Projet photo avec Virginie.
En cette 19 ème semaine: la vitesse d’obturation rapide.
Désolée, je n'ai pas mieux en stock...
Le bondon en mouvement n'est pas flou mais le fond ne le met pas en valeur.
Sans doute parce que c'est par hasard que je l'ai pris sur le fait...
dimanche 10 mai 2020
vendredi 8 mai 2020
Des fleurs et de la douceur en rentrant à la maison.
Ces derniers jours j'ai
refusé de faire ce qui ne m'était pas encore demandé. Pas de consigne
alors, pas de consigne. Et quand les consignes et le tableau à remplir
(effectifs prévisionnel et, il est grand temps de s'en inquiéter, n'est pas? personnel capable de reprendre le chemin de l'école) sont arrivés, le 7 à 10 h 23 à rendre pour le 7 à midi au plus tard. Et
bien... J'ai dit stop! Et j'ai rempli, grillant du temps d'enseignement à
mes élèves (putain de sens du devoir!). Où est le temps pour le faire?
Je suis en classe
virtuelle. Mon temps de direction n'a pas, loin de là, augmenté. Je n'ai
reçu aucun soutien pour "porter" la continuité pédagogique, je n'ai
jamais (je dit bien jamais, pas de réponses aux mails au point que j'ai
pensé avoir un problème avec ma boite mail, lors de la seule visio depuis le début du confinement avec
l'inspectrice j'ai vainement levé la main pendant une heure) eu de
réponse à mes questions, à celles de mes collègues que je transmettais,
des parents qui se tracassaient. Puis nous avons reçu hier, le 7 à 11 heures
la trame du "projet d'ouverture des écoles" (annoncée, cela déteint cette façon de mettre la charrue avant les bœufs, de crier "A table" avant d'avoir fait les courses, lundi soir). A conjuguer avec le
protocole sanitaire. A rendre pour... le 7. Jour de classe. Alors que les collègues, confinées, ne peuvent venir à
l'école pour participer à l’élaboration de cette usine à gaz. Alors
qu'il faut le faire en collaboration avec le maire (celui de notre
petite commune est accessible, ça tombe bien).
Quel employeur digne de
ce nom peut se permettre de pressurer ainsi son personnel? Combien de
crises de larmes, de crises de nerfs, de crises de conscience (de prises
de conscience?) cette reprise de l'école dont se vante Blanquer aura
t-elle provoqué? Mes élèves ne m'ont pas "vue" hier. Je n'ai pas eu le
temps (pas eu le temps!!!) de corriger leurs exercices, pas eu le temps
de les encourager, de les féliciter. Hier je n'ai pas été enseignante,
j'ai à peine été directrice. Je me suis mis la rate au court bouillon,
avec ma jeune collègue directrice de l'école voisine, pour faire au
mieux avec le bouzin indigeste et qui fabrique une non école. Et comme
j'ai une conscience professionnelle je sais que rien de ce que j'ai fait hier
n'était en rapport avec mon métier. Et... J'ai mal pour ma jeune
collègue, toute nouvelle directrice. Moi, il ne me reste que quelques
années, presque à compter sur les doigts d'une main, mais... Quelle
éducation nationale avons nous laissé faire?
A part ça Gilles est allé au travail. Le conseil départemental n'avait pas prévenu l'administration du collège que le personnel revenait (ok, c'est déréglé à tous les étages).
En rentrant j'ai trouvé la maison vide, ils étaient en balade.
Mais elle sentait si bon...
Victor, assisté d'Emma, pour la cuisine, et de Gilles, pour la cueillette, avait préparé des beignets de fleurs d'acacias.
Voilà! C'est le week-end (et vous n'imaginez pas comme cela me soulage!).
A part ça Gilles est allé au travail. Le conseil départemental n'avait pas prévenu l'administration du collège que le personnel revenait (ok, c'est déréglé à tous les étages).
En rentrant j'ai trouvé la maison vide, ils étaient en balade.
Mais elle sentait si bon...
Victor, assisté d'Emma, pour la cuisine, et de Gilles, pour la cueillette, avait préparé des beignets de fleurs d'acacias.
Voilà! C'est le week-end (et vous n'imaginez pas comme cela me soulage!).
mercredi 6 mai 2020
Unique.
La factrice ne passe pas très souvent.
Elle laisse encore moins souvent du courrier dans la boite.
Et s'il y en a c'est plus souvent des factures que des lettres.
De Franck (qui a travaillé avec ma classe toute cette année)!
Un recueil de poèmes, avec photos.
Comme une pause sur papier...
Merci Franck.
Elle laisse encore moins souvent du courrier dans la boite.
Et s'il y en a c'est plus souvent des factures que des lettres.
Mais pas aujourd'hui.
Gilles a traversé la jardin, qu'il venait de tondre, pour me l'apporter sur la chaise longue que je venais d'investir après une journée pleine de variété (travail au bureau et coup de fils en rafale ce matin, linge et visio avec les collègues cet après midi): un paquet.
Qui arrive de Valence.De Franck (qui a travaillé avec ma classe toute cette année)!
Un recueil de poèmes, avec photos.
Comme une pause sur papier...
Merci Franck.
Premiers de corvée.
C'est l'histoire de ceux qui doivent faire.
Ceux qui doivent fonctionner.
Quelques soit les ordres.
Quelques soit les circonstances.
Quelque soit l'inadéquation du bouzin avec la réalité.
Même si cela amène de la souffrance pour ceux dont on a la charge.
Quelque soit la souffrance de ceux qui doivent faire rentrer des ronds dans des carrés.
En sachant que les arguments utilisés pour justifier cette ré ouverture des écoles prématurée sont fallacieux.
Ouvrir les écoles.
Progressivement mais mardi 12 (aux parents on a dit, à la télé, le 11).
Progressivement et suivant les moments, les sources, à chaque "couche" son grain de sel, ministre à la télé, recteurs, inspecteurs d'académie, de circonscription on commence par les GS, les CP et les CM2, ou tous de concert.
Ouvrir les écoles dit-on au parents à qui on donne le choix en les illusionnant. S'ils les remettent à l'école ce ne sera que pour, au mieux, quelques jours par semaine. S'ils les gardent la continuité pédagogique ne sera plus qu'en pointillé. Les profs ne pouvant pas (Ah, non?) être au four et au moulin ils vont entrer dans une nouvelle ère, celle de l'alternance.
C'est ça ou c'est abandonner les élèves restés chez eux.
Et à la question d'une collègue lors de cette troisième visio de la journée lundi (conseil des maîtresses de l'école, à 11h, syndicat, à 14h, inspectrice, à 17h) de la prise en charge du décrochage scolaire (argument du sinistre pour cette ré ouverture) cette réponse: c'est le choix des parents. Ils ne veulent pas ils ne viennent pas.
Et pour ce qui est du comment...
Un protocole de 54 pages à mettre en place qui va du réaménagement des locaux, de la cour, au plan de circulation autour de l'école. A une collègue qui s'interroge sur sa compétence en ce domaine si loin de sa sphère de maîtrise on répond tuto sur la toile.
Même chose quand nous réclamons la formation sur les gestes barrières et les consignes sanitaires dont parlait le sinistre.
Aux nombreuses questions sur impossibilité à "maîtriser" les interactions sociales, sur l'angoisse que cela va générer pour les enfants et les adultes qui les encadrent, pas de réponse. A part vous saurez les rassurer.
Soyons clairs si ces mesures sanitaires sont si strictes c'est qu'il est dangereux de retourner en classe. Non?
Ou non, les "experts" se succèdent à la TV, à la radio, se contredisent, disent tout et son inverse...
Contre l'avis du conseil scientifique, derrière lequel il se planquait pour prendre ses décisions jusqu'à présent, Mister M a décidé de ré ouvrir les écoles. JMB mis au pied du mur a avalé la couleuvre, il n'a pas dit non. Les cadres de l'éducation nationale se sont retrouvés avec la patate chaude, très chaude, et ils n'ont pas dit non. Ils l'ont filé, sans filet, aux couches inférieures. A vous de jouer. On vous fait confiance (C'est désespérant d'avoir gâché un aussi beau mot!). Ils l'ont filé le "soin" de la mise en œuvre, dans des délais intenables, sans moyens, sans formation, sans temps supplémentaire (je n'ose compter le temps que j'y ai passé, tout en continuant de travailler avec mes élèves, à la maison) et nous n'avons pas la possibilité de dire non.
Quand l'une évoque ce "mal être", cette fatigue, on lui affirme qu'elle n'est pas la seule à souffrir (Bravo, ça aide! Toujours ce réflexe: faire culpabiliser d'être trop "faible"), qu'il y a un numéro d'appel pour parler à un psy et que si ce n'est pas suffisant il faut se mettre en arrêt maladie (trop faible qu'on vous dit. Pas que la charge est trop lourde, non, quand on a pas le choix on ploie ou on casse. Et il y aura de la casse).
Pas de possibilité de dire non.
Et puis il y a ces maires qui voyant venir la vague de responsabilité (elle est descendue en même temps que les ordres, se décharger sur la couche inférieure est un sport national) disent non.
Celui de la commune où je travaille l'a dit.
Non, l'école n'ouvrira pas (au moins jusqu'au 31 mai).
Nous n'aurons "que" les enfants de personnes prioritaires (dont le nombre augmente) à accueillir à l'école. Et nous pourrons ne pas abandonner nos élèves chez eux. Nous avons même prévu de recevoir, individuellement, avec leurs parents, ceux qui en ont le plus besoin. Notre version, à nous, de la prise en charge des difficultés.
Pour que l'école redémarre doucement, calmement, en réfléchissant, en évaluant les écueils sans précipitation.
dimanche 3 mai 2020
Projet 52/2020: le passé.
Projet photo avec Virginie.
En cette 18 ème semaine: le passé.
En cette 18 ème semaine: le passé.
Elle a échappé à la folie de réparation des accès qui a saisi Gilles lors de ces dernières semaines.
Et j'espère qu'elle y échappera. Tant qu'elle fermera.
Je ne suis pas certaine de l'avoir connue autrement que vielle, grise. Belle pour moi. J'aime les traces du passé, du temps qui passe.
Elle vient du passé, elle pourrait bien être centenaire, et elle est là...
samedi 2 mai 2020
Con fidence sur con finement.
Qu’est-ce qui te manque le plus dans ce confinement (la première chose qui vient à l’esprit, spontanément) ? La sérénité. J'ai la chance d'avoir mes enfants, mes proches à portée de main. Curieusement ce n'est pas le confinement qui me pèse c'est la manière dont se profile le dé confinement.
Quelque chose de positif dans cette période ? Beaucoup de positif en fait. Nous vivons à 8 (la maison et le jardin sont grands, ça aide surement) sans tension. J'ai enfin trouvé le temps de faire des exercices chaque matin. Cela ne prend pas tant de temps que je ne puisse pas continuer une fois le travail à l'extérieur repris.
La boisson du confinement ? De l'eau et une bière le soir. Mais une bière sans quelqu'un avec qui trinquer c'est pas... Bref.
Alors c’est comment le télétravail ? Ce fût très difficile les deux premières semaines et les vacances ont été les bienvenues. J'appréhende la suite. Il est question (le sinistre chauve le dit) d'abandonner nos élèves à la maison (à des collègues à la maison eux aussi? Qui le les connaissent pas? Au CNED?) pour aller faire classe à de petits groupes d'élèves (dont certains ne seraient pas les nôtres?). Tout cela en faisant respecter des règles sanitaires intenables. Organiser la maltraitance de nos élèves? Je n'en dors plus.
La chanson du confinement ? Je suis tombée sur la musique de mes vacances adolescentes et j'y reviens encore et encore (le souvenir d'un temps ou l'avenir était incertain pour un autre temps incertain?): Alan Parsons Project Sirius/Eye In The Sky
La série du confinement ?
Unorthodoxe, Lucifer (avec Suzanne)
Et ta coupe de cheveux ?
Ma coupe de quoi?
Le livre du confinement ? Je l'ai dévoré en une après midi. Bien écrit, poétique, décalé: "A la ligne, feuillets d'usine" de Joseph Ponthus.
Des stocks de bouffe ? 8 à table. Avec Emma et Suzanne qui mangent comme des moineaux, Coralie en dehors des repas et autre chose que ce que je prépare, mais avec Arthur, Victor et Clovis qui mangent comme le font des ados/adulescents. Nous allons nous ravitailler pour partie dans un magasin pour collectivité: farine par 10 kg, levure par 1 kg, pâtes et riz par 5 kg... 12 litres de lait à chaque ravito. Je me suis offert, dans ce même magasin qui fournit restos et cantines, sans regarder le prix, j'en avais trop envie, une méga poêle. C'est grave docteur?
Des symptômes du Coronavirus ? Avec le recul Victor a été malade avant le confinement (toux, fièvre et tout le tremblement). Et ces derniers jours Suzanne, qui n'est pas sortie d'ici depuis le 13 mars, a de nouveau des ganglions dans le cou, de la fièvre et mal au ventre. Le cabinet de pédiatrie ne répond pas. J'ai décrit les symptômes sur leur répondeur, ils ne me rappellent pas c'est qu'il n'y a pas de gravité (n'est ce pas?).
Sur informé ou sous informé sur l’épidémie ? C'est infernal ces informations, ces affirmations qui tournent et virent...
Optimiste ou pessimiste ? Je ne suis pas abattue, je me bats, mes principes et ma volonté ne sont pas atteints. Je suis optimiste pour les miens. Je connais leur capacité de résilience. Par contre pour cette ré ouverture des écoles je vois ça mal, très mal. Pour nos élèves, pour leurs parents, pour les enseignants et le personnel qui les épaulent.
Une citation pour illustrer la pandémie ? Comme Gilsoub et Virginie: "Mieux vaut être confiné que con fini"
vendredi 1 mai 2020
"J'adore quand un plan se déroule sans accroc"
Seuls les plus vieux connaissent la référence à "L'agence tous risques" et à son chef Hannibal.
Mais même les plus jeunes comprennent le sens ironique de cette phrase:...
Dans la série le "plan" est toujours construit de bric et de broc, élaboré avec ce qu'ils ont sous la main, objets, personnes détournées de leur usage premier.
Au pied du mur, face à une agression ou à un ennemi très vilain, et avec un colonel à leurs trousses, ils établissent une stratégie.
La plupart du temps farfelue, à grand renfort de plaques de métal, de soudures sur des véhicules improbables.
Puis vient le temps de la bataille, loin d'être gagnée. Il y a des aléas, des moments où tout semble perdu, où c'est foutu.
Mais qui fini, bien sûr par l'être... C'est là qu'Hannibal se félicite de la victoire.
Mais même les plus jeunes comprennent le sens ironique de cette phrase:...
Dans la série le "plan" est toujours construit de bric et de broc, élaboré avec ce qu'ils ont sous la main, objets, personnes détournées de leur usage premier.
Au pied du mur, face à une agression ou à un ennemi très vilain, et avec un colonel à leurs trousses, ils établissent une stratégie.
La plupart du temps farfelue, à grand renfort de plaques de métal, de soudures sur des véhicules improbables.
Puis vient le temps de la bataille, loin d'être gagnée. Il y a des aléas, des moments où tout semble perdu, où c'est foutu.
Mais qui fini, bien sûr par l'être... C'est là qu'Hannibal se félicite de la victoire.
Où vais je ainsi?
La phrase "J'adore quand un plan se déroule sans accroc" est celle qui, ironique, accompagne mes nuits tronçonnées.
Elle est en fond d'écran de nos conseils des maîtresses en visio, elle me saute à la figure depuis que, contre l'avis du conseil scientifique, Macron a décidé de ré ouvrir les écoles.
Elle prend tout son sens quand nous recevons des consignes (la seule claire étant de recenser les élèves susceptibles de revenir en classe) et un protocole sanitaire (63 pages), enfin, hier jeudi. 17 jours (17 jours!!!) après que Macron ait parlé. 17 jours pendant lesquels nous étions dans le noir, dans le flou. Dans l'angoisse.
Nous sommes l'agence tous risques. Nous devons monter à l'assaut d'une scolarisation dégradée (garderie gratuite, gosses dans des cases de 2 mètres carré, sans masque, classe à la maison et (et!!!) en présentiel) avec du bric et du broc et un colonel/éducation nationale qui nous court après avec des consignes sans sens, enseignement perdu de vue... L'ennemi est mouvant au fil des jours, au fil des changement de vent, au fil des changements de doctrine (heurk!), au fil des communications brouillées des médecins et des politiques.
La charge et la responsabilité est écrasante. Les explosions menaçantes.
Je me sens comme "Mister T", droguée et embarquée de force dans un avion sans pilote.
Notre équipe est formidable et nous nous soutenons depuis des semaines mais je ne suis pas, loin de là, certaine d'avoir la folie de Looping, la ruse de Futé, les épaules (et la crête même si mes cheveux ne ressemblent plus à grand chose) de Mister T pour arriver à tenir la barre de cette bataille.
Et à arriver, un jour, à pouvoir dire, pour de vrai, comme Hannibal, quand la victoire sera acquise: "J'adore quand un plan se déroule sans accroc"
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