mercredi 22 avril 2020

Le confinement précipite la fin.

La fin du rideau de notre chambre.
Je l'avais acheté, coupé, cousu, doublé de velours bleu marine, pour la fenêtre de notre chambre de la rue Garibaldi, à Lille. Il y a trente ans. 
Le temps et l'usage, ouvert chaque matin, refermé chaque soir, l'a usé, percé, élimé. Alors je l'ai décroché et remplacé par un rideau hérité de Simone. Qui fera l'affaire. Pour l'instant. Le rideau d'origine est passé dans le lave linge et il attend désormais sur le fil à linge que je lui trouve une utilité. Ou que je le retravaille, en ôtant la partie abimée, peut être, pour un nouvel usage. Ou une nouvelle fenêtre?
La fin du portail provisoire installé en octobre 2008 et "amélioré" au cours des années.
Gilles a nettoyé d'anciennes solives qui viennent de la Maslerie (travaux de transformation des garages en logement pour Simon et Cynthia débutés en 2013). Il les a installés, taillés et plantés, avec Arthur.
Ils ont transféré le portail sur ses nouvelles bases (que nous avons choisi de "rentrer" de 3 mètres à l'intérieur du terrain pour permettre à une voiture de se garer le temps d'ouvrir. Nous avons aussi choisi d'élargir l'accès pour permettre aux gros véhicules (camion, camping cars,...) de tourner pour rentrer plus aisément. Tout cela ne plait vraiment pas à Victor...).
Clovis est arrivé pour donner un coup de main au moment où un poteau récalcitrant refusait de se laisser déterrer. Il a fallu de grandes manœuvres et cela leur a pris pas mal de temps et d'énergie.
Et un gros coup de stress quand Roots a failli passer sous un camion de livraison. D'habitude les chiens courent après les véhicules (c'est ridicule) le long du grillage, à l'intérieur. Là pas de grillage. Emporté par son élan il est passé à un poil des roues avant du camion qu'il a poursuit, avec Leïla, sur plusieurs centaines de mètres (le livreur a arrêté son camion en entendant les cris, nous permettant de les récupérer).
Puis il y a eu l'installation du grillage. Câbles, cavaliers, pince à sertir...
Et encore un poteau récalcitrant! Cette fois c'est Victor qui s'y colle avec Clovis, avec Arthur.
Et...
Voilà!
Reste plus qu'à raccourcir ce grand poteau et ce sera parfait (même si, décidément, Victor n'aime pas).

lundi 20 avril 2020

22 v'là l'Victor!

Samedi a été beau.
Les promenades de Roots, en amoureux, avec Gilles, ces derniers jours...
...sont bien agréables.
Et le soir, Gilles a rejoint ses frères et sœurs. Sur Skipe. Pendant que les gars avaient trouvé une façon ludique de profiter de leur sortie "pour activité sportive".
Puis nous avons fêté, en avance (les gâteaux ont été commandés pour ce jour là. Ne me demandez pas pourquoi...), les 22 ans de Victor.
Anniversaire confiné mais pas raté!
Nous essayons de ne pas nous tracasser pour ce dé confinement "à créer".
Suzanne aimerait bien revoir, en vrai, ses copines.
Clovis se dit que ça craint, il devait aller chez le coiffeur juste quand tout a fermé. Il a sur la tête une touffe qui fait ce qu'elle veut et franchement pour retrouver la petite amie (et, peut être, accessoirement, les potes, les profs) c'est pas cool.
Victor se demande comment l'internat pourrait reprendre.
Emma devra encore attendre pour travailler, les restos restent hors jeu jusqu'en été.
Arthur est impatient de reprendre le fil de son projet mis en stand by.
Coralie... Je ne sais pas.
Gilles a pris goût à cet essai de retraite.
Et moi je sens venir le poids de l'organisation d'une école "tournante", mi présentielle mi télécole... Avec masque. Ou sans. Avec les gestes barrière, tables à un mètre, récrés décalées, passage aux toilettes pour lavage de mains chronométrés.
J'attends que notre de moins en moins sérénissime (z'avez vu sa tête, ses cernes et sa couronne de cheveux gris?) sinistre nous donne des consignes. Je sais qu'il dira:
"Je vous fait confiance".
Je tends le dos.
Que j'ai de plus en plus fort! 
Fière je suis! Ce matin j'ai réussi à faire 21 fois ("réglementaires") les 5 mouvements tibétains!
Je n'ai pas craqué (comme mon abdo coté droit la semaine dernière). Si je tiens et maintiens ce nouveau rituel j'aurai au moins gagné sur le physique! 
Tiens, justement, qu'avez vous gagné avec le confinement?

dimanche 19 avril 2020

Projet 52/2020: le printemps.

Projet photo avec Virginie.
En cette 16 ème semaine: le printemps.
Celui qui abat une glycine ne peut pas être un homme heureux.
Longtemps, six ans, au moins, j'ai vécu au pied d'une glycine centenaire (et pas l'inverse, même si elle était plantée au pied du bâtiment en haut duquel j'avais ma chambre d'ado). Puis nous avons déménagé. Mes parents pour Lille, moi pour le bout de la rue. 
Et les gens qui se sont installés après nous ont fait abattre la glycine. Et le saule pleureur qui nous servait de tonnelle, l'été.
Je suis sûre que ces gens n'étaient pas des gens heureux.
Celui qui ne voit pas, qui ne vit pas la beauté d'une glycine centenaire, d'un saule pleureur, ne fait que survoler la vie. Sans la toucher.
Quand nous sommes arrivés à La Hirlière la première plantation que j'ai faite a été une glycine. Elle a mis des années à s'installer vraiment mais à chaque printemps elle fleurit. 
Et j'en suis toute heureuse.

samedi 18 avril 2020

# Bonnes nouvelles.

Tout le monde va bien.
Et le jardin est magnifique.
Gilles a installé le portail de récup. Qui a l'air d'avoir été créé pour là (entre le potager et le verger/poulailler). N'est ce pas?
Il remplace très avantageusement un bricolage moche et peu pratique.
Les poteaux sont eux aussi de la récup. Stockés depuis des années dans un coin du jardin (Gilles: "Tu vois garder des trucs ça sert!").
Avec Arthur nous avons refait la clôture qui avait été posée à l'arrache à l'arrivée des poules. J'ai doublé le grillage à grosse maille (grillage à mouton que les poules franchissent allègrement) du filet non utilisé du trampoline.
Nous sommes les rois de la récup et du détournement!
Et puis j'ai nettoyé, au karcher, la terrasse, les tables, bancs et fauteuils de jardin.
Clovis pourra venir manger dehors avec nous sans craindre la saleté.
(Clovis arrivant dans la cuisine: "Ça pue!". Tout le monde cherche. Et l'on découvre que ce qu'il sent et ressent comme puant est... Le bouquet de Lilas que j'ai mis sur la table.)
Bref, ces derniers jours ont été actifs.
Et tout ceux qui sont sortis ont pris une belle couleur de peau.
Je me suis activée et j'ai laissé mon cerveau en roue libre...
Ça tourne, ça mouline. Sans résultat probant.
J'ai l'impression qu'il me faut faire du tri. 
Du nettoyage. Du recyclage. Du réagencement...
Et pas seulement dans mes photos (tri des dossiers Août de 2007 à 2019 et Avril 2007/2008 et 2009 ok. Il ne va pas falloir trainer pour faire le reste des dossiers.).
J'ai parfois cette horrible impression que je gaspille ce temps qui nous est donné. Enfin donné...
C'est les vacances après tout. Et je les ai gagnées. Non?

mercredi 15 avril 2020

Le confinement "pour de vrai".

Les vacances me donnent une occasion de faire une pause dans la "continuité" pédagogique (juste quand les deux dernières familles accrochaient les wagons au train d'activités proposées...).
Avec du temps devant soi.
Mais la "peur" de le gaspiller.
Peut être.
Un mois, a t-il dit, avant la réouverture "progressive" des écoles.
Il y a un mois les enfants étaient, c'était scientifiquement prouvé, les principaux vecteurs de la pandémie.
Maintenant, c'est scientifiquement prouvé, ils ne seraient que très peu porteurs du virus.
Ce serait les parents, à sortie des écoles, qui véhiculeraient la maladie.
Et puis pour être immunisé il faut avoir été en contact. Ce qu'évite le confinement...
Et surtout les parents doivent retourner au travail!!!
Les masques exclus, il y a peu, deviendront un accessoire obligatoire...
Les services publics, si coûteux, sont devenus des services héroïques.
D'autant plus que c'est envers et contre le-s gouvernement-s qu'ils assurent leurs missions.
Suis je la seule à avoir l'impression d'être comme les chiens hier?
Courir, sauter, virer, après un cerf volant en plein ciel...
D'expérience je sais que c'est nous, au pied du mur, qui allons devoir trouver des solutions "pratiques" les moins toxiques possibles (en sachant que le vent, peut, va, tourner, encore et encore...). Je n'attendais rien, depuis longtemps, de nos gouvernants, rien que des coups bas, de basses manœuvres et des couleuvres à refuser d'avaler, je n'attends et je n'attendrai rien d'eux.
Le "monde d'après" dont on entend parler de ci de là ne doit pas passer par eux. 
Ceux qui gouvernent pour les leurs.
Le monde d'après il va falloir le prendre à bras le corps et ne plus le lâcher.
Consommer c'est voter...
Consommer autrement, ou ne pas consommer.
Nous avons été forcés de changer, radicalement, de vie quotidienne.
C'est possible.
Le confinement "pour de vrai", c'est prendre le temps de faire un pas de coté.
Regarder la réalité en face.
Et apprendre à faire autrement.
Et ne pas faire des plans sur la comète.
Le 11.
Jusqu'à nouvel ordre.
Jusqu'à ce que le vent tourne, que la "doctrine" change.
Nous avons, eux les soignants, les caissières, les éboueurs, les livreurs, les ouvriers de agro-industrie, nous enseignants, pris en charge l'urgence. Certains y ont laissé leur vie faute d'anticipation (gouverner c'est prévoir). Je refuse désormais de trouver des solutions pour répondre aux injonctions. Je trouverai des solutions  pour mes élèves.
Je ferai de mon mieux.
Pour ne pas, ne plus jamais être prise pour une idiote, une conne, un rouage, une miette (mail reçu aujourd'hui, après 4 semaines de confinement et de continuité pédagogique et au début des vacances:
  • stages de soutien pendant les vacances, maintenant, quoi.
  • consignes pour l'accueil des enfants des soignants, c'est un gag?
  • prévention des violences intra familiales et du cyber harcèlement. Ils sont au courant qu'on ne les a pas sous la main, nos élèves?
  • ressources à partager avec les parents: infographie tiptop! Il était plus que temps de leur donner les clefs du camion, non? ).
Je ne suis pas la marionnette du ministre, du gouvernement. 
Je suis enseignante, au service de mes élèves.