Mais je n'ai pas eu le temps de vous en parler...
Le week-end a été chouette.
Il a fait beau et, petit à petit, la chaleur s'est installée.
J'ai travaillé pour ma classe samedi anticipant le travail à venir (et j'ai eu raison).
J'ai lavé et pendu le linge, les draps.
Avec Arthur et Gilles nous avons fait une belle balade dimanche matin (même si ce paysage entièrement vert est la preuve que toute vie sauvage a été anéantie. Pas un coquelicot, un bleuet, peu d'insectes, pas de papillons).
La "rentrée" du collège (des collèges, celui où travaille Gilles et celui où travaillent Simon et Victor) a apporté son lot d'appréhension sourde.
Et puis dimanche après midi, après une petite sieste, j'ai rejoint le jardin au bout du chemin, la terrasse suspendue au dessus du paysage, le petit coin, la bulle, l'écrin qui abrite des amis, leurs bestioles et les bébés de ceux ci (il y a des chatons à donner si vous êtes intéressés).
Nous nous sommes retrouvées à quatre bénévoles pour préparer un boite à livres.Un projet "d'avant" à ne pas laisser tomber.
Et des partages d'expériences, deux d'entre nous sont soignantes.
Deux trois heures en off.
Avant que ne démarre la folie qui s’appelle lundi (et mardi aussi).
Lundi avec un détour pour déposer Victor au travail, où il a passé la journée à accompagner les ados aux toilettes pour qu'ils se lavent les mains (Simon y a doublé la capacité des lavabos en travaillant avec de la récup, du bric et du broc), pour déposer Clovis devant chez sa chérie (où il a fait connaissance de toute la famille) puis filer à l'école où je n'ai pas vu le jour. Le téléphone, What-sApp, les mails et les mauvaises nouvelles... Puis j'ai effectué le chemin inverse, j'ai récupéré Clovis (et j'ai pu dire bonjour à "sa" Rachel), puis Victor.
Victor qui n'était pas bien. Mal dans la poitrine, essoufflé.
Alors après avoir appelé le 15 nous avons passé, tous les deux, passé une partie de la nuit aux urgences. Les examens ne révèlent rien de grave mais il n'y a pas de diagnostique.
Mardi pas de trajet supplémentaire.
Mais une demande de rendez vous avec un pneumologue qui passe par un fax envoyé de la pharmacie. Et j'ai acheté des fleurs pour montrer le soutien des enseignants à une petite fille en deuil (cela revient souvent, deux fois cette année, c'est affreux...).
Et puis, et puis...
Nous avons mangé au soleil en travaillant à l'ouverture (officielle, elle n'a jamais fermé) de l'école.
J'ai eu le pneumologue qui a été rassurant. Mais toujours pas de diagnostique.
Et des réactions de protection de la part des collèges qui craignent le virus et renvoient Gilles et Simon à la maison.
Et puis aussi... une petite de l'école qui craque. Une famille qui a explosé. Le confinement a cristallisé les difficultés dans certaines familles. Jusqu'à la rupture.
Et là dessus les résultats de Parcoursup qui tombent.
Ma collègue a vu à mes yeux (on ne voit plus que ça avec le masque) que les nouvelles étaient mauvaises.
Victor est encore... 10 vœux refusés. 5 en liste d'attente. Au fin fond de la liste d'attente.
Marcher sur un fil, au bord du vide...
Avec ce poids, souvent, sur les épaules, au creux du ventre.
Inspiration! Respiration...
Nous allons essayer de profiter du grand week-end pour essayer de retrouver un peu de sérénité.