jeudi 7 mai 2026

Ou pas...

Comme vous le savez, ou pas, maman a une maison dans les Alpes de Haute Provence qui a besoin de soin et d'attention.
Ce que nous, maman, ma sœur et moi, essayons de faire, sur place quand nous y sommes (une fois par an pour moi, ces deux dernières années), à distance (800km) la plupart du temps.
J'ai mis en place une boite à clefs, pour ne pas dépendre des voisins (j'avais toujours des scrupules à déranger et, de toute façon, la voisine qui faisait est... décédée), et nous essayons de tout préparer quand nous sommes là.
Ma sœur a donc calé l'intervention du pisciniste pour la mise en service de cette *$=°+%¤ piscine, précisé, encore une fois, que nous ne sommes pas sur place et...
Quelques jours après je reçois un coup de fil de Mme Pisciniste, pour caler l'horaire du rendez-vous.
Heu... Ma sœur vous a bien dit que, comme l'an dernier, nous ne sommes pas sur place, n'est ce pas?
Heu... 
"Oui, je pense, mais ma collègue est en congé... Comment on fait du coup?"
Soupir! (ma sœur a tout calé il y trois semaines) 
Je redis à la bonne dame et lui propose d'envoyer une "marche à suivre" pour le technicien, parce que, vous l'avez compris, nous ne sommes pas là.
Avec ma sœur nous élaborons le texte, que j'envoie avec pour consigne de le joindre au dossier, pour le technicien, et pour les années à venir.
Oui.

Bonjour,

Ci joint, comme évoqué au téléphone, la marche à suivre pour ouvrir la piscine:

1) Récupérer les clés dans la boîte à clés (code *$=&)

2) Ouvrir la porte d'entrée et aller dans la chambre au bout du couloir à gauche pour ouvrir le compteur général (dans le coin de la chambre, près de la fenêtre).

3) À l'entrée de la chambre dans le couloir au niveau du tableau électrique et amorcer le disjoncteur lié à la piscine en bas du tableau. Maintenir fermé les autres disjoncteurs.

4) etc, etc, ...

Merci de joindre ces consignes au dossier. Et merci pour votre disponibilité, nous ne sommes pas sur place.

Cordialement.

Mais... mardi, veille de jour d'ouverture de la piscine le technicien m'appelle, il demande s'il amène les produits ou si nous avons ce qu'il faut.
Amenez! Nous ne sommes pas sur place (et cela nous évitera de payer deux déplacements) (mes doutes se sont accentués, mais mon message avait été lu, dixit l'accusé de réception).

Mercredi matin le technicien appelle...
"Il n'y a pas d'électricité!"
Ahhh?!
Je lui demande s'il a bien effectué toutes les étapes? S'il est bien...
"Oui, oui, bien sûr!"
Je tire un peu, doucement, mais...
"Il y a eu de l'orage, ce serait bien la faute à pas de chance si...."
J'insiste, avez vous été dans la chambre du fond pour déclenchez le disjoncteur? (point 2 du mémo)
"Dans la chambre?"
"Je suis allé au tableau électrique, dans le couloir..."
...
Lecture et compréhension de consignes: non acquis.
Sinon... Comme son père à cet âge, Bastien a profité que nous soyons tous les deux seuls en voiture pour me parler de la mort... Et tenter de se rassurer: seuls les animaux meurent (?) et poser là ce mystère: aller au ciel?
Je l'ai, sans drama, détrompé sur les deux points: 
Un jour, âgés ou très malades (j'ai éludé les accidents et autres causes terribles (et terrifiantes?)), nous allons tous mourir.
Ceux qui meurent ne vont pas dans le ciel, c'est une façon de parler (son papa lui a déjà parlé de l'âme, lui a déjà, comme moi, expliqué qu'il y a des choses qui ne sont pas expliquées). Ceux qui meurent, sont enterrés ou incinérés mais ils restent avec nous dans nos souvenirs, dans ce qu'ils nous ont appris, dans l'amour que nous avons partagé...
Apolline, de son coté veut son papi pour elle toute seule.
S'en suit des...
"Non, à moi!
-Et à moi aussi!
-Non, à moi!
...
Gilles, ce héros des chicoufs, soupire:
"Ils sont toujours après moi!"
(en même temps il se plie en quatre, huit, douze, pour les satisfaire, pour les distraire) (et c'est mamie qui dit non, qui met les limites...)
Genre: la méga bonne idée de leur mettre à disposition le piano (avec les piles qui vont bien!)...
Et, merveilleux! il leur a bâti un "repère" dans leur "forêt" (deux palettes judicieusement assemblées dans le chêne, au fond du jardin (en un lieu non visible de la cuisine, fort peu pratique!)).
Bref.... La vie est bien remplie, même si ce sont de petits riens...
N'est ce pas Leïla?
(elle est ravie (ne vous y trompez pas, cet air de chien battu c'est qu'elle en veut encore!), autant que les gosses, qui la "soignent": ils s'occupent d'elle)

mardi 5 mai 2026

Mouvement de balancier.

La pluie tant attendue est arrivée et les cuves de récupération se remplissent.
Le bassin déborde et nous n'avons plus besoin d'arroser.
Mais...
Mettre un pied dehors est mouillant.
Les chiens s'y refusent, je ne me suis pas tâtée longtemps. Surtout que mes chaussures ne sont décidément pas étanches.
Je suis heureuse d'avoir porté la poule moribonde au poulailler, elle est morte entourée de ses camarades et à l'abri. C'est la troisième des poules rousses que l'on nous avait donné en juillet qui décède ainsi, de vieillesse. J'en suis toujours désolée...
Avant la pluie, samedi, avant aussi de manger avec Colette, nous (Gilles et moi, Suzanne travaillait (allers retours)) sommes allés visiter un jardin.
À deux pas de chez nous et qui nous a régalé.
(pas comme le truc que nous sommes allés voir le 1er mai et qui ne valait pas les kilomètres effectués pour y aller)
Idem pour les moments partagés avec Victor, Emma et Apolline, rentrés de vacances avec de bons souvenirs à raconter.
Pareil pour l'apéro que nous avons pris chez Simon, avec ses amies et ses voisins.
Dimanche...
Repliés dans la maison.
Lundi en mode taxi.
Premier aller retour pour le ravitaillement.
Avec plusieurs kilomètres à l'allure d'un escargot sous tranquillisant: un, qui ne sort qu'une fois l'an, roule 20km heure au dessous de la limitation de vitesse.
Et je me fait griller, par un abruti, la place dans la file du boucher (j'ai préféré m'éloigner vite fait parce que j'ai eu une bouffée brutale de désir le main dans la gueule (suis-je la seule à qui ça arrive?)(à ma décharge j'ai la migraine un jour sur deux ces derniers temps)).
Second aller retour pour le rendez-vous médical de Suzanne.
Rien d'inquiétant.
Rien du tout même alors que Suzanne sent...?
C'est rassurant mais ne pas savoir, ne pas avoir d'explication?
En retournant vers la voiture nous avons senti le souffle de la voiture qui ne s'est pas arrêtée au passage protégé (j'ai failli abattre mon parapluie sur son capot (Suis-je la seule qui ai ce genre d'envie?)).
Même frayeur en sortant, quelques kilomètres plus loin, de la pharmacie.
Pas la même voiture, mais le même genre de chauffard.
Entre les deux, deux types ont tenté, vainement, heureusement, de se jeter sous mes roues: un qui a déboulé du trottoir, très pressé d'aller en face, un autre, qui, sortant d'une camionnette a fait deux pas sur la route, comme s'il était seul au monde, pour contourner sa portière.
Mes envies de coups de parapluie étaient pourtant douchées (c'est la cas de le dire, la pluie était diluvienne!) par un problème: le médicament de Suzanne est, encore, en rupture de stock.
Alors il faut faire fissa.
Rentrer à la maison, pour que Suzanne fasse son sac, retourner en ville, à la pharmacie qui a encore des boites (au ralenti, ils ont tous décidé de sortir aujourd'hui, les escargots sous tranquillisant!)...
...puis repartir dans l'autre sens vers la gare.
Suzanne a eu son train.
(vous sentez mon soulagement?)
Mais...
...en cours de route,...
...nous nous sommes rendues compte d'un problème:...
Nous allons nous croiser, vendredi, en TGV, Suzanne arrivant une demie heure après notre départ.
Comment va-t-elle pouvoir nous prêter ses clefs?

(C'est curieux cette capacité qu'ont les choses les plus simples à devenir... Compliquées)