jeudi 14 mai 2026

De la relativité de l'exotisme (3 éme partie), changement de cap, et de temps.

Dimanche, tout cela a bien mal commencé...
Cela faisait des heures que je patientais, sur l'unique tabouret, dans la minuscule cuisine de la coloc de Suzanne (heureusement que j'avais un bouquin!) quand j'ai, vers 9 heures, réveillé Gilles.
Qui a râlé, soufflé, soupiré.
Oui, oui...
"Toute seule, accompagnée par une copine ou de l'un des enfants, voilà le plan pour une prochaine escapade", lui dis-je.
Cela aurait pu me gâcher le plaisir...
Mais, il avait cessé de maugréer quand nous sommes descendus du train à St Cloud, puis descendus (c'est littéral, et très pentu!) de la gare vers la Seine.
Il avait oublié sa mauvaise nuit (et moi sa mauvaise humeur) quand nous l'avons franchie, en arrivant à Boulogne-Billancourt. 
Nous avions 20 minutes d'attente avant l'ouverture des portes alors, hop!, tour de quartier: nous sommes passés devant la maison d'édition Glénat (Gilles et la BD!!!), devant les studios de Canal+, avons croisés (par ordre d'apparition sur le trottoir) des hommes à kipa, des jeunes à casquette, des mamies pressées, des familles attablées, en terrasse de la brasserie, pour le petit déjeuner, un type qui faisait visiter sa rue à des copains, cancanant sur chaque maison, qui depuis quand combien...
Nous voici dans la place.
Que j'ai choisi pour les jardins mais qui propose aussi un musée.
Nous sommes montés et avons été envoyés direct au Bénin, en 1930.
Albert Khan, banquier, était un collecteur, collectionneur, d'images du monde (archives de la Planète), entre autres (mécène, bourses de voyage, etc...) et ce sont les archives concernant le Benin qui sont mises à l'honneur pour cette expo temporaire.
Des images et une mise en perspective de l'époque...
...
Le curé qui a capté les images d'une cérémonie religieuse et qui commente, pour une conférence, à propos de la notion de faute et de pardon:
"C'est incroyable que ces gens aient trouvé ça tous seuls"
Heu...
Nous descendons, comme un atterrissage, nous glissons entre les murs de photos et sommes aspirés...
...par les jardins.
Rien à l'extérieur (souvenez-vous, nous avons fait le tour du quartier) ne laisse supposer...
...qu'une forêt pousse et prospère au milieu de la ville.
La balade est d'autant plus dépaysante (plus de 4 hectares de jardins...).
Les archives photographiques, bien à l'abri...
Jardins, encore.
Japonais, de ce coté.
Gilles:
"Ils seraient heureux, là, mes poissons"
(C'est beaucoup moins vaseux qu'à Versailles)
Nous déambulons.
Seul le temps de plus en plus maussade...
...ternit la lumière sans pour autant nous gâcher le plaisir...
...de cette balade.
Oui...
Mais ce n'est que le début de la journée, prévue longue.
Et il commence à pleuvoir quand nous sommes en train de faire ascension du square Gounod, vers la gare de St Cloud. Nous sommes obligés de nous réfugier sous le porche d'un immeuble pour manger nos sandwichs.
D'autant plus que Gilles, parti sans s'inquiéter du temps ("en mai fais ce qu'il te plait?"), n'a pas de veste, pas de coupe vent/pluie.
Et je me rends compte, une fois dans la voiture du L, qu'une partie de mon plan est en train de tomber à l'eau...

mercredi 13 mai 2026

De la relativité de l'exotisme, seconde partie.

Samedi après midi...
Nous avons quitté Suzanne, qui rentrait à la maison, nous laissant les clefs de son royaume et...   
...nous voici à la gare.
(petites réflexions à propos des transports: 
  • l'appli est top, où que tu sois tu sais quels moyens emprunter, à quelle heure, pour aller où tu le souhaites.
  • pourquoi veulent-ils absolument entrer dans la rame avant que tu aies eu le temps d'en sortir?
  • une seule personne sur 20 lit, 2 sur 30 se parlent, tous les autres, tous, sont aspirés par leurs téléphones.
  • nous n'avons pas emprunté le métro, ni le bus, mais de nombreux trains, un tram, et ils étaient propres, ainsi que les gares par lesquelles nous avons transité)
Puis au pied de la bibliothèque François Mittérand.
Quelques pas par là, un petit coup de tram (dans l'illégalité, apparemment, notre carte Navigo ne semblant pas convenir (pourquoi?)) et nous voici sur la Coulée verte (pas plus indiquée que ça, d'ailleurs).
Nous nous y sommes entrés par la rue du Sahel.
Et, contrairement à ce que laissent croire les photos...
...nous n'étions pas les seuls à avoir eu la même idée.
Familles, chiens accompagnés de leurs maîtres, joggers, ancêtres et tout petits...
...étaient de la partie.
Marchant tranquillement. 
Ou pas.
Un coup sous terre...
...un coup en l'air.
Au milieu des roses, des arbres...
...et des œuvres plus ou moins éphémères.
(banc de l'amitié? Comme dans certaines écoles?)
(à quelle aulne mesure t-on la gêne? Les joggers, assez peu nombreux, mais bruyants, crient pour que l'on se range...)
Et nous voici à la Bastille!
Comme nous avons déjà marché pas mal je propose à Gilles un retour jusqu'à la gare Montparnasse en métro.
Que nenni! À pied nous irons!
On voit la tour d'ici.
Oui...
Bassin de l'Arsenal (les habitants des péniches et autres bateaux amarrés profitent allègrement de la musique, des rires, des cris des badauds arpentant les quais, pique niquant, siestant, lisant (oui, oui!) sur les pelouses (les portables ont disparu).
Et voilà la Seine!
Et des agglutissements, que de gens!!!, sur les quais, sur les péniches... 
Pont de Sully, île St Louis...
Boulevard St Germain, rue racine, Odéon...
...le Luxembourg et le sénat (Gilles: "C'est pas Versailles, ici!"), rue de Vaugirard...
...rue de Rennes.
Gilles, qui commence à tirer de la patte (mais marche toujours comme s'il avait un train à prendre):
"Tu vois, elle est là!"
Oui, elle est là.
Et la gare dans laquelle nous avons des souvenirs, Gilles la traversait quand il allait de chez sa maman, au Mans, à Chantilly, où il était apprenti. J'y étais en transfert, quelques années plus tard, quand j'arrivais à le rejoindre au Mans alors que je travaillais à Lille.
Elle est toujours aussi grouillante...
Mais, hop! Le train nous attend.
(arrivés chez Suzanne nous avons fait 23 kilomètres, à pied)
(bruit ou pas, j'ai très bien dormi)
(pas Gilles qui était de fort mauvaise humeur au matin)