samedi 17 février 2018

Sauvetage l'autre version.

Je suis fatiguée, vous l'avez compris, mais contrairement aux conseils avisés de Gilles, je suis allée à la réunion de jeudi soir (je suis rentrée à quasi 20h) et je ne l'ai pas regretté. C'était, pour une fois, intéressant, formateur. Cela répondait à une demande que nous faisions depuis des années. Oui des années. 
Et quand on parle d'années...
Avant d'aller apprendre plein de "trucs" pratiques sur la gestion de crise j'ai travaillé avec mes élèves sur le kilomètre carré.
Ils ont déjà raconté quelques uns de leurs souvenirs, un ou deux souvenirs de leurs parents, ils ont parlé de l'école, de la neige, de l'arborétum, du stade et...
Et nous nous sommes demandés qui pourrait nous raconter des souvenirs du Loir et Cher, des souvenirs du village.
Les commerçants? Ils travaillent n'ont pas le temps.
Le personnel de ma mairie? Même problème.
La poste? Fermée la plupart du temps.
La médiathèque? Ben ni Émilie, ni Jérémie ne sont d'ici. 
Alors...
Ils ont creusé... Et ont trouvé!
Les retraités!! Les retraités ont plein de souvenirs. Et ils sont relativement disponibles pour raconter quelques souvenirs. "Mais maîtresse! Où est ce qu'on va les trouver? On ne va tout de même pas sonner aux portes?"
Non, sonner aux portes, pas bonne idée. Mais la maîtresse a une maman retraitée alors elle sait que quelques uns d'entre eux se retrouvent chaque jeudi après midi pour jouer.
"Pour Jouer?"
Coup de fils à la responsable du club de scrabble, ok, c'est bon.
Coup de fils à une maman dispo pour nous accompagner et c'est parti.
C'est parti pour une visite aux retraités joueurs, c'est parti pour la salle "Charlemagne". Qui se trouve être dans l'ancienne école. 
L'ancienne école où j'ai travaillé. 
L'ancienne école où la maman d'élève accompagnatrice a été à l'école.
Où elle a fait son CP dans ma classe. Il y a 24 ans (Ahouch!!! Il y a des chiffres qui ne trompent pas!). Donc nous arrivons sous les fenêtres de l'ancienne école (maintenant maison des jeunes et salle Charlemagne) et j'arrête le rang pour quelques explications. Pour un peu d'histoire locale.
"Voilà l'ancienne école..."
"Oh, mais maîtresse, t'es vieille alors? (là un ou deux protestent "Mais non elle est pas vieille la maîtresse!") C'est vrai que tu as eu mon beau père comme élève?"
Avec mon ancienne élève nous sourions.
Nous montrons les fenêtre de ce qui fût notre classe et... Un souvenir est tombé. De là haut. Tout pile! Les élèves qui écoutaient ont eu droit au récit de ce souvenir en duo. Et c'était très chouette! 
Puis nous avons interviewé les retraités (texte à venir sur le kilomètre carré) et nous sommes rentrés. En rentrant j'ai suggéré à la maman/ancienne élève de publier ici chacune notre version de l'histoire.
Que voici (Je sais Gilles, j'aurais pu sauter l'intro, cela aurait été moins long à lire ;-)):
J'étais la maîtresse d'un des CP, j'étais dans cette école depuis 2 ou 3 ans déjà mais étant la plus jeune, la dernière arrivée, on m'avait attribué la seule classe au premier étage. J'en étais ravie. Elle était claire, lumineuse avec ses baies vitrées des deux cotés, avait une vue sur toute la vallée et comme était desservie par un unique escalier j'avais une classe à effectif réduit (nous ne pouvions pas être plus de 20 en haut: 19 élèves et la maîtresse).
Bon, cette situation avaient quelques contraintes quand même... Le plancher était bruyant, les escaliers dangereux pour certains de mes élèves (je me souviens d'un qui s’emmêlait les pinceaux à chaque descente mais qui n'est, heureusement jamais tombé).
Bref... L'escalier... Un jour, c'était un samedi matin, l'escalier a pris feu.
Pour de faux, bien sur!
Je ne me souviens pas si les pompiers avaient mis des fumigènes...
Mais je me souviens des consignes: mettez un linge au bas de la porte, réfugiez vous avec vos élèves dans le coin le plus éloigné et asseyez vous au sol.
Attendez les secours.
Je me souviens que c'était un samedi matin parce que les pompiers du village avaient fait venir la grande échelle pour l’événement (et étant pompiers volontaires ils étaient plus disponibles le samedi).
Et c'est par la fenêtre que les secours sont arrivés!
J'étais au courant, bien sur. Mais cela n'a pas empêché l'émotion.
Les CP ont été formidables! Pas un n'a pleuré, pas un ne s'est affolé.
Ils sont descendus, les uns après les autres, entre les bras des pompiers si impressionnants, sans panique.
Les pompiers se relayant. Et de là haut je voyait les têtes de mes petits serrées dans le col des vestes de pompiers dont on les avaient couverts (trois par veste).
Puis vint mon tour. Ce qui amena un peu de  tension entre les soldats du feu, qui serait chargé de me faire descendre? Le chef "gagna" ce privilège et c'est entre ses bras que je suis descendue. Heu... Desssss... Ceeeennn... Duuuuue... Quelle misère le vertige!
D'autant plus que tout le village, les élus, les voisins, les parents assistaient au sauvetage!
J'ai touché le sol sous les applaudissements.
Et, vous me croirez, c'est la première et la dernière fois que j'ai été applaudie comme ça. A moins que ceux ci aient été à destination des pompiers?

jeudi 15 février 2018

De la relativité du temps...

Le temps me manque.
Le temps de respirer, le temps de dormir...
Le temps de me poser.
Je roule, je cours, je...
Je crois que la coupe est pleine.
Pleine d'élèves à recadrer. Encore.
Pleine de parents qui ont besoin de parler, à qui j'ai besoin de parler.
Pleine de réunions. Un jour sans est un jour faste. Et elles ne sont pas toutes... Beaucoup d'air brassé.
Heureusement au moins une, à 70 km de la maison, avec le groupe de collègues, m'a fait un bien fou. Poser là mes questionnements et trouver oreilles attentives, conseils avisés et déculpabilisation...
Et puis...
Scolarité, orientation, SMS, messenger, mes gars ont des besoins eux aussi.
Correction, rendez vous, taxi (bus raté, pour rentrer cette fois. Et c'est Gilles qui s'est dévoué, j'étais sur une autre route, dans une autre direction)...
Le temps me manque. 
Le temps de respirer, le temps de dormir...
Le temps de me poser.
Je n'ai pas pu aller à la médiathèque depuis plusieurs semaines.
Mais de toute façon je n'arrive pas à lire plus de quelques pages chaque soir. 
Je n'arrive pas à prendre du recul. Je n'arrive pas à bien dormir.
Et je n'arrive pas à obéir l'injonction de Gilles quand je lui dit ma fatigue dans la même phrase que l'annonce d'une énième réunion ce soir: "N'y va pas!".
Le temps passe si vite et les journées sont si longues...

mardi 13 février 2018

Alors...

... Gilles a retrouvé ses clefs de voiture. 
Pas dans la neige du chemin, pas dans la neige du coteau, pas... 
Il a tout retourné dimanche après midi, quand la neige a fondu.
Rien.
Au désespoir il avait renoncé quand, en allant ramasser les œufs, il les a retrouvées au pied du poulailler...
Je n'ai donc pas eu à le conduire au travail ce lundi.
Mais la Dyane doit avoir mal vécu tout cela, elle est tombée en panne lundi soir... 
Gilles a quand même réussi à la faire démarrer, rouler, jusqu'à la maison.
Heureusement je ne suis rentrée du travail qu'à 18h (parents, parents, parents...).
Simon est venu réparer la Dyane.
Il était là quand je suis arivée.
Malade comme un chien.
Il a attrapé froid samedi. Sans doute.
Arthur lui va aller chez la barbière, utiliser son bon cadeau de Noël.
Victor est retourné au Mans avec Emma.
Le lycée lui sort par les yeux, comme c'est mal organisé, comme ils sont injustes, comme... Le BAC à venir le stresse. Il a hâte que cela se termine (et il n'est pas le seul!).
Clovis est sorti ce week-end.
Si, si, il est sorti!
Il a dormi chez une copine, un anniversaire.
Arthur c'est gentillement moqué (est-il le mieux placé pour se moquer lui qui sort si peu?): "Il change, il change!"
Suzanne n'a plus mal au ventre.
Je répète, Suzanne n'a plus mal au ventre!!!
Le régime sans lactose semble fonctionner!!!
Bon la dame de la cantine fait sa tête de lard et ne lui donne rien en remplacement du yaourt au menu mais elle ne sait pas à qui elle a à faire. Suzanne part avec des compotes et des fruits en réserve dans son sac en attendant de mettre en place un PAI. 
Et moi?
Ben... Migraine (ça faisait longtemps), fatigue, lassitude...
Et en plus, p*t**n ça faisait longtemps, j'ai attrapé des poux.

dimanche 11 février 2018

Hier c'était les 10 du 10.

Mais, cela devient récurant cette histoire, j'ai zappé le défi photographique.
Le thème était "La vie en rose".
Et si j'ai pris bien plus de 10 photos hier aucune n'est en rose.
Il y du blanc, de l'or,...
...de l'étain,...
...mais pas de rose.
Il y a même, contrairement aux jours précédents,...
...du bleu et du vert.
Et un Victor emballé, emballé, par la station de ski à domicile.
Avec Suzanne ils ont fait descentes sur descentes.
Gilles en faisant une de temps en temps.
Emma admirant son héros.
Moi, profitant de la lumière et de la neige bien dure pour crapahuter,...
j'ai pris des photos, pris des photos...
(sur la toile il y en a qui commencent à se lasser des images de neige)
Voilà, pas de rose hier.
Non, pas de rose.
En rentrant j'ai appris la nouvelle redoutée.
Depuis l'annonce du diagnostique funèbre.
Tant de peine, et ce sentiment d'injustice, encore.
Et des mots trop petits, incapables de soulager, de soigner, la douleur de la perte.
Tout juste arrivent ils à dire le soutien, et l'amitié. En espérant réchauffer, un peu...

samedi 10 février 2018

Neige, suite.

Jeudi soir Victor s’inquiète: auront-ils un bus pour rentrer vendredi soir? 
Un nouvel épisode neigeux est prévu. Et un froid glacial.
Je fais comme d'hab, je lui demande d'avoir confiance (Et puis s'ils ne peuvent pas rentrer vendredi soir ils rentreront samedi matin. Ce n'est pas comme s'ils étaient dehors, hein? Et je pense à ceux qui sont vraiment dehors. Ou qui vivent dans des logements insalubres (un des élèves de l'école s'est brulé avec un radiateur)).
Vendredi, 8 heures, -7°, je prends la route dans un brouillard givrant très...
Esthétique.
En roulant tranquille, alors que la neige commence à tomber, j'arrive à l'école à l'heure pour accueillir, avec mes collègues, ceux qui ont pu venir.
Dans ma classe 9 élèves.
C'est cool pour faire de la poésie. Et des problèmes.
"Oh, maîtresse! On dirait des bouts de nuages qui tombent!"
Voilà! Ça c'est c'est image poétique!
(Voyez l'instit qui fait feu de tout bois. Enfin qui fait boule de tout flocon...)
Récré boules.
"Maîtresse!!! Il m'a lancé une boule de neige!!!"
"T'as vu notre bonhomme? Je lui ai mis mes gants pour faire des mains parce qu'on a pas de bouts de bois."
Et en classe, en rentrant.
"C'est cool d'être chaussettes en classe mais ça pue un peu, non?" (heureusement ils ne sont que 9)
Et...
"Maîtresse! Je suis mouillé, j'ai froid!"
"Mais non, je ne vais pas enlever mon pantalon pour le mettre sur le radiateur!! On verrait mon caleçon!" (Gloussement des autres).
C'est le même qui n'a pas voulu mettre des bottes parce que ça fait "pecnot".
Voui... 
Heureusement pour lui le vendredi la journée de classe se termine à 12h15.
Moi je me tâte...
Je regarde la carte actualisée du conseil départemental sur l'état des routes et, tracé jaune, praticable, je me lance.
En effet la départementale est praticable si on ne fait pas le kakou (comme cette pétasse au volant d'un 4x4 et qui téléphone!).
Mais quand je tourne sur la voie communale...
La voisine, que j'ai croisé, a fait la trace, mais je roule au pas, tranquille mimille.
C'est tout bon jusqu'à ce que je me lance dans un créneau pour me ranger devant la maison. Ça patine... La voiture reste en crabe. Heureusement mon héros, arrive, avec sa pelle, pour dégager le secteur nécessaire.
Voilà.
Voilà.
Repas et sieste.
Quand j'émerge après 3/4 d'heure les oiseaux pépient à qui mieux mieux.
Ravis qu'ils sont du retour du soleil.
Ils se précipitent, par vagues, sur le pain et les grains disposés à leur intention.
Je chausse mes bottes (moi je n'ai pas peur de faire pecnot)...
...pour faire un tour au jardin.
C'est beau! Il fait presque chaud!
Les poules sont ravies des soins apportés par Gilles.
La paille c'est drôlement plus confort que ce truc froid et blanc!
(quand elles s'aventurent, pour me suivre, elles s'appliquent à ne rester que sur une patte à la fois)
Une histoire se raconte dans la neige.
Tout est en courbes douces.
Suzanne pique quelques graines aux oiseaux pour terminer son mini bonhomme.
Et je peux rassurer Victor, il y aura bien un car pour les ramener (service rétabli à 15h).
Voilà...
La météo annonce encore du froid. Mais plus de neige.
Mais nous avons décidé de renoncer. Cette semaine a été fatigante et le risque de verglas reste bien là. Rester bloqués quelques part en région parisienne, très peu pour moi. Je n'irais pas avec Victor et Emma à Roubaix ce samedi aux portes ouvertes de l'école qui fait rêver.
Ca tombe bien Victor a prévu de faire quelques descentes avec ses frères et soeur.
Avant que la neige ne disparaisse...