dimanche 22 octobre 2017

Contre vents et marées. Suite.

C'est la suite de ça.

Nous avons salué Marseille et le navire s'est ébranlé.
Comment un tel mastodonte peut-il se déplacer?
Je suis restée longtemps appuyée au garde corps. J'ai regardé s'éloigner doucement les étendues goudronnées des quais, les hangars,  les grues qui bordaient les collines pelées.
Le soleil méditerranéen dorait les gris, les bruns, les noirs de la côte.
La mer bougeait à peine. Et j'avais l'impression que s'était la terre qui s'éloignait de nous. Qui glissait doucement vers l'oubli? 
Le pont s'était vidé peu à peu. Les voyageurs devaient être en train d'explorer leur nouvel environnement. Seules les mouettes, les goélands?, accompagnaient mon regard.
Elles tournoyaient, montaient, descendaient. Un ballet aérien du bleu du ciel au bleu de la méditerranée.
Les mouettes ne se posaient surement pas de questions quand elles s'envolaient.
Le vol, le voyage, n'était pas une aventure pour elles.
Elles vivaient en mouvement. 
Oui. Et je restais sur cette impression bizarre de mouvement immobile. Sans doute l'inertie de l'énorme navire. Une ville flottante était fier de nous dire le commandant dans son discours, bien rodé, d'accueil...
Décidément drôle de manière de prendre la mer. 
Mais j'avais signé. Et la nouvelle direction de ma vie allait vers les Caraïbes. En commençant par la traversée de la méditerranée entre Marseille et Grenade.
Une journée en mer. Une journée pour apprendre à se connaitre. Un peu.
Lola est entrée en scène.
"Mes amis, vous avez fait connaissance de Salomé. Elle voulait prendre la mer et elle a accepté de le faire avec nous. Je n'en sais pas plus. Je vous ai présentés à elle de façon tout aussi succincte et vous êtes libres d'en rester là ou de vous livrer plus".
Ah, Lola, la coquine! Petite femme mince et tordue, un peu, autour de sa canne. Elle avait les yeux d'un bleu si clair qu'ils en paraissaient transparents, et les cheveux si courts qu'on pouvait croire quelle portait juste un bonnet blanc. Je savais d'elle qu'elle avait des enfants qu'elle trouvait "trop sérieux". Elle ne m'avait jamais parlé d'un mari, d'un compagnon. Il avait pourtant du exister, non?
Gisèle, elle, avait beaucoup à dire. En vrac, en urgence... Elle était "vieille fille", n'avait pas trouvé "chaussure à son pied". C'était compliqué, elle s'était longtemps occupée de ses parents... Elle avait travaillé dans un bureau, le même, pendant 40 ans. Et depuis sa retraite elle tournait en rond dans son petit appartement. Sa vie... Les larmes lui sont montées aux yeux...
Je lui ai pris la main, lui ai serré doucement.
"Ta nouvelle vie commence ici". 
Elle a sourit. Cela a plissé ses joues rondes autour de ses yeux marrons. Elle a relevé la tête, ses cheveux raides et gris se sont balancés mollement sur ses épaules basses.
Monique a levé les yeux au ciel, exaspérée, a tapoté sa coupe de cheveux élaborée, sa teinture méchée, remis en place ses lunettes de créateur. Elle n'a rien ajouté, elle a proposé d'aller boire un verre dans un de ces bars so chic avant de se préparer pour la soirée spectacle organisée pour fêter le départ.
Ok Monique, tu veux la jouer grande dame? C'est bon pour moi. Ai je pensé.
Lola m'a adressé un clin d'oeil, Monique a serré son sac sur ses genoux. Très reine mère.
Nous nous sommes retrouvés dans un bar doré.
Oui, doré. 
Lucien s'est assis, s'est calé dans le fauteuil.
Et a sorti un bouquin. 
Qu'il a délicatement ouvert de ses mains fortes.
Remarquant que je l'observait il m'a sourit mais n'a rien dit. Il a penché sa tête chauve et lisse vers son livre, ses yeux verts courant sur les lignes. Sans accorder plus d'importance à ce qui pouvait bien se dérouler autour de lui. Sans plus s'occuper de moi.
J'ai cherché pendant une minute des indices de ce qu'il était, de ce qu'il avait été mais le tableau était brouillé: mains de travailleur,  corps charpenté, un peu raide et langage élaboré. Grande confiance en lui. A moins que ce soit de l'indifférence?
Son livre pourrait peut être m'en dire plus?
Le dernier Dan Brown.
Décidément cet homme me plaisait de plus en plus!
Je suis allée chercher les commandes de ma petite troupe et je me suis tournée vers la salle. Chic en effet. Kitch aussi, le contraire de la sobriété, des spots, des miroirs...
J'ai du faire une grimace parce que Lola a éclaté de rire.
Gisèle ouvrait la bouche comme un poisson hors de l'eau alors que Monique, très à l'aise, souriait dignement pendant que Lucien sirotait sa bière en tournant les pages.
Voilà...
Malgré le lieu, à mille lieux de ce que j'avais connu jusque là, à mille lieux de ce que j'avais imaginé en quittant ma vie d'avant (si j'avais imaginé quelque chose...), je me suis détendue. J'ai levé mon verre à ce départ et j'ai profité du moment.

vendredi 20 octobre 2017

Je me suis rapellée de mon dernier cauchemar...

Je l'avais oublié au cours de la journée, au cours de la dernière nuit, plus paisible (Suzanne me donne 4 gouttes de ses fleurs de Bach et... C'est nettement mieux!). 
Et puis, bizarrement, d'un coup, comme ça, en montant dans la voiture pour aller au boulot, au milieu des pensées organisationnelles, conseil d'élèves, fiche de lecture, et tout le tralala, c'est remonté! 
Il m'avait réveillé haletante, à 2 heures (et en avait suivi deux heures d'insomnie):
Cette fois il était question de mon appareil photo.
Le boitier était cassé. Cassé, cassé!
Ouvert, béant. Et il déversait sur la table du sable et des petits morceaux de papiers multicolores... On avait beau me dire que j'avais encore mon téléphone portable pour faire des photos rien n'y faisait, je restais plantée, navrée devant le boitier éventré au milieu du sable et des couleurs vives éparpillées.
C'est bizarre le cerveau. Ou alors c'est moi qui suis bizarre.
En tout cas ces cauchemars sont un signe d'un épuisement, physique et nerveux c'est certain.
Les vacances qui commencent ce soir sont les bienvenues!!! 
Je n'en apprécierai que mieux la joie de Victor de retour de Marne la Vallée. Que du bon! Et un stage en perspective!!!
(photo gentillement fournie par Emma)
N'est ce pas?
Un mois à Lille, un mois à Marne la vallée.
Du coup j'ai besoin d'un coup de main...
Pas pour le loger à Lille, il va chez Manou.
Mais pour acheminer là bas son ordi. 
Y a t-il quelqu'un qui ferait le trajet vers Lille d'ici 8/10 jours? 
Victor prend un Ouibus mais son ordi (un beau, avec des guirlandes lumineuses qui clignotent en suivant un rythme)...
Et puis... Pour le mois de décembre, à Marne la vallée...
C'est extra, trop top, trop super top (comme Lille, c'est le genre d'entreprise qu'il voulait ABSOLUMENT) mais... Qui qui peut me le loger pour un mois?
Bon et puis...
Simon a eu son permis.
Oui, celui moto.
Bravo mon gars!!! C'est super!
(mais quelle angoisse pour une mère! 23% de plus de mourir à kilomètre égal... Oui, c'est Simon lui même qui me l'a dit... Voui...)

jeudi 19 octobre 2017

Genre...

A 21 heures je dors.
A une heure, ou deux heures, je me réveille en sueur.
Je me rends compte que ma main est toute tachée de noir. Et personne ne m'avait rien dit. Je vais me laver et là je me rends compte que la moitié de mon visage est taché lui aussi. Et que cela ne part pas.
Ou bien...
La fissure de la maison s'écarte, s'écarte...
Elle est partie pour s'effondrer et je suis impuissante.
Et cette nuit un autre cauchemar. Heureusement je l'ai oublié en cours de journée...
Et Gilles et Suzanne qui font des concours de bâillements.
Clovis qui dort dans le bus, à l'heure du repas, dans le bus, en... (il résiste mais il a envie, en cours).
Pendant ce temps là Victor, avec Emma, a pris le bus, puis le train, jusqu'à chez Disney. Il y a passé un entretien très positif. Puis ils ont pris le RER, ont fait un tour à Paris avant de reprendre le RER jusqu'à chez Michel et Martine, merci, merci! Il ont même refait un tour à Paris avec Michel, les champs Élysée, la tour Eiffel... Avant de reprendre le train, puis le bus pour rentrer... Ravis!

lundi 16 octobre 2017

Brumeuse et lumineuse fin de semaine.

Vous l'avez compris, je suis fatiguée, tendue.
Usée même.
Mais, un pied devant l'autre, je vais.
En essayant de m'épargner mais... Jeudi:
Donc vendredi,...
...après la classe, après le repas chez maman, après un après midi au bureau,...
...après le dépouillement des élections de parents,...
...je suis allée au Mans récupérer Emma, et ses affaires, puis Victor, et les siennes. Tout le barda parce que, stage oblige, à Rennes pour Emma, à Lille pour Victor, ils ne reviendront qu'en 2018.
Donc pendant que Victor chargeait ses affaires, j'ai bavardé avec Annaïg et Hervé. Des vacances à venir qui seront plus que bienvenues. Puis sommes partis, puis, au bout de quelques kilomètres, sommes revenus, Victor avait oublié de rendre la clef... Cela nous a permis de prendre quelques photos colorées. Nous sommes rentrés.
Quand je me suis couchée j'ai mis le réveil (je sais que c'est inutile puisque je me réveille sans mais...). Et c'est le réveil qui m'a réveillée! Après une mauvaise nuit, comme toutes celles ces derniers temps. Gilles a ronchonné "Mais pourquoi tu te lève?"
Surtout que la migraine du samedi était bien là.
Je me suis levée pour pouvoir emmener Victor chez la reflexologue.
Et aussi, peut être, pour ne pas rater cette photo:
Ça aurait été dommage de ne pas la faire...
J'en emmené Victor, je suis rentrée.
J'en ai profité pour faire quelques autres photos.
Ces derniers temps j'ai négligé mon appareil.
Puis il y a eu l'atelier d'écriture, avec migraine, et sans le correspondant du journal local qui nous a fait faux bond.
La migraine m'a poursuivie jusqu'en fin d'après midi...
Alors je me suis détendue...
Et dimanche matin j'ai écrit, je me suis reposée...
Le temps était si beau que j'ai passé une heure délicieuse, l'après midi, sur la chaise longue, au soleil.
Comme un écho de l'été...

dimanche 15 octobre 2017

Contre vents et marées, suite.

Le début est là:

Partir, oui, mais comment? Je n'ai aucune compétences maritime. Je n'ai jamais pris la mer...
J'avais du penser tout haut. Lola, les yeux sur l'horizon infini, m'a répondu:
"J'ai une idée. Une idée folle... Si tu acceptes nous partirons. Cela demande juste un peu de temps, un peu de préparation". 
Elle m'a jeté un regard en coin, m'a fait un clin l’œil et m'a expliqué son plan. Cela faisait des mois qu'elle mijotait ça et tournant en rond dans sa maison de retraite, sa "résidence sénior".
Et son plan impliquait de liquider mon logement, le sien, celui de trois de ses amis.
Oh? Dans quoi étais je en train de m'embarquer?
Cette fois encore Lola m'a glissé une œillade amusée: "Mes amis te plairont, ils ne sont pas vieux, en fait, il ont de l'âge. Et, comme moi, ils ne veulent pas se dissoudre gentillement hors du monde. Le monde, grâce à ton soutien, nous allons le parcourir!"
Quand je me suis inquiétée du coût Lola a ri.
"Tu as une idée de ce que coûte une chambre en EHPAD? En maison de retraite? En foyer logement? Même en comptant les courts séjours entre chaque "rotations", que nous pourrons passer chez nos enfants, nous serons encore à la moitié de ce que nous payons pour le moment. Et avec le service en plus!"
Oh...
"Même en payant ton billet, ton "indemnité" de dame de compagnie, nous serons encore gagnants."
Encore gagnants...
Lola a sorti son portable (surprenante Lola!) et a appelé l'une de ses connaissances, un type hirsute et quasi muet qui nous a ramené en ville dans sa Deuche.
Et c'est là que j'ai commencé à préparer vraiment le départ.
Démarches administratives, transferts de comptes, élaboration d'un contrat de travail, réservation. Et Lola avait raison!!! Elle et ses amis dépensaient entre 2500 et 3200€ par mois pour avoir un chez eux adapté. Pour un peu plus de 1000€ ils seraient logés, nourris, service 24 heures sur 24, amusés, transportés. Idem pour moi!
J'ai pris le train, j'ai vidé mon studio, quelques cartons dans le garage d'une copine: "Tu vas où? Non? Mais tu es sure que ce n'est pas une arnaque?"
Non, je ne suis sure de rien mais je me jette à l'eau...
Enfin, je me lance dans l'aventure avec Lola.
Voyager, traverser l'atlantique par des chemins détournés.
En commençant l'aventure par Marseille.
Par Marseille où c'est fait la jonction.
Avec Lola, Gisèle, Monique et Lucien.
Nous nous sommes rencontrés dans un café.
Lola jubilait, Gisèle affolée par tant d'audace ressemblait à un lapin pris dans les phares, Monique sur son trente et un, vérifiait, encore et encore, son sac à main, papiers, médicaments, Lucien semblait impassible. J'ai respiré un bon coup, c'est parti! Et je leur ai fait deux bises chacun. Dame de compagnie j'étais devenue. J'ai fait un clin d’œil à Lola, qui a rayonné, j'ai posé ma main sur celle de Gisèle, qui a soupiré, j'ai proposé à Monique de prendre en charge son barda, qui m'a filé le "bébé" et j'ai demandé à Lucien comment c’était passé son voyage. Lucien a souri et m'a parlé du bouquin que le voyage en TGV lui avait permis de lire.
Et je me suis dit que nous étions fait pour nous entendre...
Puis le voyage a commencé, par un trajet en taxi. Deux taxis, réservés pour transporter mes "petits vieux" et leurs bagages jusqu'au terminal croisière. Nous sommes descendu au pied d'un navire immense, un vrai immeuble flottant, blanc, avec des lignes jaunes.
Lola, vive et rapide malgré sa canne, sa valise à roulettes rose qui sautille derrière elle.
Gisèle, tétanisée, un sac, une valise, un sac, une valise...
Monique, une valise griffée, un vanity case, un foulard, des lunettes.
Lucien, son livre.
"Lucien? Où sont tes bagages?"
Ok... J'y vais. Opération récupération de bagages oubliés.
J'avais bien fait d'anticiper. Lola glousse: "Je savais bien que tu ferais l'affaire".
Bagages confiés aux porteurs je soupire.
J'ai réussi. La première étape.
Et la seconde aussi, installation de chacune, de chacun, dans sa cabine. L'une des 1500...
J'ai fait le tour de mes protégés, Lola qui commence à fatiguer, Gisèle muette d'admiration devant tant de luxe, Monique qui teste le moelleux du lit, Lucien qui déballe son appareil photo. "J'aurais été très triste de le perdre! C'est un cadeau de ma petite fille. C'est un numérique. Et le numérique c'est génial parce qu'il n'y a pas besoin de pellicule".
Chacun a trouvé ses marques, j'ai posé mon sac de voyage dans mon nouveau domaine, beige et corail, "playstation sur demande" (?!) et je me suis dit que c'était une bien curieuse façon de prendre la mer.
Puis est arrivé le moment du départ et, tout les cinq, nous sommes montés sur le pont pour dire au revoir à Marseille, au revoir à la France, au revoir à la terre.
Nous n'avions personne sur le quai pour agiter un mouchoir mais nous avons fait un signe de la main.
Au revoir...

vendredi 13 octobre 2017

43...

43 jours depuis la rentrée.
Et j'ai l'impression d'être comme ce "Space invader" minuscule et caché en bas d'un mur à Blois (c'est la seule œuvre de street artist que j'ai détecté le long du parcours de la manif mardi et j'ai l'oeil...):
Je suis à plat... Je rampe de tâche en tâche, de la classe au bureau, du bureau aux élèves, des élèves aux demandes institutionnelles, de la classe à la maison, la maison où j'arrive harassée, décalquée. Je cours derrière les réunions, j'organise, mais je vais oublier, c'est sur, quelque chose... Je patauge... Je sens que je vais rater quelque chose. Rater quelqu'un. 
Pourtant les nouvelles sont plutôt bonnes, Victor a trouvé, seul, un stage, à Lille. Il a assuré son entretien par skype. Il a aussi décroché un entretien chez Disney (j'ai organisé l'aller retour chez la souris mais je ne m'en souvenais plus...!).
Mais je sens que...
J'ai l'impression de croiser Gilles, de négliger Suzanne qui désormais se débrouille seule le matin.
Et demain le correspondant du journal vient nous voir à l'atelier d'écriture à la médiathèque... Je... N'aurais pas le temps de faire du beau avec les textes déjà écrits. Je ne sais pas quand je vais pouvoir écrire celui prévu...
43 jours... Mes petits carreaux se décrochent.

mercredi 11 octobre 2017

Les 10 du 10. Publiées le 11.

Je fais rapide, je n'ai pas le temps.
Le thème du mois: O de octobre.
Je retiens le O.
Je retiens la forme du O.
ManifestatiOn.
PrOtestation.
FonctiOnnaires.
ConditiOns de travail.
RénumératiOns.
Jusqu'à la LOire.
A BlOis
Où nous étions 1200 manifestants.
VOilà.