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dimanche 30 juillet 2023

Avec Virginie, 30/52/23: "La première fois que j'ai voyagé".

Projet photo avec Virginie.

 
J'avais quelques semaines (à peu prés l'âge d'Apolline en ce moment).

Sans doute (Colette le confirmera) étions nous arrivés là en Deuche (la première voiture de mes parents, achetée grâce à un emprunt à l'un des frères de Colette (ce qui avait valu un scandale: on emprunte pas à des "étrangers"(!!!)).

Nous étions là où je suis maintenant, et depuis plus de 30 ans: à La Hirlière, en Loir et Cher.

Pendant longtemps, et c'était le cas depuis longtemps, notre maison était la maison de vacances de la famille Richez...

dimanche 11 juin 2023

Avec Virginie, 23/52/23: "Souvenirs...

...de choses en lien avec des personnes âgées qu'on connait, qu'on a connu..."

Projet photo avec Virginie. 

Tout de suite j'ai pensé à ce texte, et à la photo que j'avais choisie, écrit en 2015 au moment du décès de Victor, notre voisin, et l'ami d'Albert, mon père.

Vous me pardonnerez, j'espère, ce "recyclage". Mais c'est, exactement, la réponse à la consigne donnée...

Il y a comme un caresse sur ma nuque, un souffle. Et un sourire me vient. 
Douceur. Victor le berger est parti la semaine dernière. Et dans mon esprit il va pouvoir s'assoir sur cette terrasse, à cette table, avec Albert, mon père, pour discuter de la marche du monde. Le pédagogue et le paysan. Meneurs de troupeaux au cœurs immenses. Leurs vies n'auraient pu être plus différentes, plus dissemblables, et pourtant. Avec quelques années d'écart ils ont eu l'enfance libre des gosses de la campagne. Victor entre deux guerres, Albert naissant au début de la seconde. Tous deux purs produits de leur temps, façonnés par la volonté de faire bien. Faire bien pour Victor et il se battra contre l'envahisseur, courant le maquis. Et puis donnera de son temps, de sa personne, de ses idées, aux habitants de sa commune pour l'ouvrir au monde. Faire bien pour Albert ce fut échapper à sa mère, à la chape de la religion pour offrir aux autres sa capacité de travail au service d'une éducation ouverte, intelligente, démocratique, respectueuse. Le hasard d'une mutation, le désir d'aller vers l'autre et ils se sont croisés. Ils se sont assis et ils ont commencé à parler, à partager. Respect. Amitié. Presque 40 ans de fidélité que seule la mort d'Albert, si jeune encore, si plein de projets inachevés, sauver le monde, à mis en suspend. Victor a continué sa route jusqu'au grand âge, nous parlant d'Albert, de leurs dialogues, les continuant peut être dans sa tête, quand nous nous buvions un verre avec lui chaque été. Ils ont partagé les coups que la vie leur a asséné, la perte de si proches, l'inquiétude pour les leurs, pour ce monde à la dérive. Ils se sont réjouis d'un monde plus grand, plus multiple. Ils étaient des phares, des rocs qui disaient la force de la réflexion, de la curiosité, la joie de l'échange. 
Albert, Victor, après avoir effectué leur promenade, les mains dans le dos pour papa, le béret visé sur le crane pour Victor, le tour de leur "domaine", par les chemins caillouteux, dans les collines sèches et odorantes, vont s'assoir à cette table, l'un à droite, l'autre à gauche, tournés vers le monde. Le monde qu'il vont continuer à refaire, nous soufflant doucement: ...
 
 ..."Agissez, agissez, c'est vous qui donnerez du sens à l'avenir".

jeudi 19 septembre 2019

Absence. nom féminin. Fait de n'être pas dans un lieu où l'on pourrait être.


Roots a son air désespéré derrière la baie vitrée. 
Il nous voit déjeuner et...
Aura t-il un bout de tartine? Gilles, fournisseur officiel est déjà parti, trop en retard pour y avoir pensé. Roots sait, d'expérience, que je ne donne des plats, des assiettes ou des casseroles, à lécher qu'en fin de repas. Jamais rien le matin.
Alors c'est peut être l'idée de notre absence pour la journée qui l'effleure?
Ressentira t'il seulement notre absence?
On dit que les chiens n'ont pas la même conscience du temps qui passe que nous...
Mi septembre... 
Le temps est passé, et passe encore, sur l'absence sans l'user.
Il y a 11 ans Bénou a perdu la bataille contre le cancer. 
Il y a 10 ans Albert a fait de même.
Le temps passe et ils sont là dans nos mots. Dans les moments que l'on aurait aimé partager avec eux.
Bénou est là quand je cuisine, quand je croise certains objets, certains vêtements. Quand je m'enroule dans un foulard.
Albert est là au jardin et sous les arbres fruitiers, quand je taille les rosiers. Il est là dans mes moments militants.
Ils sont là dans nos mots, dans nos conversations au repas du soir.
Bénou est là dans les traits de ses filles, Albert l'est dans certaines postures d'Arthur (et de Tao, je crois).
Ils sont là et ils sont absents. 
Ils ne sont pas là où ils pourraient être. 
Le temps qui passe n'y change rien.


samedi 22 septembre 2018

Le mot en couleur. Septembre.

Pour septembre la couleur verte et le mot tri.
Le vert...
La campagne est plutôt poussiéreuse, grillée.
Jusqu'à hier on se serait cru au milieu de l'été. Même si les arbres commencent à se flétrir, à abandonner le partie, à se délester de leurs feuilles.
Mais j'ai trouvé du vert.
Ce mercredi à Montoire, le long du Loir.
J'ai déambulé pendant que Suzanne s'en remettait aux mains expertes de la réflexologue. 
J'ai pris la passerelle, dans un sens, dans l'autre, je me suis glissée dans le lavoir (qui, soupir!, sert de toilettes à quelques porcs), dans le suivant (qui a du abriter la pause de quelques uns qui marquent "leur" territoire en y laissant les bouteilles qu'ils ont bues). J'ai trimbalé mon appareil photo en laissant mon esprit en roue libre. La réflexion flottant tranquillement comme si elle voguait sur le paisible Loir.
C'est souvent dans ces moments de latence que le tri se fait.
Le tri...
Passer en revue, l'air de rien et trier, prioriser, relativiser.
Ces temps de mi septembre sont chargés de souvenirs de jours sombres qui reviennent inconsciemment.
Alors, affronter la bêtise, l'incurie, lutter pour maintenir le cap, pour se faire entendre en bonne intelligence, donner de l'énergie et de la créativité pour faire avancer le Schmilblick, mobiliser les bonnes ondes, les bonnes volontés en contournant les écueils, voilà ce à quoi j'arrive quand je fais le tri.
Au travail cette mi septembre est riche en coups de vent, en coup de Trafalgar (quand la volonté de coopération se retourne contre nous), mais discutions, travail d'équipe, nous nous serons les coudes.
Tout en rêvant parfois, déjà, de se mettre au vert.

lundi 23 mai 2016

Albert.

Mon père.
Photo "retrouvée" parmi les diapos numérisées il y a quelques jours.
Il aurait eu 76 ans aujourd'hui.

samedi 21 novembre 2015

A l'atelier,...

Consigne n°367 sur Kaléïdoplumes:
Voici une photo consigne suggérée par Sherkane (la photo est d'elle).
Écrivez un texte inspiré de cette photo.
Et... Voilà: 
Au bord du monde. 
Il y a comme un caresse sur ma nuque, un souffle. Et un sourire me vient. 
Douceur. Victor le berger est parti la semaine dernière. Et dans mon esprit il va pouvoir s'assoir sur cette terrasse, à cette table, avec Albert, mon père, pour discuter de la marche du monde. Le pédagogue et le paysan. Meneurs de troupeaux au cœurs immenses. Leurs vies n'auraient pu être plus différentes, plus dissemblables, et pourtant. Avec quelques années d'écart ils ont eu l'enfance libre des gosses de la campagne. Victor entre deux guerres, Albert naissant au début de la seconde. Tous deux purs produits de leur temps, façonnés par la volonté de faire bien. Faire bien pour Victor et il se battra contre l'envahisseur, courant le maquis. Et puis donnera de son temps, de sa personne, de ses idées, aux habitants de sa commune pour l'ouvrir au monde. Faire bien pour Albert ce fut échapper à sa mère, à la chape de la religion pour offrir aux autres sa capacité de travail au service d'une éducation ouverte, intelligente, démocratique, respectueuse. Le hasard d'une mutation, le désir d'aller vers l'autre et ils se sont croisés. Ils se sont assis et ils ont commencé à parler, à partager. Respect. Amitié. Presque 40 ans de fidélité que seule la mort d'Albert, si jeune encore, si plein de projets inachevés, sauver le monde, à mis en suspend. Victor a continué sa route jusqu'au grand âge, nous parlant d'Albert, de leurs dialogues, les continuant peut être dans sa tête, quand nous nous buvions un verre avec lui chaque été. Ils ont partagé les coups que la vie leur a asséné, la perte de si proches, l'inquiétude pour les leurs, pour ce monde à la dérive. Ils se sont réjouis d'un monde plus grand, plus multiple. Ils étaient des phares, des rocs qui disaient la force de la réflexion, de la curiosité, la joie de l'échange. 
Albert, Victor, après avoir effectué leur promenade, les mains dans le dos pour papa, le béret visé sur le crane pour Victor, le tour de leur "domaine", par les chemins caillouteux, dans les collines sèches et odorantes, vont s'assoir à cette table, l'un à droite, l'autre à gauche, tournés vers le monde. Le monde qu'il vont continuer à refaire, nous soufflant doucement: ...
..."Agissez, agissez, c'est vous qui donnerez du sens à l'avenir".

lundi 5 octobre 2015

Entre le ménage et la sieste avortée...

Gilles a fait et refait le tour du jardin pour ramasser les feuilles, les branches, les outils, les poires, des pommes encore. Gilles a fait et refait le tour du jardin pour admirer le travail bien fait, satisfait.
J'ai mis en pots la gelée de coings, j'ai préparé les tomates vertes pour en faire de la confiture, j'ai déblayé le bazar du salon, j'ai balayé, j'ai trié le linge, je me suis brulée en nettoyant la vieille gazinière qui venait de servir au petit déjeuner gargantuesque de Victor... Et puis nous avons fait une pause.
Nous sommes partis, Victor, Gilles et moi abandonnant, jardin, ménage, repas et reste de la tribu pour une balade dominicale et brumeuse. Une petite heure en passant devant quelques potagers,...
...le long des chemins humides (il faut que je pense à imperméabiliser mes baskets!! Marcher les pieds trempés est très... bof.),...
...traversant le village désert, à l'abandon...
...pour enfiler le chemin balisé (hein? Où ça des balises? Heureusement j'ai repéré le trajet sur la carte).
Mais de chemin nous avons vite changé, tournant à gauche plutôt qu'à droite, pour éviter les chasseurs braillards et leurs fusils chargés...
Bon... La brume est aussi présente par là... Mais la campagne y est plus calme.
C'est la réserve de chasse.
Et comme nous abordons le village par le bas nous avons là une bonne occasion...
...de faire un tour au cimetière. Où nous découvrons une horreur de jardin du souvenir. Un truc en marbre rouge et noir, brillant...
Une bonne occasion pour moi de donner quelques instructions au cas ou...
Incinération mais en aucun cas vous ne me fourrez dans cette chose laide!!!
Je préférerais disparaitre, comme papa, sous les roses prolifiques! Moui...
Sinon... Après le repas j'ai tenté de faire une sieste, un porteur de boudin me l'a fracassée, j'ai tenté de regarder "maison à vendre", je me suis fait plaquée par le rugby, j'ai pris un roman mais il m'est tombé des mains... Alors j'ai profité de la compétence de Victor pour apprendre à me servir de mon nouveau joujou, un smartphone! Et vous savez quoi? Ch'suis pas douée...

mercredi 22 janvier 2014

C comme cancer...

Oui... Je sais, je vais appuyer là où cela fait mal... J'hésitais, ces derniers jours, à écrire C comme cercles, ceux qui gravitent autour de nous, autour desquels nous gravitons ou C comme crise, nous sommes, ces derniers jours, au milieu d'une vague de crises, de nerfs, crise d'adolescence, crises de larmes,  fatigue, surmenage, crise de dépression, la culpabilité, la maladie et le deuil rodent chez nos proches... (Pas gai, gai, non plus, hein?) Et puis il y a eu cette crise d'angoisse cette nuit (juste quand, enfin, le sommeil nous avait emportés...), Clovis hurlant, tremblant... "Ça sent bizarre, et si on allait être asphyxiés? Tu es sure qu'il fonctionne le détecteur de CO2?" Et enfin calmé, enseveli sous sa couette: "J'me sens drôle... Et si j'avais le cancer... Comme Bénou?"
Oui, ce foutu cancer, comme une loterie pourrie qui vole les vies, qui vole le temps de ceux qu'on aime. Et qui laisse des traces... Indélébiles. Rien ni personne ne rendra leur mère à Louise et Jeanne. Elles ont un père formidable, une belle mère attentive et aimante mais elles sont orphelines. Leurs vies ont pris un tournant radical, un jour, ou une nuit, quand quelques cellules ce sont mises à déconner, à dérailler... Rien ne pourra leur rendre Bénou.
Rien ne pourra nous rendre Bénou, ni papa... Ils sont là, pas loin mais ils sont partis, aussi. Définitivement. Et c'est une leçon... Une leçon de vie? Qu'il faut vivre maintenant, là, tout de suite parce que demain n'est jamais sur... Ceux que l'on aime peuvent être, eux aussi, encore, tirés au sort... Ceux que l'on aime ou soi même... 
Oui, le cancer laisse des traces, celles des nos absents, celles des leurs souffrances, celles de la peine éprouvée et subie... Il laisse des traces par ricochet, aussi. La culpabilité, d'être là, d'être passé au travers, celle d'avoir repris sa vie... Avec des ratés parfois, des plongées, des jours sombres... Des soupçons, des craintes...
Le cancer nous vole des êtres aimés, nous blesse, nous endurcis aussi... Le cancer est une cicatrice douloureuse que l'on doit intégrer dans notre vie, dans ce que nous sommes... Il est là, il l'a été, le sera surement encore... Mais la vie ne veut pas, ne doit pas être gâtée, contaminée par lui. Oui, Clovis le cancer a emporté Bénou, papi, nous emportera peut être, toi ou moi mais sans doute aussi passera t-il au loin maintenant. Oui, au loin. Sinon et bien... Nous l'affronterons. Ensemble. Et c'est la seule certitude que je peux te donner...

dimanche 22 septembre 2013

C'est point facile, ma bonne dame...

...de faire des photos de paysage sans y avoir de fils électriques!!!
Alors je photographie les toiles d'araignées!
Ce n'est pas évident de souffler deux minutes dans ce marathon quotidien, réunions et paperasse, course aux rendez vous, courses tout court...
...mais il y a des moments de grâce...
Il est des jours, mi septembre, où l'on se souvient avec plus d’acuité des jours de...
...douleur, des jours de deuil et d'apprentissage de l'absence mais...
...l'on garde surtout, précieusement, le souvenir des bons moments.
Et puis, l'été nous fait un coup de reviens'y!!!
Nous avons eu un beau samedi, le dimanche s'annonce bien!
Après quelques heures consacrées à son ami Jérôme, Gilles s'est remis à la peinture qu'Arthur avait bien avancé (entre un rendez vous au pôle emploi et un coup de main à Simon)...
...et, après une bonne séance d’arrachage de ronces (Ahouille, ça pique!), je me suis remise au ponçage des  bandes.
Mais un coup d’œil par le velux: le pêcher penche!!!
Ce serai un péché de laisser perdre toutes ces pêches!!!
Voisins, voisines, mamies, il vous reste quelques jours pour les ramasser!!! 
Parce que ce n'est point facile, ma bonne dame, d'être un four et au moulin, au boulot et sur le chantier, au ménage/courses/lessives/papiers et au jardin...
C'est point facile mais la migraine me laisse en paix depuis 3 jours (hip hip hip!!!) et après m'avoir ruiné les nerfs à s'asticoter pendant deux heures (au moins) hier matin, les gosses ont été charmants, aidants...
Bien, bien , bien...