dimanche 20 septembre 2020

Projet 52/2020: noir et blanc.

 Projet photo avec Virginie

Et cette semaine noir et blanc.

Comme d'habitude pour le noir et blanc je triche:

Photo d'une photo en noir et blanc collée, et usée, sur une toile ondulée.

(J'ai réussi à emmener trois de mes jeunes sur un lieu de culture!)


vendredi 18 septembre 2020

L'art de remplir une journée.

En commençant par la nuit. 

La nuit dans laquelle je plonge comme au fond d'un puits. Mais que je vis en pointillé. Gilles est là. Et bien là. Il bouge. Beaucoup. Beaucoup à digérer, sans doute.

Je vois les heures qui passent par tranches. 1h22; 2h14; 3h50; et à 5h50 la douche de Clovis me réveille. A 6 heures c'est le réveil qui se met à causer.

Petit déjeuner, avec, ou sans Clovis, avec ou sans Suzanne.

Bernie aboie. Roots est passé du siège (il croit que personne ne le sait, il file se coucher sur le coussin qui lui est dévolu dès qu'il entend quelqu'un descendre) de l'entrée au canapé d'été de la terrasse (là, bizarrement, il assume).

J’emmène Clovis et Suzanne jusqu'à l'arrêt de car (qui passe 5 minutes trop tôt depuis qu'il a un nouveau chauffeur. Mais cette année le car est neuf. Jusqu'alors (depuis Simon) la ligne 13 était toujours dotée des vieux trucs pourris).

Je rentre et croise Gilles qui déjeune. Il a faim. Avant de retourner se coucher. Il a mal dormi (je confirme).

 
Le chat de Suzanne (qui est une chatte, Süta, si vous vous rappelez), monte sur l'étagère et fait tomber le plateau à bidules (beaucoup, beaucoup de bidules) et le pot à clefs (beaucoup, beaucoup de clefs). Elle se carapate au premier étage et j'en profite pour faire rentrer Bernie. Un peu de silence permettra sans doute à Gilles de dormir et à mes nerfs (et sans doute à ceux des voisins) de se détendre. C'est chiant un chien qui aboie. D'autant plus qu'il n'y a aucune raison (Un pigeon, un chat, une poule ou un voisin qui passe n'entre pas dans la liste des raisons valables) de la faire toutes les cinq minutes.
Je suis toujours en pyjama et je ne suis pas pressée (oui, j'emmène les gosses au bus en pyjama. Bon, il fait noir, maintenant, le matin. Personne ne voit rien. Et puis j'enfile toujours un pantalon (à fleurs) et un sweet à capuche au dessus de ma nuisette quand je sors).
J'ai mis le lave vaisselle en route, je vais faire de même avec le lave linge.
En ce moment faire sécher le linge, entre le soleil et le vent chaud, est d'une simplicité enfantine. J'adore. J'envisage même (j'y refléchis, je me tâte...) de laver les rideaux et coussin du salon. Maintenant que Gilles ne fume plus... Un salon qui sent bon, c'est bien, non?
Je surveille la tournée de cuir de fruits (pommes, poires et coings cette fois) qui sèche dans le déshydrateur.
Je réfléchis vaguement aux repas...
J'ai ramassé les tomates et fait une salade tip top.
J'ai le temps.
C'est bien d'avoir le temps.

J'ai digéré le sms qui me demandait de travailler, avec beaucoup de tact et de compassion, alors que je suis en arrêt de travail. Ma réponse comme on perce un abcès.

J'ai écouté, de loin, Véran expliquer que la situation était grave, que des mesures plus strictes allaient, localement, être prises, que les gens n'étaient pas raisonnables, que...

Que tout cela l'amenait à alléger le protocole dans les écoles.

Parce que les gosses ne sont pas contaminants et peu contaminés (je l'invite à venir dans une classe lors d'un épidémie de grippe, ou de gastro. Lui et les "spécialistes" qui le conseillent.). Le danger vient des adultes qui doivent absolument être masqués... 

Le danger, ne serait pas que les parents soient obligés de garder leurs enfants en quarantaine (ou septaine/semaine)? Qu'il n'y ait plus de remplaçants pour les profs exposés puisque les masques fournis par l'éducation nationale ne sont pas efficaces?

J'ai écouté, j'ai partagé ma navritude (si je veux d'abord!) avec mes collègues par WhatsApp et...

Avec Gilles j'ai regardé un film d'action tarabiscoté et plein de bagarres (j'ai très rapidement perdu le fil du nombre de gars au tapis à la minute. Gilles, logiquement: "C'est un film d'action"). J'ai pris des nouvelles d'un qui ne va pas bien.

J'ai le temps.

Alors je le prends.

(sms de Clovis alors qu'il est dans le car: "Au fait Rachel vient ce soir". Je réponds: "Génial, à ce soir".) 

C'est bien, hein?
 

jeudi 17 septembre 2020

S comme...

  ...sollicitude (ou... Sans commentaire).


Sms de ma supérieure hier après midi:

Bonjour Madame, 

Vous n'avez pas validé les effectifs de l'école et je sais que vous êtes occupée par la situation médicale de votre conjoint. Pouvez-vous vérifier que Onde est bien à jour et me tenir informée. La remontée nationale se fait demain. Avec mes meilleures salutations.

Ok...

Ma réponse:

Je vous remercie de votre soutien et de votre sollicitude. Je ne suis pas occupée par la situation médicale de mon mari. Je suis en arrêt maladie pour dépression réactionnelle. Le fait d'avoir eu peur de perdre mon mari le jour de nos 33 ans de mariage (il a fait un infarctus du myocarde) a été la goutte qui a fait déborder le vase de ces derniers mois de navigation à vue dans mes missions de direction. J'avais effectué le comptage demandé mardi dernier mais je ne l'ai pas validé et je ne peux plus le faire. Les effectifs sont ceux que je vous ai fourni le jour de la réunion des directeurs. Cordialement. Anne Allet

La sienne (en fait elle semble capable de répondre à mes sms, sauf quand ce sont des demandes de soutien. Comme se fût le cas à plusieurs reprises ces dernières années):

Merci des informations sur les effectifs. Je fais remonter avec la fiche dont je dispose. Prenez soin de vous. Meilleures salutations.

mardi 15 septembre 2020

Devinette.

Produit 100% bio.

Fait maison avec une production (très importante cette année) du jardin.
Cela m'a pris quelques heures de boulot devant la télé, puis quelques heures pour arriver au produit fini.

Avez vous une idée?

Gilles y est plus ou moins accro (surtout quand il a envie d'une clope).
 

lundi 14 septembre 2020

Pause de repos.

Gilles se repose. 

En fait il n'a pas le choix. Un tour à la pharmacie, un détour de dix minutes pour saluer les gars du rugby qui inauguraient le stade au nom de l'ancien président, et plouf!

L'est épuisé le gars.

Mais il est là! Il blague, il mange, il a réinvesti le salon réaménagé (pour faire disparaitre toute trace de ses habitudes de fumeur), il répond aux nombreux coups de fils, reçoit les voisins qui viennent aux nouvelles.

Dimanche, fort de sa nouvelle expérience de convalescent post infarctus, il ne nous a pas accompagné, Victor et moi, au salon des artisans d'art, au château de Frétay, à une encâblure de la maison.

Il faisait beau et chaud, Victor, tout au plaisir d’étrenner son permis tout neuf sur sa moto à peine assurée, m'a suivi sur le sentier, au milieu de la poussière soulevée par les véhicules (je ne voyais plus que son phare, comme à travers le brouillard) jusqu'au parking. Le parking était bien uniforme avec ses véhicules grisés...
Et, masqués, nous voici dans le parc (souvenez vous nous y sommes déjà venus).
La maison est bien à l'abri derrière son fossé.
(une voiture qui a échappé à la poussière du chemin)
Les artisans sont sagement alignés en éclipse autour de la pelouse...
...et, entre les peintres en décor, "nos" sculpteur et peintre locaux,,...
...entre le sellier et...
...d'autres artisans...
...nous croisons des connaissances, des copains.
Tous s’inquiètent de la santé de Gilles.
De la mienne (l'un d'entre eux m'a raconté l'histoire édifiante de ce couple: lui fait un infarctus, s'en sort, rentre chez lui et c'est elle qui fait une crise cardiaque, et meurt, dans les jours qui suivent. Je crois que j'ai moyennement apprécié l’anecdote.).
Certains sont très sincèrement touchés. Et c'est touchant.
Donc, une petite heure à voir du beau, en bonne compagnie.

Et la fatigue m'est tombée dessus.

Alors je suis rentrée, suivie de Victor (qui c'est précipité chez Simon pour laver sa moto) et j'ai, de façon très solidaire, accompagné Gilles dans ses efforts pour se reposer tout le reste du dimanche.
 

dimanche 13 septembre 2020

Projet 52/2020: l'eau.

Projet photo avec Virginie

Et cette semaine l'un des cinq élément: l'eau!

Et... 

C'est la sécheresse! Alors...

...voici l'image d'une bulle d'eau prisonnière.

Une bulle qui retient le paysage, le ciel, un arc en ciel et le reflet de la photographe.

 

C comme...

 ...commandes (suite)

Allez, hop, nous avançons dans le temps. De 20 ans, plus ou moins.

Toujours la même école, le même gros village.

Mais pas les mêmes collègues (sauf moi, je partie et revenue, j'en suis désormais la directrice), le collègue crésus est allé sévir ailleurs.

Et nous savons exactement combien nous pouvons dépenser par élève. C'est cool.

L'habitude a été prise de travailler avec le libraire local. C'est hyper cool. Parce que le service est top. La livraison est amenée le jour dit, à l'heure dite, par le libraire lui même. Il porte les cartons jusque dans chaque classe (ça fait rêver, hein?). Et il reprend les erreurs de commande, il "délote" (j'ai appris ce verbe à cette occasion), cherche, et trouve, la bonne recharge pour les feutres à tableau, les cartouches d'imprimante qui vont bien. Le reliquat ne se fait pas attendre plus de 8 jours.

Une rentrée tranquille de ce coté. J'ai apprécié.

Mais il ne faut pas, surtout dans notre métier, s'installer dans le confort. Nous risquerions de nous amollir, de perdre notre qualité numéro un, l'adaptabilité. Il ne faut pas oublier que rien n'est acquis! Le libraire a vendu son fond de commerce, à une dame, qu'il nous a présenté, et est parti pendant l'été suivant.

C'est donc sa remplaçante qui a géré nos commandes. Et se fût la Bérézina.

Un tiers de la livraison ne correspondait pas à la commande. Et j'ai dû rapporter moi même les cartons à la librairie (Si je suis Anne, Âne je ne suis pas, et pourtant...). Un tiers était manquant et ne fût (ou pas) livré au cours de l'année scolaire, au gré de mes rappels, jusqu'en février.

Là je me suis fendue d'un coup de téléphone, houleux, pour signifier à la dame que nous ne travaillerions plus avec elle. Je l'ai ensuite fait savoir à la mairie. La dame a protesté, c'est moi qui ne savais pas faire mon boulot. Elle l'a fait savoir à la mairie.

Le maire a voulu savoir ce qu'il en était et nous nous sommes rencontrés. Je lui ai fait part de la décision de l'équipe de ne plus travailler avec ce fournisseur et lui ai expliqué pourquoi. Je lui ai donné les numéros de téléphone des autres écoles qui rencontraient les mêmes difficultés, puisque, visiblement, il la croyait, elle (le doute m'effleura qu'il la connaisse personnellement). Et je suis passée à autre chose.

Puis, la roue tournant (au punaise! j'en étais déjà à la 33éme année scolaire!), revint le temps des commandes (qui souvent est concomitant du temps des cerises, je digresse, je digresse) que nous fîmes sur le catalogue et le site d'un grossiste connu de tout enseignant. 

Pour une commande avant le 15 juin nous avions 30% sur le montant de la facture. Nous nous étions toutes activées pour boucler avant et j'avais transféré la commande à la mairie.

Qui ne l'a pas validée.

Monsieur le maire n'avait pas entendu nos arguments.

Il a fallu re négocier en étant ferme sur le "nous ne travaillons plus avec cette dame", et en faisant valoir que le grossiste était beaucoup moins cher. La mairie demandé un devis à la dame pour la commande que nous avions passée. L’argument portefeuille porta. Elle fût battue ainsi. 

Et nous sommes passés à d'autres aventures... de livraisons cette fois.