lundi 9 novembre 2020

Mi temps.

Pas la troisième, bien sûr! 

Cela voudrait dire qu'il est rentré.

Non, mais ce week-end, Gilles qui raye les jours, a barré le 11éme. Sur 22.

Et ce samedi, pour la "grande visite" (14h30/17h30 alors que mercredi c'était 17h30/18h30 (mais j'avais réussi à rabioter une demie heure en faisant semblant de ne pas savoir)), il faisait beau! Et chaud quand nous avons enchaîné les parcours rouge, jaune puis vert (parcours de marche. Ou de course, Ou de vélo (mais ils ne sortent pas les vélos à la mauvaise saison; Ni les boules sur le terrain. D'ailleurs Gilles pense que les boules c'est dangereux pour les cardiaques/résidents. S'ils perdent ils peuvent se contrarier au point de... Bref!)). Et le parc est magnifique (mais, tout occupée par Gilles, j'ai oublié l'appareil photo dans sa chambre (Et sa chambre est l'avant dernière au bout d'au moins un kilomètre de couloir)).

Donc, mi temps, et un peu moins d'ennui, sauf le week-end, où il ne se passe rien, puisque désormais il fait de la marche (forcée, la marche), du vélo, de la gym, avec des kinés qui essayent constamment de le semer dans les sentiers (rouge, surtout!). Heureusement  les repas sont corrects et Gilles use le temps qui lui reste à dessiner ou, le samedi soir, à faire des apéros (sans alcool, et sans gâteaux, et sans saucisson) en visio avec ses frères et sœurs (une habitude de confinement qui redevient une tradition).

(Héron contrariant: il a attendu que j'ai extrait mon appareil photo de mon sac pour s'envoler alors qu'il était perché, cool Raoul, sur un arbre au milieu de la mare que l'on contourne pour entrer dans le centre de rééducation. Aucune éducation ce héron!)

Mi temps donc. Cela veut dire que j'aurai à faire la route (une heure un quart) encore deux mercredis et un samedi avant d'aller le chercher (si je peux avoir une demie journée au boulot).

Et en attendant, ce dimanche avec Emma et Victor, j'ai ramassé les pommes et nous avons fait notre boucle de marche (plus ou moins dans un rayon d'un kilomètre, plus ou moins pendant une heure).

 L'automne est là, en beauté...

Et vous, des petits bonheurs de (presque) confinement?

dimanche 8 novembre 2020

Projet 52/2020: le sourire.

Projet photo avec Virginie

Et cette semaine: le sourire.

Il est là. 

Vous n'allez pas le voir, parce qu'il est loin, parce qu'il est caché derrière le masque désormais de rigueur.

Il est là.

Dans le son de sa voix, dans son interpellation: "Maîtresse!"

Le sourire du zozo premier et de ses camarades. Et celui des accompagnatrices.

Et le mien.

Il est resté accroché aux visages en rentrant à l'école. Et en rentrant à la maison.

Nous avons, le temps d'une sortie, d'un bain de culture, d'une immersion dans les branches des arbres, au milieu des portes détournées, réussi à perdre (dans le labyrinthe?) la pesanteur de ces derniers jours.

C'est cool, hein?

 

samedi 7 novembre 2020

I comme...

Elle était prévue depuis avant les vacances.

La sortie surprise.

Zone i, fermée depuis le 1 novembre, a ré ouvert rien que pour notre classe de CM1.

J'avais eu quelques difficultés, jusqu'à devoir harceler la hiérarchie pour y arriver, à savoir si, dans cette période glauque de "confinement", de protocole sanitaire "strict" et de plan vigie pirate maximum (on a jamais autant vu les gendarmes sur le parking de l'école), nous pouvions l'effectuer. En fait, oui, l'école est une bulle hors restriction de déplacement, et, si le lieu n'est pas fermé c'est bon (ça parait logique dit comme ça, hein?).

Comme une bouffée de grand air, une échappée belle.

Les gamins qui montent dans le car comme si je leur offrais des vacances...

Et qui cherchent où je peux bien les emmener...

Et c'est à Zone i, comme, explique Monica, zone Inondable transformée en zone Image, zone Imagination, zone Idée, zone...

Lieu de culture où se rencontrent, se croisent, se conjuguent, un territoire, son histoire, son environnement (et celui du monde) et le recyclage. 

Nous avons fait deux groupes.

Et le groupe avec qui je crapahutais a commencé par le moulin et l'installation artistique de Dominique Mansion sur les trognes, les arbres (deux mois de travail pour la mise en scène). Au rez de chaussée, à coté des engrenages impressionnants, les "racines" courent au plafond.

Au premier étage les troncs, les branches,...

...et la collection de morceaux de trognes brûlées.

Sur les murs des traces du précédent propriétaire.

Et, au grenier,...

...les habitants, extraordinaires, de la canopée.

Chouette, n'est ce pas?

Une pause au bord du Loir, le long du bief, si bucolique, romantique, même, non?

Et, après un petit tour dans le bois, dans la clairière aux trognes, voilà la grande découverte, sous les exclamations, du labyrinthe!

Labyrinthe dans lequel les CM1 avaient pour mission de trouver les deux photos identiques et le squelette...

En collaborant, et avec l’indice "trois petites sœurs", ils ont trouvé les photos.

Mais pas le squelette, discrètement installé au sommet de l'installation (moi je l'ai trouvé parce que je suis pistonnée...).

En tout cas nous avons trouvé d'autres i à ajouter à la zone!

I comme idéal pour se changer les idées. Surtout avec le beau temps que nous avons eu!


 I comme Intéressant, comme Ici, comme Impact.

Oui, impact. Les CM1 sont rentrés chez eux avec beaucoup à raconter. 

Et avec l'envie Irépressible, de revenir.

mercredi 4 novembre 2020

Post post migraine.

Je suis rentrée hier soir avec une migraine carabinée. 

Elle couvait depuis quelques heures mais les feux de détresse de la voiture que je suivais, en ramenant maman de la clinique, m'a fait basculer dans la nausée.

Je ramenais maman chez elle alors qu'elle venait juste d'être admise à la clinique pour se faire opérer du genou ce mercredi matin. Elle avait du hâter ses préparatifs dans la journée parce que son entrée avait été avancée de 12 heures et son amie Gygy l'y avait amenée. Mais le résultat du test PCR s'est fait attendre. Les 48 heures promis se sont transformés en... On ne sait pas.

Maman m'a appelée quand j'étais encore à l'école a essayer d'avoir des réponses à nos questions, à gérer la mise en place de concert, en parallèle, en empilement, en... d'un protocole sanitaire inique et d'un niveau vigie pirate maximum fantôme (pas une consigne, pas un texte, pas un lien).

J'avais fait classe à des élèves masqués fort mignons et fort bruyants (cela semblait se décupler au fur et à mesure que la migraine s'intensifiait. Cercle vicieux?). J'avais ouvert la porte, tout au long de la journée à des personnes impossible à reconnaitre entre les gouttes de pluie sur le visio et le masque. Parce que confinement, vigie pirate et protocole sanitaire n'ont nullement diminué le mouvement, les déplacements, le brassage de personnel (malgré notre résistance, nos réticences. "The show must go on!"). Sauf pour notre intervenant en musique... Il ne peut pas, puis aux dernières nouvelles, bien sûr il peut!

Je n'avais pas réussi à répondre aux questions de mes collègues... Parce que je n'ai eu de réponses qu'une fois sur la route (pour aller chercher Colette, vous suivez, hein?), garée sur le bord de la route, parce que j'avais laissé, de guerre lasse (à noter, comme pour les élèves: ne pas poser plusieurs questions dans le même mail), un message au responsable sécurité...

Pas toutes les réponses, hein, ce serai trop beau, nous ne savons toujours pas si, ou quand nous aurons une vraie attestation dérogatoire de déplacement professionnel. Et il se trouve que nous (les directeurs) avons dû en fournir pour les parents et accompagnateurs. A la volée, débrouillez vous.

Voilà, voilà... Pourtant la journée avait presque bien démarré.

Contrairement à lundi Suzanne et Clovis n'étaient plus patraques et nous avions presque pas raté le bus.

Les nouvelles était plus claires pour Emma en formation à distance à la maison Presque plus claires pour Arthur dont la formation est retardée d'un mois (si on lui annonce cela c'est qu'il est bien pris à cette formation, n'est ce pas?).

Et Gilles avait l'air d'avoir trouvé des moyens de tromper son ennui. Il a trouvé la machine à café (mais aïe, sans sucre, le café) et l'un de ses co confiné rééduqué lui a montré un sentier clandestin qui permet de rallonger et de varier les balades, seules distractions possibles (à part la télé).

Donc hier soir je me suis fourrée dans le lit, dans le noir, après avoir avalé un cachet, espérant le repos, à 19h30. Sans y arriver. 

Heureusement Victor et Emma ont pris en charge l'intendance, préparé le repas (les repas et les courses, en fait. Ils ont programmé toute la semaine et ont effectué le ravito! Merci les jeunes!!!). Une fois que j'ai mangé, que j'ai bisouillé Gilles par message, j'ai pu dormir et sortir du mauvais pas dans lequel ma tête c'était fourvoyée.

Et, vous savez quoi? Aujourd'hui c'est mercredi! Je ne travaille que pour ma classe (et hip, hip, hip! Ma sortie scolaire de vendredi est maintenue! (vous y comprenez quelque chose, vous?)).

Et je participe, en visio, à une réunion d'information syndicale...

mardi 3 novembre 2020

Brève de confinement (?) à l'éducation nationale

Masque pour les élèves. Et une maman qui le refuse, qui vient me voir avec une pétition (?), un document de 4 pages qui dit que leur mettre un masque les met en danger de développer des problèmes respiratoires. Il faut dire qu'on a tellement seriné, sur tous les tons, et encore, il y quelques jours le sinistre, que les enfants n'étaient pas contagieux... Alors pourquoi le masque?

Pour anticiper cette réticence j'avais demandé jusqu'où je pouvais, je devais, aller dans la négociation avec les parents. Et... Négociez, et... Vous gérerez ça très bien.

J'ai géré. Avec mes collègues mobilisées pour faire bloc.

Puis, comme j'étais au bureau, j'ai posé des questions. Parce que celles que j'avais, avec mes collègues, posées la semaine dernière, pour anticiper. n'avaient pas reçu de réponses. Et...

Réponses... 

Réassort de masques pour les adultes de l'école? La question a été transmise à qui de droit.

Attestation employeur pour les déplacements boulot? En attendant qu'on les reçoive on nous conseille d'utiliser comme justificatif la carte qui nous donne droit à des réductions dans les musées. Recevrons nous une vraie attestation? Et les AESH? Et les services civiques? 

Attestation de déplacement pour les parents. Hiiii! C'est à nous de les faire. C'est en toutes lettres sur le site du ministère de l'intérieur. Mais nulle part dans les "consignes" du ministère de l'éducation nationale. Alors... Bricolage. En fait on devrait peut-être faire de même pour nos propres attestations? Non?

Intervenants? Sorties? Sport?... Ils se renseignent.

Qui vivra verra. Mais bon, là, nous on y est. 

"Tout est prêt" qu'il a dit à la télé.

Laissez moi rire. Ou pleurer.

Parce qu'à coté de ça notre hiérarchie maintien coûte que coûte (quoiqu'il en coûte!!!) leur nouveau dada, leur nouvelle lubie: "Constellation". Une "formation" (incroyable, ils se persuadent, ou ils sont vraiment persuadés que c'est une formation?) qui consiste a faire des échanges de pratique entre enseignants en allant voir ce qui se passe chez la collègue, qui vient dans votre classe, qui... Bref! Vive le brassage!! Et les déplacements (En confinement. Et sous le régime de vigie pirate niveau maximum. Et sans attestation employeur...)!

Voilà...

Respiration!

Et émotion pour la minute de silence, élèves debout dans le couloir, recueillis, écoutant One de U2.
 

dimanche 1 novembre 2020

Projet 52/2020: ce qui me fait plaisir.

Projet photo avec Virginie

Et cette semaine: ce qui me fait plaisir.

Heu...

Être au milieu des miens.

Et lire, beaucoup, écrire, aussi, et prendre des photos...

Des paquets de photos qui racontent notre histoire...

Collectionner tous ces moments et...

Les retrouver!


Cliquez sur l'image.

samedi 31 octobre 2020

La mer qu'on voit danser le long....

Je veux (je veux!) arriver à profiter du bon.


Trois pas en avant, hommage à Samuel Paty.

Soudain les enseignants ont un rôle essentiel dans la société.

Soudain le raz de marée de #pas de vagues# s'échoue au ministère. S'étale sur les perrons, les moquettes des couloirs. Cela colle aux semelles.

Je veux (je veux!) prendre plaisir à mon travail. 

 

Trois pas en arrière, re confinement imprévisible (si, si... Il y a un plan, des scénarios, mais il n'y avait pas à s'en inquiéter, à les étudier, à les... Puisqu'on n'y était pas. Et puis maintenant qu'on y est le plan est émaillé de "dans la mesure du possible").

Je refuse que mon travail noircisse, alourdisse, ma vie personnelle.

 

Trois pas sur le coté, c'est la télé qui nous indique le sens du vent, qui précède les consignes, les cadrages (trop bancals nous sommes pour tenir debout sans cela. Les sables mouvants de notre hiérarchie, à hue et à dia, donnent le cap, et le mal de mer.)

Je veux (je veux!) cultiver le bonheur. 

Celui de retrouver un sens à mon métier. Enseigner, animer une équipe, défendre les valeurs. 

Et rentrer chez moi, le soir, avec le sentiment d'avoir fait ce qu'il y avait à faire. Même si c'est contre le vent et les marées d'injonctions.

Je veux (je veux!) pouvoir m'allonger et faire la planche, le soir, au dessus de la houle, au dessus des abysses du mal et de l'incurie dans lequel nous infusons.