mercredi 7 juin 2023

Début de semaine...

Lundi matin, l'empereur, sa femme et...

Oups! Non, je n'ai pas bu! Surtout à 6 heures du matin.

Mais, comment dire?

Avoir le privilège de profiter, recto de la pleine lune qui se couche, verso du soleil qui se lève, et on se sent les rois (en l'occurrence, Suzanne et moi, les reines) du monde.

Nous avons même fait un, petit, détour pour prendre tout cela avec le bon angle et sans poteaux et autres fils électriques.

70 km plus loin, avec la persistance, pendant de longues minutes, ne croisant personne, de monde hors du monde (un peu comme quand j'allais bosser pendant le confinement).

Au Mans, je n'ai même pas eu à faire de détour pour photographier deux nouvelles fresques, les quartiers s'embellissent.

Suzanne déposée chez D, j'ai fait demi tour et l'ambiance était exactement l'inverse qu'à l'aller: j'ai croisé de longues files de voitures entrant en ville, j'ai suivi et doublé des camions, des camions... (Apparemment le monde se met en route à partir de 6 heures 30, 7 heures)

Hop! Me voici à l'école!

Oui, oui! Sérieusement!

Toute l'école est "relocalisée" au cirque (Les Beauvais, St Agil, lieu de résidence du crique "Cheptel Aleïkoum).

Et...

Lieu hors du monde, fabuleux.

Deux chapiteaux,...

 
...une salle de musique sous les toits,... 

 
...une aire de jeu sous les noyers, avec des balançoires bricolées avec des sangles, des chariots de supermarchés transformés en canapé roulant, poussettes/karts, bancs se promenant et autres fauteuils à mémé dans tous les coins....
 
 
Des toilettes sèches (gobelets jetés avec la sciure, trou qui fait peur!) sur podium pour les gagnants de la pause pipi!

 
Tout cela animé, encadré, par des artistes, profs de jonglage, acrobaties, portés, musique, au top...
(si j'ai le temps de flouter les visages, je vous mettrai quelques photos des gosses en plein apprentissage)

 
Tout cela un poil fatiguant pour les adultes (cadre flou, surveillance ++, pas de pause méridienne (pique nique sous la halle/guinguette), premier jour avec beaucoup de sollicitations (certains s’inquiètent de tant de nouveautés). Si bien que lundi je dormais à 21 heures (au lieu d'être au club photo), qu'hier soir j'ai apprécié le citron givré (fait maison) qui m'attendait.


 Et avant de reprendre demain... Repos.
 

Ou pas:

Au programme ramasser les œufs (enfin les poulettes s'y sont remises!), demander où est papi, jouer dehors, demander où est papi, tondre le carrelage (la tondeuse en plastique fait un bruit infernal (je pense que les piles vont... tomber en panne)), demander où est papi, aller voir les chevaux (il y a un poulain), demander où est papi, aller à la médiathèque, retrouver papi, faire du tracteur, du trampoline, la sieste, avec papi...

Bref! Passer une bonne journée.

mardi 6 juin 2023

Les réponses du mardi. En se promenant aux jardins.

Les réponses aux questions du Dr CaSo

Les jardins du Liseron et du Lapin à Couture sur le Loir.

  • Question de Dom: Aimez-vous jouer aux cartes? Si oui, à quels jeux?
 
Longtemps j'ai détesté jouer aux cartes. Je ne comprends toujours rien à la belote, au tarot: dès que je me retrouve avec les cartes en main mon cerveau se vide. Je deviens con comme un balai. Je ne vois pas le sens du jeu. Je n'ai qu'une hâte me débarrasser de mes cartes, passer à autre chose.

 
Mais depuis que je suis enseignante coordo en ULIS je joue, beaucoup, avec mes élèves. Je prends des jeux à la médiathèque et nous, eux, ma collègue AESH et moi, tâtonnons, étudions les règles du jeu (souvent obscures), regardons des vidéos explicatives et nous nous lançons. Parfois cela fait flop. Rarement parce que je suis très bien conseillée par Jérémy, ludothécaire (et créateur de jeux). Grace aux jeux chacun progresse, en math, en vocabulaire, en relation sociale, en concentration, en... Et voilà aussi que l'on apprend la patience, l'échec sans douleur, la victoire sans fanfaronnade. Je vous mettrai la liste des jeux du moment dès que possible (peut être sur le coté du blog?).

  • Question piquée chez Rosaleen: Qu’est-ce que vous achetez toujours en trop grande quantité?
 
Heu... De l'essence sans doute: 
Hier j'ai emmené Suzanne au Mans (140km aller retour. Avant ma journée) (sa covoitureuse n'avait pas cours, je n'ai pas trouvé de covoit et le bus était inenvisageable étant donné que Suzanne, en plus de son énorme valise habituelle, de son sac d'art, emmenait une valise de bois (de palette en planches) pour un projet de nichoir à oiseaux). Voui...

  • Question de Bleck: Au cinéma vous êtes bâfreurs de sucreries ou de popcorn, ou vous êtes là pour le film?
 
Quand suis-je allée au cinéma pour la dernière fois? Pour les animaux fantastiques je crois. Le 1 (en 2016 d'après le grand internet). Pas question de m'y bâfrer. Je ne suis pas sucrée, c'est moyennement bon en fait. Et cher. D’ailleurs je déteste les bâfreurs bruyants et pénibles qui gâchent le plaisir d'être dans une salle de ciné.

 
Ceci dit quand nous emmenions les enfants au ciné (maintenant ce sont eux qui vont devoir nous y emmener, je pense) nous leur achetions du popcorn qu'ils mangeaient pendant la pub et dans la voiture pendant le retour à la maison. Cela fait partie de leurs souvenir d'enfants, comme la "traditionnelle" (pourquoi avons nous arrêté?) séance de ciné du nouvel an.

 
  • Question de Cinabre: Quelle tenue d’été adoptez vous dès qu’il y a un rayon de soleil?
 
Jupes ou robes légères, colorées et fleuries, jambes nues et claquettes minimalistes (dont une paire "tout terrain" pour la marche).


  • Question piquée chez Louis Catorze: Quel métier aimeriez-vous essayer pour une journée?
 
Jardinière, créatrice de bijoux, potière, tisserande,...

 
...cuisinière, pâtissière, couturière...

 
En fait...
Et pas que pour une journée, être à la retraite.

 
Allez, hop! Ma question:

J'écoute mes collègues parler de leur piscine, la nettoyer (des heures), la remettre en eau (avant l'interdiction), les produits, le temps passé. Et je me félicite d'échapper à tout cela.

Les garçons ont des projets pour le potager: le déménager derrière la maison (pourquoi?), pour la cabane à cochon: refaire le toit, démolir la façade et la transformer en préau (Hein?). Et je leur répond que nous n'avons déjà pas de quoi pour terminer la maison de Berthe, pour refaire les toits de la grange et de la cuverie.


Est ce normal de ne pas vouloir toujours plus? D'être contente comme ça, même s'il y a des possibilités. Si je me donnai, encore plus, de mal (Est-ce mal de ne plus avoir envie de se donner du mal (en l'écrivant "se donner du mal", j'ai, je crois, ma réponse)?). Est ce le signe que je m'encroute? 

dimanche 4 juin 2023

Avec Virginie, 22/52/23: "Ce que j'ai aimé cette semaine"

Projet photo avec Virginie.

Et Virginie nous propose de raconter ce que nous avons aimé cette semaine.

J'ai aimé beaucoup de choses, il a fait beau, cette semaine Arthur a eu une proposition d'emploi qu'il va sans doute accepter, il a fait beau, Suzanne a eu confirmation qu'elle passait en 1ére (je ne sais pas pourquoi elle s'en faisait), il a fait beau, mardi, avec les collègues nous sommes allés en repérage aux Beauvais, où nous allons passer une semaine à faire du cirque et de la musique, il a fait beau, mercredi j'ai eu une vraie journée off, il a fait beau, nous disputons les cerises aux étourneaux, il a fait beau, nous sommes allés, jeudi soir (après que je me sois faite poser un lapin par une maman que je devais aider (je me suis proposée, on se se refait jamais complètement) à monter un dossier pour son fils), passer une heure avec Victor et Emma, il a fait beau, et ce matin nous tous, sauf Suzanne qui dormait encore après un baby sitting éprouvant, Colette comprise, nous nous sommes retrouvés pour visiter quelques jardins. Il a fait beau...

...et je savais que je trouverai là de quoi illustrer ce qui m'a vraiment fait plaisir!

Et pas qu'à moi...

J'ai dans le dispositif ULIS un élève, J, dyspraxique (il a, entre autres, des difficultés à coordonner ses actions/gestes). Dans sa classe, et dans l'autre classe de CM (ce qui fait qu'ils sont 5 ULIS concernés), il y a le projet d'une journée de sortie à vélo. 

Quand il y a quelques mois nous avons annoncé l'affaire les parents ont asséné que pour lui ce ne serait pas possible: il se sait pas faire de vélo (et il n'a pas de vélo). 

Nous avons argumenté en disant qu'il leur restait quelques mois pour lui apprendre... L'éducatrice qui suit la famille a poussé dans le même sens. Nous n'en avons plus entendu parler jusqu'à ce que J nous raconte qu'il a, en s'entrainant, cassé les pédales du vélo. Ah? Comment ça? Il avait pédalé tellement vite qu'il avait cassé les pédales. Du vélo d'appartement.

Moui.

Là dessus, au bout de plus d'un an de relances, encouragements (et quasi menaces), les parents de J, acceptent de faire les quelques kilomètres, deux fois par mois, qui permettent à J de recevoir des soins avec une psychomotricienne. L'éducatrice nous rapporte qu'elle travaille, elle aussi sur cette histoire de vélo (mais pas que).

Arrivent les jours d'entrainements. J n'est pas le seul sans vélo (même s'il nous affirme avoir un VVT, cassé, dans le garage de papa) mais dons, prêts, chacun se retrouve avec une monture. En effet J ne sait pas faire de vélo. Avec l'enseignante nous en discutons et nous décidons de lui laisser utiliser le vélo comme une draisienne. Il suit l'entrainement et les copains en "ramant" avec les pieds. Il sue, il a chaud, il devient tout rouge mais il est ravi.

Et puis arrive jeudi, jour d'entrainement. Oli, ola, J, patine deci delà pendant que les autres slalomment et font les couillons. Font tellement les couillons que la maîtresse se fâche et interrompt l'entrainement. Elle demande au groupe de ranger les vélos et à J de continuer tranquillement.

L'AESH du dispositif, qui était avec un autre élève traverse la cour à ce moment et... Arrive en courant m'alerter: J pédale et roule!! J sais faire du vélo.

Les camarades de sa classe, revenant du garage où ils avaient rangés leurs bécanes ne s'y sont pas trompés: ils l'ont applaudi.

J est revenu dans l'ULIS excité comme une puce. On le serai à moins. Ravie, j'envoie un SMS à sa maman: "Bonne nouvelle, J sait faire du vélo"

Elle me répond quasi immédiatement: "Donnez moi le numéro de l'école, pour les prévenir".

Heu...

vendredi 2 juin 2023

Louise (Fiction).

Un petit choc. Un choc?

Louise ouvre les yeux, elle essaie de se dégager de la couette dans laquelle elle est entortillée. Sa nuit a été agitée, comme souvent ces derniers temps. Comme toujours, plutôt, quand il y a du changement, quand sa vie prend un tournant.

Mais là particulièrement. La formation, la maladie et le décès de Christian, la...

Cela recommence. Ce n'est pas vraiment un choc. Plutôt un petit coup, un sursaut.

Une bouffée d'émotion la submerge. Les larmes coulent. D'abord les larmes, puis les sanglots. De gros sanglots, le nez qui coule. Louise cherche un mouchoir. Elle en avait un prés d'elle hier. Elle n'arrête pas de pleurer en ce moment. Pas de mouchoir. Il a disparu... Louise s’essuie le visage dans ses draps, note intérieurement qu'il faut maintenant qu'elle les lave. Qu'elle les lave puis qu'elle les fasse sécher... Dans ce studio minuscule c'est une mission presque impossible.

Le visage dans la housse de couette Louise se calme. Elle essaie de déterminer si c'est le chagrin ou la joie qui a déclenché cette crise de larmes. 

De la joie. Peut-être. Le chagrin c'est évident. Six mois après elle n'a toujours pas réalisé, à chaque fois c'est un choc quand sa raison se fait entendre, qu'elle ne le verra plus. Qu'elle ne pourra plus s'appuyer sur sa rassurante présence masculine. Oui, sa rassurante présence. Son amour tranquille. N'en déplaise à Nicole, sa mère. Heureusement qu'il était là pour lui donner cette dose de masculinité qu'elle lui a refusé en faisant un bébé toute seule, en étant arcboutée contre l'homme en général, contre tout homme en particulier. Féministe ok, misandrie connerie. 

Misandrie, c'est Christian qui lui a appris le mot. Pour mettre un mot, justement sur ce que voyait Louise: maman qui refusait de travailler avec un homme, qui était furieuse qu'au CP elle ait un maître, qui ne saluait pas le voisin... "Il y a, derrière tout cela, un vécu difficile." Disait Christian. Il était le seul qu'elle tolérait, de qui elle acceptait les contacts, à qui elle confiait sa fille parfois. Elle avait coupé les ponts avec toute sa famille, oncles, tantes, sauf avec lui, son frère... Lui aussi avait souffert de la violence de leur père, de la disparition tragique de leur mère.

Les yeux bouffis, le nez gonflé, Louise s'assied dans son lit. Son portable indique qu'il est bientôt l'heure de se lever. Elle soupire.

Il lui avait raconté, petit à petit, quand elle est venue squatter son atelier, un peu, beaucoup, passionnément, l'adolescence arrivant.

Le père alcoolique et violent, jaloux. La peur, les baffes. Les départs, la misère, les retours. Puis ce jour où les dames des services sociaux qui sont venues les chercher à l'école. Elle était morte sous ses coups.

Comment un homme aussi... Destructeur avait pu engendrer Christian? Un homme si doux, si droit? Jamais il ne s'est énervé contre elle, ni contre Nicole, sa mère. Et pourtant elles lui en ont fait voir. A chaque dispute avec elle Louise se réfugiait dans son garage, dans l’appartement au dessus et, quelques heures après Nicole débarquait pour jouer la grande scène du deux: cris, pleurs, claquements de portes. Embrassades, larmes.

Louise pose les pieds par terre. Sous ses orteils elle retrouve le mouchoir disparu. Elle se penche pour le ramasser et, toc, ça recommence. 

Louise n'a qu'une envie: retourner sous la couette, en boule autour de son ventre. Elle se fait violence, s'extrait du lit. Elle ne va tout de même pas renoncer à cause de ça!

Ça... Il y a une part de vérité dans ce que dit sa mère sur les hommes (sauf Christian!): pas fiables.

En tout cas celui là. Qu'est ce qui lui a pris de sortir, de coucher, avec Romain? Pour provoquer, en quelque sorte, sa mère? Choisir le fils à sa maman, le gars mou, incapable d'autonomie, dépendant?

Juste quand leurs relations s'apaise. Quand, enfin, elle accepte de la laisser choisir sa voie: la mécanique.

L'avantage d'avoir un minuscule studio c'est qu'il n'y a pas loin à aller du lit à la douche. Ou du lit au toilettes. Cela l'a sauvée plus d'une fois, ces derniers mois, quand elle avait la nausée. Dire qu'elle pensait avoir attrapé un virus intestinal quelconque... Nul n'est plus aveugle que celui, celle, qui ne veut rien voir.

Louise ouvre le robinet, retire son t-shirt et se glisse sous la douche. Elle se savonne. Elle s'étonne. Il va falloir réapprendre son corps. Elle qui l'a ignoré pendant tant de semaines. Jusqu'au choc de se "découvrir" enceinte de 4 mois!

En se lavant les cheveux elle planifie sa journée. 

Petit déjeuner. Que c'est agréable de le faire seule, en silence, rien que pour cela mettre Romain à la porte était une bonne idée. Quand il n'y a pas d'amour il n'y a que de la gène. Défaire le lit, mettre les draps dans un sac. 

S'habiller. Quoi mettre maintenant? Ses vêtements de pin'up, énième provocation pour sa mère, qui sont devenus sa marque de fabrique, ne conviennent plus. Elle va devoir se résoudre à porter un pantalon, une blouse vague. Heureusement en friperie elle déniche des merveilles, à pois, à fleurs, à motifs cerises ou pastèques. Et pour l'atelier? Elle doit se dégoter une cotte de travail plus grande. Elle a mis tant de temps à en trouver une rose. Est-ce que cela existe en grande taille? 

Pantacourt rouge cerise, chemisier à manches papillon à fleurs jaunes, sandales compensées vertes. Ses cheveux bouclés séchés dans une serviette elle les discipline, vaguement, avec un bandeau turquoise. Et sourit en l'ajustant dans le miroir: sa palette de couleur, qui fait toujours grincer des dents sa mère, la met en joie.

Alors, voyons... Il va falloir faire plusieurs tours pour charger la voiture. Un pour le sac de draps et son sac de cours. 

Une bouffée de... Angoisse mêlée de fierté. Cette semaine c'est les derniers partiels pour l'obtention de son BTS mécanique (maintenance des véhicules option A). Un sacré chalenge de passer d'un bac pro AGOrA (assistance à la gestion des organisations et de leurs activité) à la mécanique. Il lui avait fallu prouver sa valeur, ses compétences. Compétences acquises avec Christian. Aïe, voilà les larmes qui reviennent! Christian ne sera pas là pour la voir réussir. Louise inspire profondément, si elle pleure elle va ruiner son maquillage. 

Donc un tour pour les draps... Et si elle prenait au mot Steph, la maman de Romain, qui ne se sent plus depuis qu'elle sait, Romain s'est évidement précipité dans ses jupes dès qu'il a su pour la grossesse, qu'elle va être grand mère?  Elle veut se rendre utile? A part rééduquer son couillon de fils, incapable de rien faire sans elle (voilà, sans doute, pourquoi il n'a pas réussi à mettre correctement un préservatif, ce genre de chose ne s'apprend pas avec MoMan)? Elle pourrait lui déposer les draps et les récupérer ce soir. Louise parie qu'ils seraient même repassés. Mais l'idée de demander de l'aide... Non. Elle prendra sa pause déjeuner au lavomatic. 

Un tour pour sa boite à outils. Ce soir elle passe chez son copain Théo. Son camion est en panne.

Ce n'est pas très loin de chez sa mère. Ce pourrait être l'occasion...

Il est absolument certain de cela va être explosif. Mais il va bien falloir lui dire. Pour le bébé à venir. Elle va hurler, Louise en est certaine. Lui parler de la maternité comme un asservissement, sûrement. Elle lui rabâchera sa jeunesse, son immaturité, son inexpérience. Lui remettra t-elle dans les pattes Louise Michel qui lui a inspiré son prénom? Féministe, engagée, révolutionnaire.

Louise ferme la porte du studio, descend les escaliers en sautillant presque.

Sûr se retrouver enceinte par accident n'est pas révolutionnaire. L'élever sans le père (Louise le sais, Romain ne sera un père que sur le papier, peut-être un père de week-end, de temps en temps) non plus. Mais pour elle c'est un défi supplémentaire qu'elle va relever, avec ou sans sa mère. 

Elle dépose sa boite à outils dans le coffre de sa Dauphine vert d'eau, tant d'heure à la restaurer aux cotés de Christian, et s'installe au volant.

C'est parti! Chaque jour est un nouveau défi!