, il la croyait, elle (le doute m'effleura qu'il la connaisse personnellement). Et je suis passée à autre chose.

Puis, la roue tournant (au punaise! j'en étais déjà à la 33éme année scolaire!), revint le temps des commandes (qui souvent est concomitant du temps des cerises, je digresse, je digresse) que nous fîmes sur le catalogue et le site d'un grossiste connu de tout enseignant. 

Pour une commande avant le 15 juin nous avions 30% sur le montant de la facture. Nous nous étions toutes activées pour boucler avant et j'avais transféré la commande à la mairie.

Qui ne l'a pas validée.

Monsieur le maire n'avait pas entendu nos arguments.

Il a fallu re négocier en étant ferme sur le "nous ne travaillons plus avec cette dame", et en faisant valoir que le grossiste était beaucoup moins cher. La mairie demandé un devis à la dame pour la commande que nous avions passée. L’argument portefeuille porta. Elle fût battue ainsi. 

Et nous sommes passés à d'autres aventures... de livraisons cette fois.

mercredi 9 septembre 2020

C comme...

...commandes.

A chaque municipalité sa spécificité, on est d'accord.

Il y a les généreuses et les radins (à moins quelles soient fauchées. Souvent c'est celles qui auraient le plus besoin de soutenir leurs habitants qui ne le peuvent pas...).

Il y les écoles qui demandent aux parents d'acheter le matériel, il y a celles qui fournissent tout.

Il y a les grosses villes avec centrale d'achats et les villages qui font travailler le libraire du coin pour soutenir le commerce local.

Et il y a les aléas. Souvent. Même si l'on anticipe, même si l'on croit avoir tout prévu, tout bordé.

Alors quelques histoires de commandes, de livraisons, de "Oh, p**** de m****, comment on va faire?":

La première remonte à plus de vingt ans, il y a surement prescription. 

Nous étions 6 collègues dans l'école élémentaire d'un gros village. Et nous avions un budget pour le moins opaque. Nous commandions en restant dans la limite de ce qui avait été accepté par la mairie l'année précédente. Nous n'avions pas de "coût/élève". Il y avait un budget global, pour l'école, dont nous ignorions le montant. 

Arrive un nouveau collègue. Qui venait d'ailleurs, d'un autre département. 

Pas toujours facile de s'intégrer dans un équipe déjà formée. Mais cette équipe évoluait tous les ans, cela se passait en bonne intelligence et, moi j'avais été très bien accueillie et soutenue (j'y ai trouvé un collègue/parrain absolument génial). Lui est arrivé en sachant tout, en expliquant tout aux collègues, même les plus vieux. Sans rien connaître de leur pédagogie, de leur façon de fonctionner (et il est largement passé pour un con à se croire à la pointe de... Bref!). Comme il savait tout il n'a pas posé de questions. Et comme il avait hérissé toutes les susceptibilités personne ne l'a renseigné sur les usages. 

Il a fait sa commande le premier (même là il était "the best"). L'a passé à la mairie sans passer par le directeur (allons bon, pourquoi faire?). Les commandes du reste de l'équipe ont été compilées par le directeur début juillet et données à la mairie. L'été a passé. Et la jour de la prérentrée (ou dans les jours précédents) nous avons reçu la commande. Sa commande. Pas les nôtres.

Le directeur c'est tourné vers la mairie. 

Le verdict a été sans appel: la budget avait été entièrement dépensé avec la première commande.

Entièrement dépensé. Le budget de l'école.

Heu. Heum...

Vous imaginez bien que d'avoir à travailler avec les fonds de placard, pendant que le gus se vautrait dans le luxe de sous mains individuels plastifiés (entre autres), n'a pas amélioré son intégration déjà mal emmanchée... 

N'est ce pas?

(Suite au prochain numéro)



 

vendredi 4 septembre 2020

P comme...

...pré rentrée!

Et hop! Grand saut dans le temps:

Cette année là la rentrée a eu lieu le 8 septembre.

1987, ma première "vraie" prérentrée.

1987, nous venions de nous marier (le 5) quand je suis arrivée dans la classe où je venais d'être nommée pour une année en remplacement d’une qui était partie en formation (il me semble...). C'était une école dite "d'application", une école "modèle", pleine de maîtresses d'application qui formaient, en les recevant dans leurs classes, des normaliens (oui, je suis assez vieille pour être passée par l'école normale!). Je détonnais, bien entendu, du haut de mes petits vingt ans, "suppléante éventuelle", non encore formée, au milieu de ces cadors de la pédagogie. Mais l'école était à quelques rues de notre logement, et j'étais très contente d'avoir une classe de moyens grands, alors j'étais arrivée pleine d'énergie et d'espoir.

Même l'avalanche de consignes à enregistrer, code d'alarme à se rappeler, tableau de service (où, je m'en rendrais compte à l'usage, je figurais dans toutes les cases contrairement à mes collègues qui travaillaient durs, elles) à suivre, visages et prénoms nouveaux à retenir, ne m'avaient pas (trop) ébranlée.

Puis l'ATSEM qui avait été chargée de me montrer ma classe (la directrice avaient tant de boulot que...) à ouvert la porte (et c'est vite, vite, sauvée).

Là, brutalement, l'ampleur de la tâche m'a écrasée.

Pas la préparation de mon jour de rentrée, pas le nombre d'étiquettes à écrire et à dupliquer (les moins de 30 ans ne peuvent pas se souvenir de cette odeur d'alcool qui nous poursuivait après avoir fait des copies en tournant la manivelle de... Mince comment s’appelait cette machine?), non...

Loin de là!

Ma classe n'était pas une classe.

Il y en avait bien la coquille, les quatre murs jaunes, les fenêtres en rangs serrés donnant sur la cour, le sol carrelé (carreaux mouchetés beige marron si pratiques) (et si moches). Là pas de problème.

Il y avait même le fameux tableau dit "noir", en réalité vert. Et cette odeur d'école. Oui.

Mais des tables, des chaises, des chevalets de peinture, des caisses de livres et de jeux nulle trace!

A moins que...

Ce n'était sans doute pas si caricatural. Sans doute. Mais c'est le souvenir que j'en ai.

Au milieu de cette non classe il y avait une pyramide. Une accumulation. Un tas. Une agglomération. Le résultat, en quelque sorte, d'une explosion à l'envers. Un puzzle à l'ouverture de la boite.

L'école s'est retrouvée brusquement silencieuse. Ou ce sont mes oreilles qui ont un moment cessé de fonctionner? J'ai tiré un chaise et je me suis assise. 

J'ai fait un rapide état des lieux, j'ai examiné mes options. Le tour d'horizon a été rapide.

Et je me suis rendue dans le bureau de la directrice, lui ai emprunté son téléphone pour appeler mon mari tout neuf à l'aide.

Nous avons passé la journée à re meubler, réaménager, re ranger la classe qui avait servi de salle d'activité pour le centre de loisirs (et j'ai passé la nuit à préparer ma journée de classe). Et c'est ainsi qu'il a mis le doigt (et les bras, et le reste) dans l'engrenage du bénévolat familial au service de l'éducation nationale...

jeudi 3 septembre 2020

Le B. A. ba de l'école.

Il y a eu cette discussion lors d'une manifestation. Il y a eu ces anecdotes lors des repas partagés, lors des covoiturages sur les trajets vers les réunions (palpitantes), des "formations" (les guillemets sont très importantes) et à chaque fois il y en a un (ou une. Plus souvent une, nous sommes majoritaires. Très largement) qui assène:

"Tu devrais écrire un livre!"

Ouais, je devrai. Mais je n'ai pas le temps. 

C'est à peine si j'arrive à écrire ici ces derniers jours (mois?).

Mais je peux, je crois, écrire de petits "épisodes" de mes histoires d'école, à l'école, avec l'école, pour l'école.

J'ai pensé au format "abécédaire" que j'ai déjà utilisé pour raconter notre quotidien, nos vacances.

Alors, si le cœur vous en dit, je vais démarrer (dès demain. Ou après demain) une nouvelle série: "50 nuances de craie".

(A la pie qui fait des copies d'écran pour dénoncer ce qu'elle pense être coupable: 

Liberté d'expression (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1789 + Convention européenne des droits de l'homme.)

Liberté d’opinion (article 6 de la loi du 13 juillet 1983).)