dimanche 11 juin 2023

Avec Virginie, 23/52/23: "Souvenirs...

...de choses en lien avec des personnes âgées qu'on connait, qu'on a connu..."

Projet photo avec Virginie. 

Tout de suite j'ai pensé à ce texte, et à la photo que j'avais choisie, écrit en 2015 au moment du décès de Victor, notre voisin, et l'ami d'Albert, mon père.

Vous me pardonnerez, j'espère, ce "recyclage". Mais c'est, exactement, la réponse à la consigne donnée...

Il y a comme un caresse sur ma nuque, un souffle. Et un sourire me vient. 
Douceur. Victor le berger est parti la semaine dernière. Et dans mon esprit il va pouvoir s'assoir sur cette terrasse, à cette table, avec Albert, mon père, pour discuter de la marche du monde. Le pédagogue et le paysan. Meneurs de troupeaux au cœurs immenses. Leurs vies n'auraient pu être plus différentes, plus dissemblables, et pourtant. Avec quelques années d'écart ils ont eu l'enfance libre des gosses de la campagne. Victor entre deux guerres, Albert naissant au début de la seconde. Tous deux purs produits de leur temps, façonnés par la volonté de faire bien. Faire bien pour Victor et il se battra contre l'envahisseur, courant le maquis. Et puis donnera de son temps, de sa personne, de ses idées, aux habitants de sa commune pour l'ouvrir au monde. Faire bien pour Albert ce fut échapper à sa mère, à la chape de la religion pour offrir aux autres sa capacité de travail au service d'une éducation ouverte, intelligente, démocratique, respectueuse. Le hasard d'une mutation, le désir d'aller vers l'autre et ils se sont croisés. Ils se sont assis et ils ont commencé à parler, à partager. Respect. Amitié. Presque 40 ans de fidélité que seule la mort d'Albert, si jeune encore, si plein de projets inachevés, sauver le monde, à mis en suspend. Victor a continué sa route jusqu'au grand âge, nous parlant d'Albert, de leurs dialogues, les continuant peut être dans sa tête, quand nous nous buvions un verre avec lui chaque été. Ils ont partagé les coups que la vie leur a asséné, la perte de si proches, l'inquiétude pour les leurs, pour ce monde à la dérive. Ils se sont réjouis d'un monde plus grand, plus multiple. Ils étaient des phares, des rocs qui disaient la force de la réflexion, de la curiosité, la joie de l'échange. 
Albert, Victor, après avoir effectué leur promenade, les mains dans le dos pour papa, le béret visé sur le crane pour Victor, le tour de leur "domaine", par les chemins caillouteux, dans les collines sèches et odorantes, vont s'assoir à cette table, l'un à droite, l'autre à gauche, tournés vers le monde. Le monde qu'il vont continuer à refaire, nous soufflant doucement: ...
 
 ..."Agissez, agissez, c'est vous qui donnerez du sens à l'avenir".

samedi 10 juin 2023

Suite. Et fin...

Mercredi...

Bien rempli avec Bastien. Puis avec un aller retour chez Victor et Emma où le lit de bébé a pris la place du clic clac dans la chambre d'ami. Qui, de fait, devient, officiellement, la chambre de la petite. Petite, qui tous comptes faits, est bien où est et se fait attendre (elle est encore largement dans les clous mais après une menace d'accouchement prématuré les parents ne serait pas contre qu'elle... Bref).

Jeudi, je suis de retour, avec toute l'école, aux Beauvais pour en prendre plein les oreilles,...

 
La cacophonie du début de semaine commence à s'organiser. "Chacha", notre chef d'orchestre est formidable! Patiente et attentive, son enthousiasme est contagieux et... Bref! J'ad (ore, mire)!!!

 
(Même si parfois je me cache aux toilettes (sèches) pour échapper à la migraine...)

 
Il y aussi les entrainements des différents groupes, par roulement, acrobatie, équilibre, jonglage, portés, avec Marie, avec Lola. Toutes deux, comme Chacha, sont formidables.

 
Et puis il y a la chasse au trésor (course d'orientation) et les récrés fabuleuses à se balancer sur les sangles dans les noyers, à se balader dans le chariot/poussette.

 
Et, alors que les Beauvais bruisse comme une ruche (organisation aux petits oignons!), Yves le propriétaire des lieux, vaque à ses activités d'entretien, avec un sourire heureux. Et Olive, tranquillement, et malgré les interruptions, nombreuses (demandes diverses et variées), met en place le son, la lumière, les tentures (coulisses), le décor et le bar.

 
Vendredi, le grand jour, jour du grand spectacle, démarre dans la contrariété, pour moi: sur les 6 ULIS, un a 40° (sympa la frangine de lui avoir filé son angine!), un, dont les parents ont oublié d'annuler l'orthophoniste va rater la journée (mais je reçois l'assurance qu'il sera là le soir), un autre ne viendra pas (la voiture en panne (et lundi il nous racontera, oubliant les consignes, avoir été en week-end chez tata à l'autre bout du département)(pauvre gamin)). Pour une autre pas de nouvelles du papa (c'est son week-end): viendra? Viendra pas? (pour organiser les groupes et parce que la petite demande, à intervalle régulier: "Qu'est ce qu'il a dit papa?"). Je laisse un message vocal, un sms. Je finis par le joindre lors de la "pause" (les adultes mangent en scannant l'espace commun: éviter tout accident/bêtises (les tentatives de bataille d'eau ont été déjouées)) de midi. Le spectacle? Non, il ne peut pas venir: c'est trop loin, il ne sait pas où c'est, c'est... Très agacée, je l'interrompt sèchement:"Ok, j'ai compris!" et je lui raccroche au nez (pauvre gamine!)!

 
Répétition générale, ramassage de vêtements, casquettes, sacs, gourdes et voilà le dernier trajet en bus pour rentrer à l'école. C'est à ce moment, et au moment de la sortie que la pluie (bien mouillée) nous tombe dessus.

 
A tout à l'heure!!!

 
Pratiquement tous à l'heure.
 
Même la petite dont le père ne voulait pas faire l'effort (j'ai dû le vexer/piquer en le remballant (à noter: parfois de rentrer dans le lard fonctionne (reste à déterminer quand c'est efficace quand c'est contre productif)) (je l'ai remercié d'avoir amené sa fille))!!!

Gilles, Arthur et Suzanne arrivent juste à temps pour ne rien rater.

 
Les numéros s'enchainent joyeusement (le trac passe) jusqu'à la fanfare commune (presque 100 gamins, qui pour la plupart n'avaient jamais touché un instrument avant le début de la semaine. Et pendant qu'ils s'appliquent à suivre Chacha, surprise! La fanfare du Cheptel Aleïkoum, Circa Tsuïca, se glisse derrière eux et les accompagne (j'en ai eu des frissons (la fatigue me rend sentimentale)).
 
 
Les élèves de l'école ont assuré! C'est maintenant aux grands de faire leur show.

La guinguette est ouverte, boissons, salade et tartines, et musique!

 
Circa Tsuïca assure (génial, joyeux!) la première partie. Les gosses encore présents dansent.

 
Nous mangeons une première tartine avec Arthur et Suzanne, puis une seconde sans eux.

 
Nous voilà en amoureux pour le second round de la soirée avec Suck Da Head.
 
 
Très sympa aussi! (les gosses de l'école ont disparu, il ne reste que des "grands").

 
Et, comme toutes les bonnes choses ont une fin, aussi, nous sommes rentrés tranquillement (Merci à Gilles d'avoir sacrifié la demie finale de rugby pour partager avec moi ces moments).
Vous me croyez si je vous dit qu'il va me falloir le week-end pour me remettre?
Du coup, pour l'instant, rien de prévu...
 

mercredi 7 juin 2023

Début de semaine...

Lundi matin, l'empereur, sa femme et...

Oups! Non, je n'ai pas bu! Surtout à 6 heures du matin.

Mais, comment dire?

Avoir le privilège de profiter, recto de la pleine lune qui se couche, verso du soleil qui se lève, et on se sent les rois (en l'occurrence, Suzanne et moi, les reines) du monde.

Nous avons même fait un, petit, détour pour prendre tout cela avec le bon angle et sans poteaux et autres fils électriques.

70 km plus loin, avec la persistance, pendant de longues minutes, ne croisant personne, de monde hors du monde (un peu comme quand j'allais bosser pendant le confinement).

Au Mans, je n'ai même pas eu à faire de détour pour photographier deux nouvelles fresques, les quartiers s'embellissent.

Suzanne déposée chez D, j'ai fait demi tour et l'ambiance était exactement l'inverse qu'à l'aller: j'ai croisé de longues files de voitures entrant en ville, j'ai suivi et doublé des camions, des camions... (Apparemment le monde se met en route à partir de 6 heures 30, 7 heures)

Hop! Me voici à l'école!

Oui, oui! Sérieusement!

Toute l'école est "relocalisée" au cirque (Les Beauvais, St Agil, lieu de résidence du crique "Cheptel Aleïkoum).

Et...

Lieu hors du monde, fabuleux.

Deux chapiteaux,...

 
...une salle de musique sous les toits,... 

 
...une aire de jeu sous les noyers, avec des balançoires bricolées avec des sangles, des chariots de supermarchés transformés en canapé roulant, poussettes/karts, bancs se promenant et autres fauteuils à mémé dans tous les coins....
 
 
Des toilettes sèches (gobelets jetés avec la sciure, trou qui fait peur!) sur podium pour les gagnants de la pause pipi!

 
Tout cela animé, encadré, par des artistes, profs de jonglage, acrobaties, portés, musique, au top...
(si j'ai le temps de flouter les visages, je vous mettrai quelques photos des gosses en plein apprentissage)

 
Tout cela un poil fatiguant pour les adultes (cadre flou, surveillance ++, pas de pause méridienne (pique nique sous la halle/guinguette), premier jour avec beaucoup de sollicitations (certains s’inquiètent de tant de nouveautés). Si bien que lundi je dormais à 21 heures (au lieu d'être au club photo), qu'hier soir j'ai apprécié le citron givré (fait maison) qui m'attendait.


 Et avant de reprendre demain... Repos.
 

Ou pas:

Au programme ramasser les œufs (enfin les poulettes s'y sont remises!), demander où est papi, jouer dehors, demander où est papi, tondre le carrelage (la tondeuse en plastique fait un bruit infernal (je pense que les piles vont... tomber en panne)), demander où est papi, aller voir les chevaux (il y a un poulain), demander où est papi, aller à la médiathèque, retrouver papi, faire du tracteur, du trampoline, la sieste, avec papi...

Bref! Passer une bonne journée.