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mardi 2 septembre 2025

Abandon.

Je ne sais comment démarrer...

Ce chagrin est aussi le mien.
Car je sais comment dysfonctionne cette machine à broyer qu'est l'éducation nationale (comme ce fût le cas pour la Poste, France Télécom, comme c'est le cas pour l'hôpital).
Ce sont ceux qui servent qui meurent d'avoir été abandonnés, dénigrés, harcelés.
Je sais comment dysfonctionne cette machine à broyer qu'est l'éducation nationale parce que, par moments, au cours de ma carrière, je suis passée à deux doigts d'y être écrasée (demande de soutien ignorés, mails et appels tombant dans le vide intersidéral d'une hiérarchie inique, qui se protège, manque de moyens (ceux affichés n'étant que de la poudre aux yeux, outils (je cherche le mot...)...de merde...). 
Un fonctionnaire doit fonctionner sans à-coup, sans sursaut, en supportant le poids du silence, de l'indifférence, face aux attaques arrivant de tous cotés: la société (Prof bashing), les parents, consommateurs d'école, uniquement intéressés par leur enfant, leur vision de l'école, l'inspecteur, le ministère qui gèrent des pions (infantilisés à outrance), des chiffres, des données.
L'enseignant, le directeur d'école, sont en première ligne, mais la dernière roue du carrosse.
Ils gèrent, au quotidien, la réalité de notre société (qui est très moche, souvent, sous la surface).
Je me rappelle de ce jeune collègue suicidé entre la pré rentrée et la rentrée. 
Ici je vous ai parlé de Christine, cela a fait des ronds dans l'eau du ministère. Qui en a profité pour faire passer des réformes qui ont alourdi, déshumanisé encore plus la fonction de directeur d'école.
Il y a deux ans c'est Aymerick qui avait jeté l'éponge.
Caroline est, c'est terrible, un prénom de plus dans la liste d'épouvante...
Je vois et j'entends mes collègues qui pleurent. Je pleure avec eux.
L'école, qui éduque et forme les citoyens, est jetée en pâture, sans bouclier et sans arme, sans estime ni respect, face aux barbares, nombreux, qui... Qui quoi? Pourquoi?
Pourquoi?

Et, vous savez quoi?
Là haut ils diront qu'elle était fragile, qu'elle avait, c'est certain, des problèmes personnels... 

lundi 1 septembre 2025

Ne pas...

..rallier, regagner, réintégrer, rejoindre, retourner.
C'est de loin, en mettant un pas devant l'autre, que je n'ai pas vécu la rentrée.
Pas de pincement au cœur.
Pas de mauvaise nuit, de tracas, d'appréhension.
Je l'ai souhaitée bonne à Suzanne (elle doit y être depuis 16 minutes), à Bastien, chez les moyens (nouvelle école, nouvelle maîtresse), à Apolline chez nounou (la même).
Je l'ai souhaitée la meilleure possible aux copains/collègues.
En sachant qu'ils démarrent une nouvelle aventure tout aussi riche de bons moments que terrible, parfois (de plus en plus souvent).
Aujourd'hui je vais m'occuper de la maison, faire de la confiture, aller chez le dentiste...
Tranquillement élaborer quelques nouveaux projets...
Sans l'école.
Et c'est avec un mélange de soulagement et d'indifférence que je le vis.
C'est grave docteur (effacer si facilement tant d'années au service de sa majesté éducation nationale)?

mardi 1 juillet 2025

6 mois sans moi. Et Moi sans elle.

Voilà!
L'école a continué sans moi. Sans que cela ne provoque une ride sur la surface de l'année scolaire (je me félicite d'avoir choisi un poste de remplaçante, mon départ est passé inaperçu (sans doute quelques jours sans enseignant pour quelques classes, mais c'est plus ou moins la norme...)).
L'école a continué contre vents et marées. Au milieu de tempêtes (élèves, parents, société, presse (faits divers tragiques et marronniers vendeurs, genre absentéisme des profs, vacances trop longues et autres "toujoursengrèvejamaiscontents")) et avec la tête maintenue sous l'eau par une hiérarchie et des politiques mal faisant.
Je sais que les choses n'ont pas été simples pour mes collègues, dans les écoles chères à mon cœur. J'ai suivi ça de loin, j'ai compatis (Si je ne les ai pas accompagnés en classe de mer c'est... Qu'elle a été annulée (dommage, surtout pour les gamins)).
Et j'ai pris soin des miens, et de moi. Plus, mieux (?).
En Mars j'ai touché mes dernières indemnités de déplacement (celles de décembre). 
Au mois de Juin j'ai dû rembourser ma dernière journée de grève...
Et... Je n'ai que rarement pensé à elle.
En fait, sauf à croiser un ex(collègue), ou à passer devant une cour au moment de la récré, l'école n'est plus...
Plus qu'un souvenir. Qu'une somme de souvenirs.
Pourtant elle m'a en grande partie faite...
6 mois que, sans regrets, j'ai lâché l'affaire.
Je prends plaisir à repartir: "Bonne journée, mesdames" quand je ne suis que la mamie de Bastien, qui le dépose le matin (si vous suivez le blog vous savez comment j'ai apprécié la "fête" de l'école de ce pauvre gosse).
Mon point d'équilibre a changé, s'est décalé ici, à la maison.
Dont je prends le temps d'ouvrir les volets, les fenêtres.
Dans le jardin dont je repense, en les vivant, les espaces.
Dans notre coin, à d'autres horaires, d'autres points de vue...
J'ai eu le temps d'accompagner, moins dans l'urgence, Gilles et les "gosses".
J'ai expérimenté une autre forme de bénévolat (il faut, j'ai envie, que je creuse un peu mieux ce filon).
Nous avons pris grand plaisir lors de nos "vacances" hors vacances scolaires.
6 mois...
Vite passés, bien vécus.
Dans quelques jours mes ex(collègues), leurs élèves, seront en vacances, me rejoignant pour quelques semaines dans le off.
Off d'école mais in de vie.
Mais l'écart continuera de se creuser, pour eux il y aura une rentrée, pour moi, d'autres projets.

vendredi 20 décembre 2024

Le der des ders: dernier vendredi (et dernier jour).

J'ai mal dormi.
Un peu comme une veille de rentrée.
C'est un comble quand c'est exactement l'inverse qui se profile...
J'ai rêvé d'une des petites élèves. Une petite mignonne, qui, à part sa propension à bavarder à tort et à travers, est cool. 
Alors que dans la classe il y en a quelques uns un poil olé olé. 
(Je confirme le message porté sur le T-shirt. Il m'a demandé de lui lire et n'en a pas compris, heureusement, le second degré. Une fois dépositaire de cette phrase il l'a répété, à l'envie, à tous ses camarades. Il y a des parents qui ont un sens de l'humour... Particulier. On dirait qu'ils tiennent à le maintenir dans ce rôle de "terrible" de la classe.) 

En fait, cette classe, même si j'ai tenté de ne pas m'y attacher, c'est un peu ma classe...
Quand, entre la rentrée et le 11 novembre, je remplaçais des collègues pour une journée, une demie journée, je passais sans laisser de traces, et les classes, les collègues, les élèves, à peine connus, passaient de même.
Là j'ai eu le temps de partager avec eux, avec l'ATSEM (Tip Top!); et l'AESH (trop bien), des bien bons moments (et d'autres bien fatigants).
J'ai eu le temps de m'attacher à leurs personnalités, de m'inquiéter de leurs difficultés... 
Alors...
Merci!
D'autant qu'hier j'ai reçu, c'est cadeau, outre les bouquins de mes collègues qui m'incitent à marcher, le meilleur cadeau que puisse recevoir une maîtresse de CP!
D'un seul coup, alors que nous étions tous regroupés (je leur lisais un album sur le Père Noël), révélation de l'un!
"Je sais lire maîtresse!"
Les autres renchérissent: "Moi aussi!!!"
"Trop bien!", je leur réponds.
Ils étaient fiers, j'étais fière.
Bref! Nous sommes étions, et nous le sommes encore, fiers de nous!

jeudi 19 décembre 2024

La der des ders: dernier jeudi.

Au milieu d'images (au crédit de Gilles) sans aucun rapport avec le sujet du post. Mais tout à fait avec le moment, important, partagé avec les petits, hier mercredi: préparation de Noël, le sapin (que sans doute Suzanne reprendra pour le décorer à son goût, pour le chicifier, quand elle rentrera demain...).
Bref, aujourd'hui nous sommes jeudi et avec "ma" classe nous allons sortir (nous sortons régulièrement, pour marcher, pour visiter le village, pour explorer le paysage, pour papoter joyeusement le long des chemins et rues, mais c'est...).
Nous allons aller au cinéma!
Cela va nous prendre la matinée (à la campagne tout est plus... Long? Lent? Exceptionnel?): bus, ciné, bus... Et non, nous n'allons pas voir Vaiana2, comme l'ont suggéré certains CP. Nous allons sauver Noël!

Et, cette incursion "hors les murs" me donne l'occasion de vous parler des sorties scolaires. 
De proximité (cool, pas de papier!) ou sur plusieurs jours (des mois de démarches et des kilos de papiers), elles sont toujours à la fois source de plaisirs (avec un s) et l'occasion de stress...
Plaisir de voir les petits autrement, plaisir de leur faire découvrir une autre facette du monde, culture, sport, sciences, littérature, jeux, tout ce trouve dehors, aussi...
Bon... Stress de les maintenir en sécurité. De les "cadrer" (hors du contexte école, parfois ça explose)...
Plaisir (parfois mitigé) de partager ces moments avec des parents, qui touchent ainsi du doigt, légèrement, la réalité de notre métier (généralement ils terminent la sortie en disant: "Mais comment faites vous?! C'est épuisant!").
Je me souviens de cette sortie au musée, où celui qui a provoqué le binz dans le bus, perdu sa casquette au cours de la visite, employé un langage inapproprié, était... le père accompagnateur.
Il y ces moments de tension, encore les parents, quand ils se battent pour accompagner à la "bonne" sortie (zoo, ciné, spectacle...): "Pourquoi pas moi? C'est toujours les mêmes?" (Ben, oui, récompense à ceux qui se coltinent les sorties moins funs, où ils faut vraiment donner de sa personne: repérage de randos, surveillance de vestiaires à la piscine, préparation de repas pendant les randos...)

Et que dire de ce summum? Le "Bonnes vacances!" de parents soulagés d'en avoir quelques jours (de vacances) alors que nous partons en classe de découverte! Ils voisinent toujours avec ceux qui n'en dorment pas depuis des jours, qu'il a fallu convaincre de nous laisser emmener leurs petits chéris, la prunelle de leurs yeux... 
Sorties scolaires ou l'aventure d'apprendre autrement.
(Vous savez quoi? Si je n'ai aucune intention de retourner à l'école à partir de janvier, à part pour y conduire Bastien, j'ai accepté, avec plaisir, d'être accompagnatrice pour la classe de mer de l'école où j'ai travaillé comme coordo ULIS. La folle!)

mardi 17 décembre 2024

La der des ders: le dernier mardi.

Et ce matin, après une nuit comme une plongée en eau noire (coucher à 20h30, épuisée), c'est le réveil (dont je me suis empressée de décocher l'alarme) qui m'a réveillée.
Et aujourd'hui je voudrais évoquer les mauvais...
Les mauvais coups, les mauvais jours.
La mauvaise année, quand je suis arrivée dans le Loir et Cher, dans école rurale dirigée par... Une folle. Je me suis sentie si seule... Plus tard j'ai su que chaque collègue qui passait là subissait le même traitement: mépris, dénigrement (auprès des parents, de l'inspecteur!!), mesquineries.
Le prénom oublié du collègue à peine connu, le jour de la pré rentrée. Qui c'est donné la mort dans la nuit qui a suivi.
Ce petit affolé par la mèche rouge de l'ATSEM. Son père avait éventré le chien de la famille devant les enfants. Plus tard, alors que la mère avait réussi à quitter le domicile avec les enfants, il les avait poursuivi en voiture et les avait fait sortir de la route.
Et que dire de cet enfant pour lequel nous avons lutté, signalé, alerté. En vain. Alors qu'il subissait, sans doute aucun, des sévices sexuels. Qui est resté dans la famille, quelques années encore. Et c'est suicidé à l'âge de 14 ans... 
Cette petite (3 ans) qui de but en blanc me demande: "Tu le sais, hein, que mon papa il est mort?". Il avait attendu que son ex compagne arrive avec la fillette (pour le week-end de garde) pour se mettre un coup de fusil dans la tête. Devant elles...
Cet autre père (une autre fillette tellement traumatisée, déjà, avant!) qui avait pris sa famille en otage et a fait sauter l'appartement avec la bouteille de gaz (c'est lui qui a été éjecté de l'immeuble par le souffle).
Ces deux fois, à des années d'intervalle, où je me suis placée, physiquement, entre le parent menaçant (un père, une mère), le poing levé, et le, la, collègue.
Et que dire de ces appels aux gendarmes? Pour arrêter un homme violent qui a poursuivi sa compagne battue jusqu'à l'école (où nous l'avions cachée), pour arrêter deux mères qui se battaient, coups de pieds, de poings, sur le parking de l'école, devant les gosses (quand ils sont arrivés elles étaient rentrées mettre de la glace sur leurs bleus)...
Cet enfant qui, alors que nous allions la remettre à ses parents nous parle de ce que papa...
Et il y a eu ces enfants, démolis déjà, fous d'angoisse, fous de manque, fous... Et dont nous devions gérer les crises, les accès de rage. Alors qu'il n'y avait (il n'y a plus) pas de place pour eux à l'hôpital, il n'y avait (il n'y a plus, quasi) de pédo psy, de service de psychiatrie infantile (la nouvelle inspectrice a une méthode, elle assène: "Si cela ce passe mal c'est que vous ne savez pas faire; que vous êtes incompétent-e..").
Oui, des mauvais coups, des mauvais jours.
Sans, c'est une constante, le soutien de la hiérarchie.
Avec, et c'est ce qui permet de tenir, de survivre, de se reconstruire, de grandir, les collègues, des amis.
Des larmes (boite de mouchoirs au milieu de la table) aux rires salvateurs.
Merci Valérie, David, Marie, Camille, Alexandra...
Soyez forts!

lundi 16 décembre 2024

La der des ders: le dernier lundi.

4h22. C'est l'heure à laquelle je me suis réveillée. 
Ce n'est pas rare que je me réveille avant le réveil. Mais là j'ai envie de marquer le coup.
Mes sentiments sont clairs, je suis ravie de terminer, mais le présent se télescope un peu avec les souvenirs...
J'ai souvenir de mon premier jour. Où poussée dans le dos, et dans le grand bain, par la directrice d'une école maternelle, soulagée d'avoir quelqu'un pour assurer la présence humaine (estampillée éducation nationale), je me suis retrouvée dans une classe de 35 petits (Loos les Lille).
Et puis ces derniers temps, je me suis souvent retrouvée face à des adultes, très adultes (souvent proches de la 40aine), qui furent mes élèves...
Le cuisto de l'école à laquelle je suis "rattachée".
Ces pères d'élèves dans les écoles où je travaille/j'ai travaillé ces derniers temps...
Des gens qui semblent heureux (qui le sont sincèrement, sourient, viennent se (re)présenter) de me voir, de se souvenir du temps partagé jadis (combien d'heures dans une année scolaire, dans une classe?).
Et hier soir, alors que j'assurais un temps de présence à l'expo photo, à quelques minutes de la fin, un couple est entré. Par hasard. Qui découvraient le lieu (une chapelle désacralisée) alors qu'ils sont natifs du coin. La photo, très éloignée de leur univers, ils admiraient le bâtiment quand ils m'ont reconnue.
J'ai été la maîtresse de leur fils aîné (puis de leur second, quelques années plus tard), en CE1.
Un élève particulier, attachant, attachiant.
Intelligent, en souffrance, pénible, charmant...
J'avais épaulé, poussé, tiré, cet élève. Dialogué avec, soutenu, ces parents.
Je l'ai croisé, quelques fois au cours des années, cet élève inoubliable (Un jour, à la piscine, il m'a sauté dessus (un grand gaillard, adulte) en criant: "Maîtresse!").
Ils étaient ravis de me voir. M'ont parlé de leurs fils, de leurs petits enfants...
Et j'ai été heureuse, moi aussi, de voir le plaisir qu'ils ont eu à me parler fièrement de leurs enfants.
Je ne suis qu'une des nombreuses enseignantes (si j'ai le droit, pour une fois, de faire prévaloir la majorité féminine de la profession!) mais il semble bien que j'ai compté, un minimum pour cet enfant, pour ces parents.
Tout n'a pas été vain.
(Et ça fait plaisir)

Photo de Jean Yves Noury, photographe du club Objectif 41, prise sur le vif, hier soir après le démontage de l'expo 2024.
 

mercredi 27 novembre 2024

De creux en bosses. Voire de bosses en creux.

Je croyais que c'était terminé. Qu'au trimestre dernier c'était plié.
Et puis je suis arrivée sur cette école, pour plusieurs semaines.
Une école où le conseil d'école n'avait pas encore eu lieu (à cause de la valse des remplaçants (école à 2 classes)(la hiérarchie, pourtant responsable de cette danse, a rappelé la directrice à l'ordre: calmez les parents, tout va bien, vous avez des remplaçants, vous n'avez pas à râler, à vous inquiéter (maintenant c'est la règle: pas de respect, pas de gants, des ordres et une attente de doigts sur la couture du pantalon)(comme je suis soulagée de ne bientôt plus en être!!!)).
Bref! Hier j'avais conseil d'école (une bosse).
Et... C'était chaud (pas la réunion, le fait que j'en ai une ce jour là, à cette heure là)(et encore cela aurait pu être pire. Le voyant moteur de la Skoda s'est allumé vendredi (oh, le vilain creux possible!), mais il s'est avéré que ce n'était pas grave (covoiturage avec une collègue, lundi, le temps que le garagiste se penche sur son cas)).
Conseil d'école de 17 à 18 heures.
A 18 heures Suzanne avait entraînement à Vendôme, qui se terminait à 19h30.
J'avais yoga à 19 heures à l'opposé.
J'ai suggéré une organisation et j'ai laissé Suzanne la caler.
J'ai emmené mes affaires de yoga et y suis directement allée en sortant du boulot.
Le reste s'est fait sans moi (un creux, un lâché prise).
Autre bosse: celle qui "pousse" sur ma première phalange du pouce (et aussi sur mon talon d'Achille). 
Keskecékeça?!! Ce n'est pas douloureux...
D'un autre coté: creux. Ceux qui, depuis que j'ai maigris (que je maigris), apparaissent sur mon visage.
Cépakoul! J'ai l'air fatiguée (à moins que je le sois réellement?)...


Et puis...

Bosses: encombrants l'entrée: cartons, ordi, écrans, piano, guitares, siège et autres plateaux et pieds de table.
Qui annoncent un sacré creux!!! Clovis quitte la maison pour s'installer avec Coline (dans les heures à venir apparemment).
Ils ont eu les clefs de leur chez eux hier.

samedi 23 novembre 2024

De l'élasticité du temps...

C'est un grand classique mais...
Les journées sont longues...
Surtout les après midi (mais les matins aussi, en fait).
Mais les semaines défilent relativement vite, en fait.
Il en reste 4... 
(Pour Sarkolenabot: 16 jours de classe X 6 heures par jour, soit 96 heures)
Il va s'en passer des choses en 4 semaines (96 - 3 (heures à rattraper (avec mes collègues nous faisons des paris: vont-ils, comme je l'ai suggéré ("Oh! Quelle bonne idée!"), mettre l'enseignant-e, qui prendra le relais en janvier, dans la classe le 20 décembre, ensemble le matin, seul-e l'après midi?)).
Les CP vont apprendre à lire de nouveaux sons, à écrire, "en attaché", de nouvelles lettres, rentrer de plein pieds dans les dizaines.
Les Grands vont passer de l'écriture de leur prénom en capitales d'imprimerie à la cursive ("en attaché"), dépasser le 5 pour viser le 10.
Les Moyens vont affiner leurs gestes graphiques, la position du crayon, celle des ciseaux, vont fabriquer des collections, trier par...
Les Petits vont ouvrir de grands yeux quand je vais leur lire des histoires, apprendre plein de mots inconnus, dessiner des bonhommes patates (ou pas), coller des gommettes, découper, coller...
Tous ensemble nous allons marcher, une fois par semaine, pour explorer le village et ses environs (immédiats).
Avant de nous quitter nous irons au cinéma.
J'aurai (à ajouter aux 93 heures) un conseil d'école (1h, m'a juré, la main sur le cœur, la directrice. De toute façon, après j'ai yoga), des réunions d'équipes éducatives (une heure par), des rendez-vous avec des parents et assistante familiale (2 fois une 1/2 heure) .
À la maison même constat, le temps a des à-coups.
Gilles fait le ménage à fond, ronchonne que personne ne le remarque (syndrome de l'elfe de maison. Que je connais bien), râle franchement (ou fait la tête) quand l'un ou l'autre laisse trainer sa tasse, laisse le poêle arriver au bout de ses pellets, laisse la réserve de bois se vider. Il tourne parfois en rond dans la maison.
Arthur aussi, autour de ses poids (le sien, pour être dans la bonne catégorie, ceux qu'il empile pour les soulever). La compétition a lieu le 8 décembre.
Cela fera 8 jours que Clovis aura aménagé, avec Coline, dans leur propre logement "en ville".
Et, avec Suzanne nous allons enfiler les rendez-vous comme des perles, neurologue, ostéo, psychologue... Avant d'affronter la montagne "parcousup".
Donc...
Le temps est élastique.
Je suis dedans, oui, je fonctionne, je fais le job, mais...
Je suis au bord.
Je fais comme si, pour "mes" élèves, comme si ces jours n'étaient pas comptés.
Mais, comme vous pouvez le lire, je compte.
D'ailleurs, en y réfléchissant, le compte n'est pas bon: le 5 je serai en grève.
Pour défendre le statut, réclamer des avancées, contrer des attaques,... 
Pour mes futurs ex collègues.

jeudi 21 novembre 2024

Vrac...

La neige est annoncée.

Au Mans, Suzanne, qui a été absente du lycée lundi et mardi, n'aura pas classe. Préventivement les bus et cars sont annulés (beau binz en perspective. Et grasse mat pour Suzanne et Ethan...).
Ici le froid est hivernal et le rayon de soleil d'hier n'est qu'un souvenir fugace.
Mardi Gilles et Clovis ont amené Apolline chez le pédiatre (à 70km) (et ont eu bien des misères avec les bretelles du siège auto). Quasi deux heures de route pour... Pieds/mains/bouche. Ok (et l'on a compris pourquoi Apolline regarde Ethan avec méfiance: le pédiatre (qui lui fait des misères) est noir...)
Depuis des jours, et de plus en plus, Arthur prépare sa compétition. Mange, dort, vit Force Athlétique.
Hier matin, Victor a perdu et retrouvé ses clefs de voiture. Plus pratique pour aller au boulot et me transférer Apolline sur le parking...
Hier soir, Simon a appris le décès prématuré d'un de ses copains.
Bernie (Gilles l'appelle Alf (je tire mon chapeau à ceux qui ont la référence!)), contrarié d'avoir été chassé du salon, où il chassait le chat, hier soir, a fait caca dans l'entrée (cool, le ramassage de caca à 5 heures...).
Le chat, ravi de s'en être sorti, se dore la pilule devant la cheminée (en semant des poils par touffes avec enthousiasme).
Bastien interroge: "Papa a dit pas de bisous à Apolline (dur!!!), mais je peux lui tenir la main?"
(J'ai essayé de lui expliquer la possible contagion... Il est plus préoccupé par ce mystère: son papa a été un bébé, avant. Papi est le papa de son papa, et... Les bébés "poussent" dans les ventres des mamans... Olala!) 
Apolline, elle, préfère faire la sieste sur sa mamie plutôt que dans son lit...
Et moi, je suis sur les rotules.
Gilles: "Les derniers jours sont les plus longs"
Oui, sans doute...
Encore que.
J'ai souvenir que les premiers l'étaient pas mal aussi. 
Première classe, il y a tout juste 38 ans, dans la banlieue de Lille (je m'y rendais en vélo. Sur les pavés, ça secoue et ça réveille!): 35 petits (2/3 ans), cela grouillait...

samedi 16 novembre 2024

Mais où sont passées...?

Nous les avons cherchées, hier (Gilles), ce matin (tous les deux), il y a une dans la cuisine qui est décédée.
Nous ne les avons pas trouvées...
J'ai dû les ranger (ou les confier à Gilles pour qu'il les range dans la grange) quand j'ai commencé à vider le bureau, il y a quelques mois, dans l'espoir, fou, d'y commencer la réno. Il y en avait de toutes tailles, de tous culots.
Nous ne les avons pas trouvées, les ampoules...
Ont-elles disparu dans le trou noir de la Hirlère?

Où sont-elles, comme les toilettes adulte de l'école, en mode Narnia, situées derrière les manteaux (il faut s'y glisser de biais, faire attention à ne pas décrocher le graal sacs, écharpes et trousse de secours)?
À coté de cela j'ai retrouvé des muscles que je ne savais pas avoir!
À la suite de la séance de yoga de mardi, dont j'avais absolument besoin, j'ai des douleurs au niveau des côtes, des abdos, des adducteurs...
Alors ce matin j'ai repris mes bonnes habitudes (Selon une légende urbaine, il faudrait 21 jours pour former une habitude. Un constat aujourd'hui réfuté par des études scientifiques qui montrent que cette durée varie grandement d'un individu à un autre et serait plus proche de 66 jours en moyenne) et effectué une séance d'une demie heure de yoga  (avant qu'ils ne se lèvent).
Et je confirme, il y a bien des muscles, à entretenir, cachés dans mon corps!
Autre question:
Où est passé le soleil, qui a remplacé la pleine lune ce matin?
(Et en plus il caille!)

(Article qui ne sert à rien. Ou à me distraire, à détourner mon attention, du prof bashing (cherchez, sur le grand internet, Sarko et le statut des profs des écoles, les 24h semaine, sur 6 mois (en enlevant les vacances. Et les week-ends)), du fonctionnairicide dans lequel nous sommes plongés ces derniers jours (encore plus que d'hab). Et nos bienveillants syndicats qui proposent... Une seule petite journée de grève pour claironner: "Pas contents!!!"... Navrant, n'est pas?)
(À quel moment la société c'est-elle retournée contre ceux qui la servent? À quel moment l'éducation (et l'hôpital) est devenue une dépense insupportable au lieu d'un investissement sur l'avenir?)
(Désolée, il fallait, quand même, que cela sorte!) 

vendredi 15 novembre 2024

La 6éme...

...semaine...
 
(Apolline ferait passer son tonton Clovis dans un trou de souris!)
Avec un jour en moins, me précise Gilles. 
Ou plutôt un jour de week-end en plus.
Ce qui nous a permis de nous balader deux fois.
Dimanche, avec Suzanne et Éthan, lundi seulement nous deux.
Il fallait bien ça...
Entre la classe à 4 niveaux qui m'a été attribuée (quasi la veille pour le lendemain. Comme si on pouvait enfiler, durablement (+ ou -), les souliers d'une collègue d'un claquement de doigt (sans avoir accès à la classe)), et la vie quotidienne avec ses aléas plus ou moins graves.
Les différentes strates d'organisation, classe, maison, rendez-vous (avec deux voitures en panne (la Dyane de Gilles et la Saxo de Clovis))...
Des moments douloureux pour Clovis qui a perdu un proche copain.
La bienveillance de l'éducation nationale qui rejette la "faute" du mécontentement des parents d'élèves (nommer une remplaçante, toute compétente qu'elle puisse être, sur une classe qui en a déjà eu 4, alors que l'on sait qu'elle ne pourra terminer le congé maternité) sur la directrice de l'école, qui n'aurait pas été assez bienveillante avec l'une des collègues qui n'a pas su faire, et pas assez rassurante avec les parents...
Cette semaine, la 6éme avant la fin, est bien longue...
J'ai l'impression qu'un camion m'a roulé dessus.
Et je sais qu'il me faudra encore tourner quelques pages pour arriver au bout de ce chapitre,... 
...au bout du livre.
(les dernières images vous renseignent sur l'album qui va devenir le fils conducteur des 5 prochaines/dernières semaines au boulot)