jeudi 30 janvier 2020

De l'élasticité du temps.

Déjà fin janvier. 
1/12éme (nous sommes en plein dans les fractions, avec les CM1) de 2020 déjà passé.
Mais que cet hiver est long et fatiguant.
J'ai l'impression de rouler, rouler, la voiture atteint les 320 000 kilomètres (et doit passer au contrôle technique au mois de février).
J'ai l'impression de manifester, manifester... J'ai décidé de ne plus argumenter auprès de mes collègues qui ont déjà renoncé. Je comprends. Nous crions dans le désert. Personne ne nous entend, Le gouvernement et "notre" ministre ne veulent pas nous entendre. Leurs objectifs n'ont aucun rapport avec les gens. Ils travaillent pour les leurs. Et nous, petits sherpas, ne sommes rien que des pions à écarter.
Et puis le quotidien est usant aussi. Au travail lutter pour essayer de faire au mieux avec si peu.
A la maison idem.
Hier la migraine qui me tenait depuis mardi m'a coupé les jambes.
Je ne suis pas allée jeter de vieux manuels sur le pont Gabriel.
Je ne suis pas allée à la médiathèque.
Je ne suis allée nulle part j'ai essayé de sortir la tête de l'étau.

mercredi 29 janvier 2020

Projet 52/2020, mon thème pour la semaine 6:

 Virginie offre aux participants de son défi de donner un thème, alors voici le mien:
"Bizarre, vous avez dit bizarre?"
Photo pour le dimanche 6 février.

dimanche 26 janvier 2020

Projet 52/2020: les 4 saisons: l'hiver.

Projet photo avec Virginie.
En cette 4éme semaine: l'hiver.
Froid, humide, brumeux.
Avec une grosse aspiration d'autres moments, d'autres temps, d'autres projets...

samedi 25 janvier 2020

0.1%

Vendredi matin, 7h30, tractage à lycée. 
Clovis m'a surveillée du coin de l’œil, près à fuir, s'il me prenait l'idée saugrenue (avec il faut s'attendre à tout avec moi, n'est ce pas?) de venir lui faire une bise.
Bien entendu je me suis parfaitement bien tenue. Je n'ai même pas repris les slogans "de beauf" de la CGT (il serait content le Patoche, s'il l'entendait!), je me suis contentée de tracter (j'étais la seule à avoir des tracts à distribuer...) et à retourner des questions au gars ducomissariatquin'apasledroitdegrève.
Puis j'ai filé au boulot (oui, je sais un jour de grève...) régler un ou deux trucs.
A 10h30, avec ma codirectrice, nous avons rejoint les grévistes et les gilets jaunes sur le rond point de la route de Tours. Barrage filtrant, glaçant.
Les gendarmes présents se sont montrés très fâchés quand une grosse berline rutilante est montée sur le talus et à tenté de forcer le barrage. Du coup elle y est restée, sur le talus. Et sur barrage.
 Bref, c'est avec les pieds gelés que nous sommes allées manger à la maison.
Restaurées, et réchauffées, nous sommes reparties pour Blois, pour manifester, bien sûr.
Au moins, en marchant, on a pas froid.
D'autant plus que nous étions, au départ, coincées entre le haut parleur de la CGT dont le micro était entre les mains d'un qui avait du correctement participer au barbecue participatif (sur le rond point c'était soupe ou vin chaud) et celui de FO qui diffusait du Punk (?).
Un saut de flotte est tombé, courageusement, des étages...
Prise de parole...
...à l'entrée du pont Gabriel.
Je fait quelques pas de coté pour faire des photos.
La Loire est belle.
Le cortège repart.
Cette fois nous sommes à coté de la chorale des NPA.
"Macron on t'encule pas. La sodomie c'est entre amis"
Voui...
Préfecture: les baies vitrées sont "décorées", les "EDF" jettent leurs vestes...
0.1% (dixit Blanquer) mais là...

mercredi 22 janvier 2020

A cheval sur...

Fin de semaine à organiser la suivante...
La classe se fera sans moi mardi.
Et sans moi vendredi. J'espère, encore, ne pas être en minorité.
Mais avant d'en arriver là, laissant Gilles, épuisé, dormir ("réfléchir" dirait-il) sur le canapé, Suzanne et moi sommes allées passer la soirée à la médiathèque pour la nuit de la lecture.
Les chaises se sont remplies, les professeurs des écoles de musique de l'agglo se sont installés.
Emilie s'est perchée devant son chevalet.
Et ils ont "dialogué.
C'était très chouette! 
Le public, varié, petits, grands, plus vieux, a prit beaucoup de plaisir à suivre l'histoire et les aventures de Peer Gynt.
Puis est arrivé le temps du jeu. Et Suzanne, après m'avoir donné un coup de main, était ravie que j'ai gagné 20€ de livres en bon cadeau en participant au quizz littéraire. 
Nous sommes rentrées tard. Mais pas assez tard, visiblement, pour que quelqu'un, à la maison (il ne restait plus que Gilles et Clovis, Victor et Emma étaient de sortie romantique: 4 ans qu'ils sont ensemble) n'ait pris en charge la préparation du repas... Voilà.
Le reste du week-end a été à l'avenant.
Lessives, repas. Et repos (on a, un temps, envisagé d'aller au ciné mais rien ne nous a tenté).
Lundi, au bureau, j'ai, comme d'habitude, commencé des trucs que j'ai terminé plus tard, bien plus tard, quand j'ai eu réglé toutes les tâches intermédiaires et plus urgentes qui se sont ajoutées à liste.
Moui.
Puis je suis rentrée, rapidement lavée (lessive lancée: le chat d'Arthur, visiblement mécontent que son maître ne soit toujours pas rentré, a fait pipi et caca sur notre lit!!! Eurk!), j'ai, aussi rapidement mangé, j'ai demandé, en enfilant mes chaussures, mon manteau, mon écharpe, mes gants, à Clovis comment c'était déroulée sa première E3C (par la même occasion je lui ai demandé la signification de l'acronyme: il ne savait pas) et j'ai filé au club photo. Où nous avons mangé  la galette entre des photos de vis et des clichés de reflets divers et variés.
Quand je suis rentrée Gilles était couché. Couché!!! Avant moi?
Il va neiger?
Mardi j'ai pu, c'est rare, emmener Clovis au lycée où il passait sa seconde Épreuve Commune de Contrôle Continu (E3C: quand je ne sais pas je cherche. Clovis: "Moi je m'en fout de savoir ce que ça veut dire". Les profs: "C'est du grand n'importe quoi! Du bricolage, de l'enfumage, du démontage de service public..."), et Suzanne au collège. Parce que c'était sur ma route, et dans le bon créneau horaire, pour cette "escapade" hors de la classe.
Hors la classe mais en plein dans sa réalité.
Ce mardi j'ai participé à un stage (Inespéré en ces temps de disette au niveau de la formation) intitulé "Gérer les conflits".
Arrivée avec une petite demie heure d'avance (c'était calculé, je savais, en voyant le ciel au long de la route que je pourrai "exploiter" cette avance pour faire des photos dans le parc de l’Évêché tout proche. Je n'étais pas la seule...) j'ai pu profiter du lever de soleil sur la Loire et derrière Jeanne d'Arc.
J'ai ensuite rejoint une petite dizaine de collègues (une fois que j'ai trouvé la salle où se déroulait la formation) et trois intervenantes pour une matinée de théorie forte intéressante et une après midi de "mise en situation" où je me suis rendue compte que j'utilisais déjà les bons "trucs" lors des situations de crise que je rencontre.
Et vous savez quoi?
Cette formation aura une suite!
Une seconde journée sur le harcèlement.
Dommage, oui, dommage, que ces formation ne touchent que si peu de collègues (et pourtant elles ont doublé les dates tellement il y a eu de demandes (Tu m'étonnes!)).

dimanche 19 janvier 2020

Projet 52/2020: rouge.

Projet photo avec Virginie.
En cette 3ème semaine, le rouge.
J'aurais pu choisir ma photo de banderole, très rouge, ces derniers jours.
Mais je choisis celle ci:
Dans le noir la lumière éclaire le chemin.
Rouge.
Comme une allégorie...
Mais j'aurais pu choisir ce rouge là:
Le vieux monsieur en rouge.
Il a remonté toute la manifestation, à toute vitesse avec son déambulateur, pour se placer juste derrière la banderole, au plus gros des chants et des slogans.
Pourtant il l'a déjà, lui, la retraite.
Ce sont les retraités, qui font le gros des cortèges, qui nous arrêtent le long des rues pour nous encourager...
Alors j'aurais pu choisir cet autre rouge:
Une aspiration forte au soleil, au repos...

samedi 18 janvier 2020

Lettre aux générations qui se succèdent.

Mes chers enfants,
(jeudi 16 janvier, le matin à Vendôme)
Je suis dans la rue, une fois par semaine, depuis presque deux mois.
Non pas pour défendre un statut depuis longtemps déchu (voyez la "crise de vocation des enseignants).
Non.
Non pour défendre ma retraite.
Qui, comme j'ai déjà "engrangé" 33 annuités, ne sera impactée par la réforme qu'à la marge (grosse marge quand même: genre deux ans de plus de "carrière" à effectuer grâce à ce fameux âge pivot/d'équilibre).
Non.
Ce n'est pas pour le plaisir de me promener en ville accompagnée de quelques personnes motivées que je perds un trentième de salaire à chaque fois.
Nous n'arrivons déjà pas à terminer les fins de mois...
Si j'y suis, dans la rue, si j'en suis, de ceux qui veulent le retrait de cette reforme (destruction) des retraites, c'est pour vous. 
Pour vous, mes 5 enfants, pour vos cousins, vos cousines, pour mes élèves, pour ces jeunes qui nous regardent passer avec nos pancartes, qui nous écoutent chanter des slogans et des chants.
Pour ceux à qui l'on intime l'ordre de travailler pour gagner de quoi acheter un costume, en traversant la rue pour trouver ce travail sans quoi ils ne sont rien.
(jeudi 16 janvier, l'après midi, à Blois)
Parce que bientôt, bien plus tôt que vous ne le croyez, la reforme vous allez la prendre de plein fouet.
Quand, alors que vous galèrerez, comme nous, ascenseur social abattu avec l'école, avec l'hôpital, avec les services publics, vous vous retrouverez avec la charge de vos parents.
Retraites plafonnées à 14% du PIB, alors que le nombre de retraités augmente. Même mes CM1, en plein dans la leçon sur les fractions, comprennent que la part de chacun va diminuer.
Le point de retraite augmenté (qui y croit?) ou diminué (pas comme le budget de l’Élysée) par les mêmes qui offrent des cadeaux fiscaux aux plus fortunés.
Vous allez vous retrouver avec vos parents sur les bras.
Et ce n'est pas les 1000€ de retraite garantis (pour une carrière complète) qui doivent vous rassurer: le seuil de pauvreté est à 1 026€. 
Vous allez vous retrouver avec la charge de vos parents.
De quoi vous assurer de beaux jours et de quoi se faire retourner dans leurs tombes ceux qui ont gagné ses droits sociaux (que l'on croyait, naïfs, être des acquis sociaux) au prix de luttes âpres, au prix de vies, aussi.
Oui, chers parents, grands parents, arrières grands parents,
Réforme après réforme, rouleau compresseur, les puissants au pouvoir (du capital) mettent à mal ce pour quoi vous êtes battus, en 1968, en 1945, en 1936.
La solidarité nationale disparait au profit du chacun pour soi.
Individualisation des "droits".
Et si tu n'y arrives pas, si tu n'a pas bien travaillé à l'école (si tes parents n'avaient pas les moyens de te payer des études supérieures), si la vie (ou tes mauvais choix) t'a amené à devoir élever seul-e les enfants que tu as mis au monde sans en avoir les moyens, ben tant pis...
Tant pis?
A moins qu'il y ai un sursaut?
Allez vous vous laisser faire?
Le rouleau compresseur vous lamine...
A moins d'un coup d'éclat ils ne nous écouterons pas.
Aussi, s'il vous plait, chers enfants, jeunes et moins jeunes, rejoignez nous dans la grève et dans les manifestations ce vendredi 24 janvier.
Pour vous, vos parents, et ceux qui, avant vous, se sont battus pour vos droits.

jeudi 16 janvier 2020

Aë, aïe, aïe! Ouille!

Mais heu... 
Ce n'est plus la pleine lune pourtant!
Mais les planètes doivent nous jouer des tours...
Vendredi Gilles s'est brûlé, au boulot, en nettoyant les friteuses (avec l'eau de nettoyage, pas avec l'huile). Il l'a signalé "Oh, mais il faut faire attention M Allet!", mais il n'a pas été chez le toubib (il n'y a même pas pensé, je crois).
Du coup il vient se coucher, à pas d'heure, comme d'hab, en gémissant (parce qu'il vient de mettre de la crème et ça fait maaaalllll!!!), ce qui me réveille, puis s'endort. Sans remords. Contrairement à moi (qui ne me rendors pas. Sans remords non plus pourtant).
Depuis dimanche Suzanne, pale comme de la craie (et, semble t-il, aussi friable), a la nausée, mal à la gorge, dans le cou, à la tête (Alouette!). J'ai dû quitter mon bureau et mes comptes rendus urgents pour aller la chercher au collège lundi matin.
Il faisait nuit noire quand j'ai déposé les dossiers d'orientation (avec les comptes rendus dedans) dans la boite aux lettres de ma supérieure.
Je venais de croiser Simon qui rentrait d'une journée de formation. Il était tout surpris de me croiser en ville... Il croyait que j'allais au magasin bio "Pour acheter des trucs qui feraient râler les frères".
M'enfin!
Mardi j'ai conduit Clovis, trop épuisé pour se lever à temps pour le bus, jusqu'au lycée. 
En classe mes élèves n'étaient pas dedans (à moins que ce soit moi?).
Puis je me dépêchée de rentrer pour attraper Suzanne toussante et gémissante pour aller chez le toubib. 
Nous avons fait un crochet pour bisouiller les manifestants connus qui se rassemblaient pour une manif aux flambeaux. Suzanne y a gagné une lanterne (avec laquelle elle a bien failli mettre le feu à la table de cuisine autour de laquelle Simon et Cynthia nous avaient rejoint).
En  rentrant, avec un diagnostique de laryngite et avec le constat que si Suzanne n'a pas pris un gramme (depuis septembre), elle a bien grandi, nous avons trouvé la maison presque pleine.
Victor a raconté son test pour le permis moto. Il jubilait.
Simon a relevé l'ironie (involontaire?) du discours du grand chef qui se félicitait que beaucoup soient venus à la cérémonie de vœux. 
Auquel ils avaient été expressément convoqués.
Gilles a montré sa main et s'est fait plaindre.
Les chiens, entre autres, m'ont agacée. J'ai pris un coup de sang.
Je me suis couchée avec la migraine. Je me suis réveillé de même.
Avec Clovis nous avons poursuivi, et rattrapé, le bus pour le lycée. La migraine était là derrière l’œil droit.
Je suis rentrée à la maison, mercredi oblige mais pas pour longtemps. Elle était toujours là.
J'ai ouvert les volets, pris une ou deux photos (ça valait le coup!). Elle était toujours présente.
J'ai ouvert aux poules, sorti les poubelles, pris une ou deux photos. Elle ne m'avait toujours pas quittée.
J'ai pris la voiture et la route, pour une heure, jusqu'à l'école d'un village au bord de la Loire, pour une réunion avec des collègues. J'ai fait quelques arrêts photo. La migraine en arrière plan.
Je suis arrivée la première.
J'ai profité de cette pause, puis de la réunion, entre optimisme, on arrive à bien faire malgré tout, et désespérance, ce qu'ils font de l'éducation nationale est affreux, navrant, écœurant...
La migraine s'est doucement éloignée.
Je suis rentrée en traversant la Beauce, par les petites routes.
Je n'ai pas pris de photos, le ciel était bas, gris et les villages couverts de boue. Au sens propre (ah! ah! ah!), les routes les trottoirs, les panneaux "nappés" de gadoue.
Dans ces coins là on cherche les arbres...
J'ai rejoins la ville, j'ai fait le plein de la voiture (Aïe, Encore!) et je suis rentrée.
J'ai fait à manger, je me suis reposée, un peu, j'ai bricolé l'organisation d'un truc important et...
J'ai filé à l'atelier d'écriture, en retard, pendant que Gilles allait faire les courses.
Il a mis du temps à rentrer.
Parce qu'il a fini par comprendre qu'il devait se soigner, protéger sa blessure, alors il a été à la pharmacie. Où il s'est fait plaindre, où il a rencontré, M Machin, Mme Bidule, qui lui ont parlé de l'accident de Colette. 
Ah, oui, vous ai-je dit que maman s'était fait emboutir sa voiture, il y a une dizaine de jours, en s'arrêtant au passage piétons de la pharmacie?... 
Et sinon...
Je suis convoquée à une journée (une journée!!!! Très lointain est le temps où l'on partait pour un mois...) de stage sur "La gestion des situations de crise". 
Stage pour lequel j'avais postulé sans espoir de l'obtenir (pessimiste je suis!) et qui pourrait (pessimiste je reste) ne pas avoir lieu faute de remplaçant à envoyer dans ma classe (nombre de "formations" ont été annulées pour satisfaire une promesse faite par le ministre, sans concertation, à moyen égal, de donner aux directeurs un peu plus de temps de décharge. les remplaçants sont "redéployés"...).
Donc, je suis convoquée à une journée de stage, que j'ai demandé, et alors que je n'avais pas obtenu ce genre de "privilège" (stage demandé/obtenu) depuis des années, justement le jour où je reçois l'illustrateur dans ma classe...