mercredi 29 janvier 2014

D comme désir...

Oui, désir... 
(et là je vous arrête tout de suite, si je dévoile beaucoup de l'intimité de notre famille, beaucoup de mes sentiments, je ne franchirais pas le seuil de l'intimité de notre couple! Vous ne saurez rien de nos ébats: ceci ne vous regarde pas!)
Désir purement matériel, de chaleur, de douceur. Désir d'abri et de feu de bois...
Où est la lumière?
Désir d'harmonie, de calme. L'âge bête, le passage par le coté obscur de la force, engendre des frictions, des guéguerres de territoire (vivement qu'ils aient chacun leur chambre), des bagarres pour la nourriture (oui, oui, comme dans les âges reculés de l'homme...). Pourquoi le calme ne peut-il durer?
Désir de fluidité, de temps pour travailler. Dans la sérénité... Sans courir, toujours, après le temps, après les gens, après les réformes imposées,  après les rumeurs, après les luttes de (petits) pouvoirs... Pourquoi le temps file t-il si vite?
Désir de repos. De nuits longues, et chaudes, et reposantes... Sans "bip" de détecteur de fumée aux piles déchargées, sans "tululut" de téléphone portable déchargé, sans insomnie partagée... Dormir comme un bébé!
Désir de propreté, de pièces rangées, dépoussiérées. Chien, boue, gosses, linge propre à plier, à trier, à ranger, sacs de classe, sacs de sport, sac d'internat, linge sale, à collecter, à laver, à sécher, jeux divers et variés, jouets accumulés, dessins, collages, peinture... Encore, il faut recommencer.
Désir d'aboutissement. Mais où est-il? Mais où est-il? L'électricien? Sans lui pas d’installation... Il reste si peu à faire, mais sans lui point de salut! Passer à une autre phase maintenant!
Désirs comme une roue qui tourne, assouvis et renouvelés... Notre désir d'enfants, notre désir de famille, nombreuse, heureuse, notre désir d'un lieu, une maison à la mesure de nos ambitions... d'accueil. De partage.
Et les vôtres? Vos désirs?

lundi 27 janvier 2014

Boue, brume...

Samedi matin, réveil migraine et une mauvaise nouvelle, peut être un certain soulagement aussi,  apprise par mail... Mon amie Val est partie enterrer son papa.
Et il pleut, il pleut... Pluie et gadoue vont de paire et l'état de la maison me désespère, alors ménage, en sachant que cela équivaut à vider une mare vaseuse à la cuillère...
En milieu de matinée je conduit Victor à son cours de dessin et décide d'aller au marché par des chemins de traverse. La bruine, brume, enveloppe le paysage mais je sors l'appareil photo, me gare quelques fois, cherche le bon angle, la bonne composition...
"L'exercice" achève de faire disparaitre la douleur qui sourdait encore derrière mon œil droit. Je fais le marché avec une humeur beaucoup plus sereine, j'y prends plaisir.
D'autant plus qu'une copine que j'y croise me dis avoir inversé la courbe des mauvais jours. Yes! Et je croise une autre avec qui je parle, vie de la cité, place des femmes, démocratie malade... Il en reste, heureusement qui sont prêtes à se battre, des femmes qui ne sont pas, selon son expression, des "verres d'eau froide"!
Je récupère Victor et mets les pieds sous la table, Gilles a préparé le repas... Petite sieste et ces questions: "Va t-il arrêter de pleuvoir? L'électricien va t-il enfin venir (il a dit cette semaine et il ne reste plus beaucoup de temps pour quelle soit terminée, la semaine...)?
Bon... Retour sur le chantier... Où c'est le chantier! Là aussi il y a ranger!!!
Une petite couche de vitrificateur...
Une bonne soupe, un tour sur les blogs amis, un bon bouquin et dodo...
Une petite couche de vitrificateur...
Repas, sieste et chantier. Ah, zut! 
La meuleuse dont nous avons besoin est à la Maslerie!
Alors le temps que Suzanne enrichisse notre collection de peinture...
...et toujours sous la pluie...
...je vais chez Simon et Aurélie.
Là aussi c'est le chantier, mais ils sont plus avancés:...
Faïence de salle de bain,...
...conception des toilettes, sèches, en cours...
Dans l'entrée, c'est terminé, même les plinthes sont posées! Pas vrai Gontaz?
Bon, je ramène la meuleuse et Arthur se met au travail sans pouvoir aboutir (je lui ai demandé de retirer un "bourrelet" malvenu sur une barre de seuil), l'alu dévorant le disque... Bon, il aura essayé!
Au fait, avez vous vu l’œuvre qu'il a créée ces derniers jours lors de son stage? Il est plein de l’enthousiasme, de projets... Il fait des plans, se projette dans l'avenir... Et c'est bien.
Voilà, voilà, le week-end est terminé, il pleut encore, l'électricien n'est pas passé et la nuit fut courte (Clovis est arrivé en fanfare dans notre chambre à 2h20 cette nuit, Victor saignait du nez, crachait du sang, avait la tête qui tourne... Et Clovis est très sensible dès qu'il est question de santé... Et Victor n'était pas plus fier...)... C'est reparti pour une semaine...

vendredi 24 janvier 2014

Mes 70's.

Il y a quelques jours Loulou, reprenant une idée d'Adrienne, se souvenait...
J'ai eu envie, moi aussi, d'utiliser l'idée. C'est plus léger que mon dernier article et comme j'ai emprunté l'album photo de mes parents j'ai de quoi illustrer cette page "d'histoire"!
Alors je me souviens...

Je me souviens de ma maison de briques, du fil à linge dans le jardin et la tortue Caroline.

Je me souviens que j'étais si petite dans cette école si haute.

Je me souviens des haies de troènes, le long de la cour de l'école normale et derrière lesquelles je me cachais en attendant papa.

Je me souviens que Sylvie était là à chaque fois qu'une petite sœur arrivait.


Je me souviens des voyages de nuit, allongées sur la banquette et sur les bagages dans notre belle voiture, une verte....

Je me souviens des repas du dimanche plus formels, avec du poulet.

Je me souviens de la soupe au cresson de Bonne Maman et de ses îles flottantes...
Je me souviens de la présence silencieuse et bienveillante de Bon papa.

Je me souviens de leur immeuble immense...

Je me souviens d'avoir déménagé et encore d'avoir déménagé.
Je me souviens des images d'anges que nous offrait, parfois, quand nous avions été sages, la vieille fille qui donnait des cours de danse...

Je me souviens que je donnais la main, à Bénou sur le trajet pour aller à la danse.

Je me souviens qu'un jour nous avons eu la télé... Et le manège enchanté.

Je me souviens des dimanches écourtés et les portes claquées. Grand Papa qui semblait désolé mais ne disait rien.

Je me souviens qu'un jour nous sommes allés choisir un chien!

Je me souviens des craies, de la brosse à tableau et des encriers qu'il fallait remplir.

Je me souviens que pour aller à l'école il suffisait de descendre l'escalier! Et la cour était à nous le mercredi et le samedi et la dimanche...


Je me souviens qu'il fallait faire bouillir le lait. Je me souviens de la grosse lentille en verre que l'on mettait dans la casserole pour éviter qu'il ne déborde... Je me souviens que je n'aimais pas la peau du lait. Ni le lait d'ailleurs.

Je me souviens des vacances de Pâques dans les Landes, d'été en Loir et Cher.
Je me souviens d'avoir déménagé... Et découvert le Sud, la chaleur, les paysages...

Je me souviens de "expéditions" de découverte de notre nouvel environnement, de la route escarpée, sinueuse, effrayante, de Lambert.

Je me souviens avoir été l'étrangère...

Je me souviens du parc qui abritait nos aventures, de Manou sur un vélo sans roulettes, de Babeth et ses pantalons toujours troués. J'étais pirate, exploratrice, bâtisseuse de palais, cuisinière...
Je me souviens des lundis au ski, du maître qui me poussait dans le dos pour m'élancer, qui nous emmenait, nous les meilleurs, faire du hors piste... 

Je me souviens avoir hurlé de joie en apprenant que nous allions déménager. Nous avons déménagé...

Je me souviens de la réunion de famille, au salon. Je me souviens que c'est là que l'on a appris que nous serions bientôt un de plus...

mercredi 22 janvier 2014

C comme cancer...

Oui... Je sais, je vais appuyer là où cela fait mal... J'hésitais, ces derniers jours, à écrire C comme cercles, ceux qui gravitent autour de nous, autour desquels nous gravitons ou C comme crise, nous sommes, ces derniers jours, au milieu d'une vague de crises, de nerfs, crise d'adolescence, crises de larmes,  fatigue, surmenage, crise de dépression, la culpabilité, la maladie et le deuil rodent chez nos proches... (Pas gai, gai, non plus, hein?) Et puis il y a eu cette crise d'angoisse cette nuit (juste quand, enfin, le sommeil nous avait emportés...), Clovis hurlant, tremblant... "Ça sent bizarre, et si on allait être asphyxiés? Tu es sure qu'il fonctionne le détecteur de CO2?" Et enfin calmé, enseveli sous sa couette: "J'me sens drôle... Et si j'avais le cancer... Comme Bénou?"
Oui, ce foutu cancer, comme une loterie pourrie qui vole les vies, qui vole le temps de ceux qu'on aime. Et qui laisse des traces... Indélébiles. Rien ni personne ne rendra leur mère à Louise et Jeanne. Elles ont un père formidable, une belle mère attentive et aimante mais elles sont orphelines. Leurs vies ont pris un tournant radical, un jour, ou une nuit, quand quelques cellules ce sont mises à déconner, à dérailler... Rien ne pourra leur rendre Bénou.
Rien ne pourra nous rendre Bénou, ni papa... Ils sont là, pas loin mais ils sont partis, aussi. Définitivement. Et c'est une leçon... Une leçon de vie? Qu'il faut vivre maintenant, là, tout de suite parce que demain n'est jamais sur... Ceux que l'on aime peuvent être, eux aussi, encore, tirés au sort... Ceux que l'on aime ou soi même... 
Oui, le cancer laisse des traces, celles des nos absents, celles des leurs souffrances, celles de la peine éprouvée et subie... Il laisse des traces par ricochet, aussi. La culpabilité, d'être là, d'être passé au travers, celle d'avoir repris sa vie... Avec des ratés parfois, des plongées, des jours sombres... Des soupçons, des craintes...
Le cancer nous vole des êtres aimés, nous blesse, nous endurcis aussi... Le cancer est une cicatrice douloureuse que l'on doit intégrer dans notre vie, dans ce que nous sommes... Il est là, il l'a été, le sera surement encore... Mais la vie ne veut pas, ne doit pas être gâtée, contaminée par lui. Oui, Clovis le cancer a emporté Bénou, papi, nous emportera peut être, toi ou moi mais sans doute aussi passera t-il au loin maintenant. Oui, au loin. Sinon et bien... Nous l'affronterons. Ensemble. Et c'est la seule certitude que je peux te donner...