dimanche 22 septembre 2019

Projet 52: été indien.

Une photo par semaine avec Virginie.
Semaine 38: été indien.
Un pull, un foulard, et, peut être, autre chose que des sandales, le matin.
Que l'on abandonne à midi.
Des récrés à se dorer au soleil.
"Maîtresse, je peux baisser les volets? J'ai trop chaud."
Et, pour moi, un pique nique au bord de la rivière, histoire de changer d'air. Histoire de se croire encore un peu en vacances. Ou déjà en week-end. 
Le conseil des CM1 organisé dans le pré, à l'ombre du catalpa, près de l'école.
Et les vêtements abandonnés dans la cour.
Rentrer avec les fenêtres ouvertes.
S'installer dans la cour devant la cuisine. Juste papoter, fin de journée douce.
Se régaler des tomates du jardin.
Dormir avec la fenêtre ouverte, encore. 
Le jardin, la campagne, sont secs et grillés.
Certains arbres semblent morts et l'on se prend à espérer la pluie.
Tout en profitant, avec volupté, de cet été qui se dit indien.

samedi 21 septembre 2019

Boulot. nom masculin (Familier) travail ; emploi.

Oui, je parle de boulot.
J'utilise un terme familier (Nom)(1881) Apparait sous la graphie "bouleau" avec le sens de «action, bagarre». Origine obscure.
Et c'est le terme, et l'étymologie, qui conviennent. Exactement.
Toujours en action.
En mode multitâches.
Comme enseignante. 25 élèves. 
25 individualités.
Celui qui plane, celui qui gigote.
Celle qui pleure, pour un oui, pour un non.
Celle qui papote, papote, papote...
25 CM1 dont un certain nombre a des difficultés avec la compréhension de lecture, ou ne se souviennent plus des tables de multiplication, ni même d'additions, ou n'ont pas bien dormi, ou n'ont pas déjeuné, ou se sentent nul-le-s (si nombreux, déjà vaincus)...
Tous ensemble, chacun à son rythme, chacun son tour, en équipe, en duo, sur le cahier (Maîtresse, je saute des lignes?), sur l'ardoise, le bloc notes, à l'oral, en silence (Et elle papote, et elle papote...), nous apprenons les grands nombres et/ou les décimaux, le présent, le futur ou le passé, nous écrivons des histoires, des poèmes, nous étudions notre environnement, ce qu'il fut, ce qu'il est, ce qu'il risque de devenir...
"Je peux prendre un (des!!!) ciseaux?"  
"Maîtresse y'a plus de colle!"
"J'peux prendre du scotch, aller sur l'ordi, prendre une ardoise, lire/prendre un jeu puisquej'aifini, effacer le tableau?"
Le temps qui s'étire ou file.
Récré! Et les surperviseurs (les "super viseurs", avec leur cape/chasuble orange) qui gèrent les jeux.
"Maîtresse n'oublie pas ton truc de sécurité!" (le bip genre "présence verte", à activer en cas de danger. En cas de danger...). 
En mode surveillance, bienveillante, 110 gosses qui courent, sautent, jouent, s'attrapent...
"Maîtresse elle veut pas jouer avec moi!"
"Maîtresse, y m'a traité!"
"Maîtressssseeee!"
L’œil sur Zébulon 1er, qui a le coup/l'insulte facile, sur Zozo second, qui se met constamment en mauvaise posture, sur Mistinguette bis, dont la santé est...
"Oh, c'est déjà fini! Je n'ai pas fini de jouer!"  
L'air qui bourdonne, les pieds qui frottent, les chaises qui trainent, des allers retours, toilettes, un coup à boire, histoire de faire une pause, histoire de contourner, d'éviter d'affronter l'éventuelle difficulté. L'éventuel échec.
"Oh, mais c'était facile, en fait!"
25 élèves, 25 postures d'enseignement.
Et 25 cahiers à corriger.
"Maîtresse! Ça sonne! Il y a quelqu'un à la grille!"
Ils ont des oreilles bio-ioniques.
"C'est la maman à (de!!!) Lulu!/ C'est le taxi à (de!!!) Coco/ Y'a un livreur..."
"École élémentaire, bonjour!"
Les voilà qui se moquent, sourires malins, quand je répond au téléphone.
"C'est qui?"
Sourire. 
Et les messagers ravis qui portent les post-it à la maîtresse de (pas à, hein!) Nini.
Boulot de direction en sus, en feuilletage, de la classe.
Et avant. Et après.
Papiers, papiers, ordi, enquêtes, stats, instructions, injonctions (moyens?)...
Pages dédiées, à trouver dans le labyrinthe des acronymes, sur le PIA (Hahaha...), si ergonomique (raccourcis clavier? Qu'est donc?). Simplification administrative qu'ils disaient en chargeant la mule/directrice de tâches de plus en plus variées/bizarres. Et les registres s'empilent... Varions les plaisirs et additionnons les responsabilités...
Et les collègues à soutenir, l'une avec "ses" élèves à besoins particuliers (là aussi ça s'empile). L'autre empêtrée avec la maman de Loulou, si lourde. Débriefing avec les Aides aux Élèves en Situation de Handicap, avec les collègues de la maternelle, pendant le repas, entre une livraison et un coup de fil des services sociaux. Conseils de maître-sse-s et décisions collégiales.
Et les parents. 110 X 2 (plus ou moins, sans ceux qui ont disparu, avec les beaux papas, les belles mamans. Et avec quelques grands parents. Pour faire bonne mesure.). 
Celui qui ne comprend pas pourquoi? Ce règlement n'est pas... Est trop... 
Celle qui va venir chercher Mimi à 14h, elle vous l'a déjà dit, la semaine dernière, à la grille (Comment ça vous avez oublié?!).
Ceux qui ont un enfant surdoué (C'est mémé/Dédé qui l'a dit. C'est arrivé à la fille de la sœur de mon beau frère.) qu'on ne comprend pas (z'êtes si bêtes aussi!).
Ceux qui sont perdus, qui n'y arrivent pas ("elle ne mange rien", "il ne veut pas se coucher", "je n'arrive pas à lui reprendre le portable", "il me parle mal").
Celles qui pleurent, celles qui luttent, celles qui ont renoncé ou se sentent nul-le-s (si nombreux, déjà vaincus).
Il y a le cancer, le deuil, la violence familiale, l'alcool, la drogue, la fin de l'amour, le chômage, la solitude, le qu'en dira t-on...
Et il y a ceux qui se plaignent au maire, qui écrivent à l'inspecteur (ou au ministre. Ces lettres là, contrairement à celles que nous écrivons, ont une réponse. Elles nous retombent sur la tête.).
L'inspecteur...
Qui ne vient pas aux fêtes des parents, aux inaugurations de fresques, aux expos trop top.
Qui fait la sourde oreille aux appels à l'aide (on ne m'y reprendra plus), aux signalements de père/mére agressif.
Qui juge votre action "satisfaisante" après tout les efforts fournis (et sans être venu voir lui même...). 
Oui. Boulot.
Avec le sens de «action, bagarre».

jeudi 19 septembre 2019

Absence. nom féminin. Fait de n'être pas dans un lieu où l'on pourrait être.


Roots a son air désespéré derrière la baie vitrée. 
Il nous voit déjeuner et...
Aura t-il un bout de tartine? Gilles, fournisseur officiel est déjà parti, trop en retard pour y avoir pensé. Roots sait, d'expérience, que je ne donne des plats, des assiettes ou des casseroles, à lécher qu'en fin de repas. Jamais rien le matin.
Alors c'est peut être l'idée de notre absence pour la journée qui l'effleure?
Ressentira t'il seulement notre absence?
On dit que les chiens n'ont pas la même conscience du temps qui passe que nous...
Mi septembre... 
Le temps est passé, et passe encore, sur l'absence sans l'user.
Il y a 11 ans Bénou a perdu la bataille contre le cancer. 
Il y a 10 ans Albert a fait de même.
Le temps passe et ils sont là dans nos mots. Dans les moments que l'on aurait aimé partager avec eux.
Bénou est là quand je cuisine, quand je croise certains objets, certains vêtements. Quand je m'enroule dans un foulard.
Albert est là au jardin et sous les arbres fruitiers, quand je taille les rosiers. Il est là dans mes moments militants.
Ils sont là dans nos mots, dans nos conversations au repas du soir.
Bénou est là dans les traits de ses filles, Albert l'est dans certaines postures d'Arthur (et de Tao, je crois).
Ils sont là et ils sont absents. 
Ils ne sont pas là où ils pourraient être. 
Le temps qui passe n'y change rien.


mercredi 18 septembre 2019

Non, non, je n'ai pas disparu.

Encore que...
Il me faut parfois je concentrer pour me retrouver entière.
Mes journées comme des feuilletages de tâches diverses et variées.
Heureusement nous avions bien profité du week-end d'été.
Pour prendre l'apéro (Gilles et moi) chez maman avec mes oncles et tantes de passage.
Pour réceptionner 5 stères de bois.
Pour recevoir Patrick qui a dormi deux nuits sur notre canapé (couchsurfing).
Pour transférer quelques caisses de pêches à Hervé et Enora, qui ont fait un détour pour cela, aux voisines...
Pour manger et discuter avec tout notre petit monde, Simon, Cynthia, Arthur, Victor, Emma, Clovis, Suzanne, Gilles et moi.
Chacun a évoqué cette rentrée, sur les chapeaux de roue.
Pleine d'enthousiasme pour Suzanne.
Pas si simple pour Gilles, Victor, Cynthia.
En mode stand by pour Arthur.
Et, depuis ce matin, après l'acceptation de la direction académique lundi, l'inscription hier, Clovis aussi a repris le bus pour le lycée.
Hip, hip, hip!
Après plus ou moins 6 mois sans, dont 3 à travailler, il y retourne à sa demande.
Il a même couru jusqu'au bus...

dimanche 15 septembre 2019

Projet 52: Noir et blanc

Une photo par semaine avec Virginie.
Semaine 37: noir et blanc.

Heu...
Je ne sais pas faire.
Je ne connais pas les réglages qui permettent de le faire avec mon appareil.
Je ne sais pas faire à l'ordi...
Et puis moi et les couleurs c'est une histoire d'amour.
Mais j'ai quand même trouvé.
Du noir et blanc que j'aime. 
Surtout depuis que, avec les deux autres, il a arrêté de pourrir la maison chaque nuit.
Ce noir et blanc là est un pot de colle, qui pue, qui pète, mais qui remplit avec beaucoup d'amour sa mission: être le poilu gardien de la maison.

vendredi 13 septembre 2019

Sur le chemin, de la sérénité.

Les aubes, ces derniers jours, sont aussi belles que le sont les nuits sous la pleine lune.
Elles apportent l'espoir de magnifiques journées.
Qui le sont au niveau du temps qu'il fait.
L'été n'est pas mort.
Qui sont tout sauf sereines pour le reste (sauf pour les chiens: ils semblent avoir compris, plus de dégât le matin depuis quelques jours!).
Ceux qui travaillent, Victor, Gilles et moi, sommes confrontés à la dure réalité du monde. Le feuilletage de taches est usant. Plusieurs journées en une.
Clovis, lui termine son contrat en glissade, pas plus d'une dizaine de clients les bons jours (et certains jours aucun) tout en louvoyant au milieu des démarches pour reprendre le lycée (il y a espoir...).
Celle qui gère le compte en banque saute de facture en facture. Les voitures (ex: 55€ une durite haute de radiateur pour la voiture d'Arthur), les unes après les autres, le bois, etc...
Et puis nous sommes submergés de pêches. Que je me dépêche de transformer en compote. Que nous distribuons par cagettes (avis aux amateurs)...
Bref...
La sérénité n'est sans doute pas l'objectif à atteindre.
Mais je peux en rêver, non?

dimanche 8 septembre 2019

Projet 52: lumière.

Une photo par semaine avec Virginie.
Semaine 36: lumière.
 Voilée...
Mais fort agréable encore.