lundi 12 septembre 2022

37/52/2022: "Les choses qui n'ont pas de sens..."

 ...sont les plus belles" - Elena Ferrante - L'amie prodigieuse

Projet photo avec Virginie.
 


Notre cour est sinistrée. Pelée, déserte.
L'herbe a déjà, en temps normal, du mal à y pousser, là, avec la chaleur...
Et le retour des pluies n'y a rien fait.
Mais dans l'allée, que Gilles souhaite "propre", l'herbe reparait joyeusement.
Cela n'a aucun sens, et c'est bien beau.

samedi 10 septembre 2022

Jardins (projet pour Annaïg), ceux de ma vie.

Les premiers mois nous n'avions pas de jardin, je crois. Je suis née à Lille et mes parents étaient en appartement.

Alors mon premier jardin est celui de la maison de brique, l'une parmi les mêmes accolées dans la rue de Douai où nous habitions et où la famille s'est agrandie de trois petites sœurs.

Un jardin rangé entre ses voisins, comme un carré de sucre dans une boite. Bien délimité, entre ses murs et grillages, Bien aligné, légumes en rangs, de chaque coté de l'allée cimentée, festonnée du linge qui y séchait.

C'était le royaume de Caroline, la tortue, c'est à peu prés tout ce que j'en garde...

 
Le jardin suivant, à Marq-en-Baroeul, n'a été qu'une étape, pelouse, il me semble, pour accéder aux rues du quartier pavillonnaire (là aussi, maisons toutes identiques) où je faisais du vélo.

 
Puis il y eut le "jardin de curé", enserré de murs, entre l'école et la rivière, très polluée, d'Avesnes-sur-Helpes. J'allais y promener Titus, papa y faisait pousser des légumes. Pour aller au jardin il faillait descendre d'un étage, enfiler un couloir, le long des classes désertes, descendre quelques marches encore... La plupart du temps c'est dans la cour que nous jouions...

 
A cette époque, entre chaque clash, inévitables, avec ma grand mère, nous faisions des incursions dans le jardin de mes grands parents paternels (les maternels habitaient en appartement, avec une grande pelouse commune quand même).
C'était grand papa qui cultivait (et amendait. Avec le contenu de la cuve des toilettes retiré à la louche (une vraie louche géante, fixée à une perche en bois)) mais c'était grand maman qui dirigeait (comme, il me semble, tout dans leur vie). 
Il y avait une grande plate bande, terre soigneusement retournée, à nu, noire, entre quelques rosiers rigides, quelques buissons "décoratifs", un tamaris sinistre, même fleuri (son rose était passé, triste) et un potager. Le tout entrecoupé d'allées de terre battue qui m'impressionnaient (il fallait avoir drôlement piétiné pour arriver à un tel résultat!!!). 
De ce jardin j'ai le souvenir très vivant des cueillettes de framboises, de groseilles (fallait-il que j'ai été bien petite, les plants étaient plus grands que moi). Nous dévorions la récolte destinée aux confitures.
Plus tard, je me cachais dans le verger (qui était plutôt une peupleraie) pour faire des cabanes, pour lire à l'abri de la désapprobation de grand maman (lire: perdre son temps).

Depuis le jardin est "tombé" en de bonnes mains et s'est adouci de pelouses fleuries, le potager fourni rhubarbe, fraises, et tomates. Un cerisier pleureur y veille sur le souvenir de Bénou.

 
Du Nord nous avons déménagé dans les Alpes de Haute Provence où nous avons eu un parc pour jardin.
Ou plutôt nous avons eu un potager, arrosé, à tour de rôle, par l'eau de la rigole d'irrigation, dans un coin du parc de l'école normale où nous habitions. 
Pendant que nous, les filles, vivions des aventures formidables sous les cèdres du Liban géants, papa y cultivait salades radis, tomates... 

 
Juste avant de reprendre meubles et affaires pour une autre destination, mes parents ont acheté un terrain aride et limité au fond par un mur de galets. Ils ont fait construire la maison et ont commencé à planter. Ébauche de jardin. Qui évolue encore, 45 ans après...
Les amandiers des premiers temps, rescapés de l'ancien verger, sont morts, un olivier essaie d'y grandir, les troènes sont devenus géants, les iris couvrent les restanques patiemment montées, les murs empierrés, fleurissant au printemps sur les cendres de Bénou.
Le chêne centenaire, qui a longtemps accueilli la cabane (détruite quand elle est devenue dangereuse) sert d'abri au hamac d'Arthur et d'ombrage pour les apéros...
 
 
Papa a été nommé au Mans et c'est de nouveaux parcs que nous avons investi.
Le premier pour un an, n'était pas très glorieux. Il avait été transformé en parking... Notre "appartement" (sur trois niveaux) avait son propre jardin privé. Un jardinet en escalier, enserré entre le haut mur qui nous séparait de la rue et le bâtiment. Le seul arbre qui l’égayait était un figuier qui poussait sur le mur et écrasait l'escalier d'accès à la porte qui donnait sur la rue.
 
 
C'est à cette période que j'ai très souvent fréquenté le jardin de mon amie Annaïg. Celui que cultivait son papa. Un potager tout en longueur en plein milieu de la ville, juste derrière la petite maison. 
Nous jouions aux playmobils au milieu des plans de rhubarbe (qui servaient d'habitat aux bonhommes en plastique).

 
Papa n'a pas eu le temps de cultiver l'escalier/jardin avant que nous déménagions de nouveau pour un modèle relativement semblable, parc plus arboré, jardin en pente douce entre notre logement et le mur (qui nous séparait des voisins). Là c'était le saule pleureur qui nous servait de tonnelle. Et c'est la glycine centenaire qui nous entourait de ces branches et de son parfum. Papa avait eu quelques années pour prendre possession du bas du terrain et y cultiver son potager.
Quand nous l'avons quitté les lieux les nouveaux "locataires" ont fait abattre le saule et la glycine... Je suis certaine que cela leur a porté malheur.
 

Quand mes parents ont de nouveau déménagé je ne les ai pas suivis et je n'ai plus eu de jardin pendant un bon moment (eux non plus).
Mais, avec Gilles, nous étions mis à contribution pour quelques taches de déblaiement, de nettoyage, et profitions du jardin de Simone, ma belle mère.
Un jardin longtemps négligé, sous sa glycine envahissante, en pente, aménagé au fil du temps d'une terrasse bordée d'un mur ferraillé de bouts de vélos et trucs récupérés, que Simone avait transformé, quand elle a eu du temps, à la retraite, en un jardin charmant et très fleuri.
 
 
Avec Gilles nous avons eu un jardinet quand, juste après notre mariage, nous avons emménagé dans un logement de fonction à Lille. Un bout de terre noire triangulaire au pied des haut murs de briques. J'y ai semé des roses trémières, récupérées au Mans dans l'école où j'étais animatrice. Elles s'y sont plu. Je les ai vues fleuries année d'après quand j'ai fait un remplacement dans l'école dont dépendait le logement (que nous avions quitté assommés par les charges).

 
Puis nous sommes arrivés à Fortan.
Une cour gravillonnée et un bout de terrain tout en long devant. 
Un champ de luzerne derrière.
30 ans que nous sommes là.
30 ans de mains dans la terre, en parallèle de mains dans l'isolant, le placo, le plâtre, la peinture...
Le champ est devenu verger, pommiers, pêchers, cerisier, le domaine des poules.
La cour a perdu ses graviers (ouf!), des rosiers, des pivoines, des hibiscus, tiennent compagnie aux roses trémières (les descendantes de celles de Lille). Il y eu une piscine/patinoire, un tas de terre de remblais, pendant des années. L'une et l'autre ont fini par disparaitre. Des arbres ont été plantés, néflier, tilleul, figuier, cognassiers, au milieu desquels sèche le linge. Un polonia, un magnolia, un ginkgo biloba, un liquidambar vont grandir pour ombrager nos petits enfants...

 
Je rêve d'avoir du temps, comme Simone, pour "paysager" notre jardin.
Gilles aimerait du temps pour "bien" faire au potager.
Et je récolte chaque jour, en ce moment, les tomates sur lesquelles Gilles veille... Des groseilles, des framboises, des mûres, pour en faire des confitures.

 
Si nous n'avons pas fait de notre goût pour le jardin notre vie, deux de nos fils en ont fait leur métier. Jardiniers paysagistes.

 
Et quand nous partons parfois en vacances nous n'oublions pas de visiter les jardins.

 
D'apprécier les jardins.

 
Le jardin arboré et prolifique, potager envahi d'oxalis de Simon et Cynthia. Celui longtemps négligé de Victor et Emma. La pelouse au bord du parc de Colette. Le jardin enserré de coteaux de Valérie, celui serré entre les murs d'Anne, celui caché sous les feuilles de David, l'adorable de Jenny et Mane, la terrasse sous l'albizia de Danièle, celle suspendue de Sylvain et Stéphanie, les potagers fantastiques de Thomas et Valou, de Jean Marc, celui de Vava et Carole, celui de Nanette...

 
Le jardin ancien et en devenir d'Annaïg.

 
Un jardin proche, un jardin ami...

mardi 6 septembre 2022

Le week-end vite passé et les réponses du mardi.

Les réponses sont celles faites aux questions du Dr CaSo.

Les photos sont celles de ces derniers jours...

Vendredi j'ai reçu un message de mon ex collègue: la fresque que nous avons peint dans le tunnel à coté de l'école avec nos élèves a été...

Et, tout ce week-end, pendant que Suzanne préparait fébrilement sa valise, une tenue par jour, toutes essayées, que les gars, sauf Clovis, admiraient de vieilles voitures, à coté de chez Victor et Emma, puis quelques bolides grimpant une côte, à coté de chez Simon et Cynthia, j'ai œuvré à ne pas perdre les kilos et les kilos de pêches (avis aux amateurs j'en ai encore un plein seau!).

  •  Quel prénom auriez-vous aimé porter?

Mon prénom m'a toujours convenu.

 
  • Avez-vous l’habitude de saluer la lune quand vous l’apercevez dans le ciel?

Je ne la salue pas. Je l'admire, je la contemple...

  • Dans quelle mesure êtes vous encore capable de parler la (ou les) langue(s) que vous avez apprise(s) à l’école?

Apprises à l'école? Je suis certaine de n'avoir pas appris de langues à l'école. J'ai "participé" à des cours de langues (anglais, espagnol), mais je n'ai pas appris à les parler.

  • Si l’on vous proposerait une rente équivalente à un salaire modeste mais permettant de vivre décemment, arrêteriez-vous le travail qui vous permet de gagner votre vie?

Bien entendu!

  • Est il nécessaire d’avoir un grain de folie pour survivre dans ce monde de fous?

Absolument!

Ma question maintenant:

J'ai une petite élève qui n'est jamais dans le temps (cela contribue à ses difficultés d'apprentissage). Elle s’impatiente, veut déjà être à ce soir, à demain, au week-end prochain. Ou elle raconte, encore et encore, le chat de papa malade (l'an dernier), le déménagement et les cartons (il y a des mois),...

  • Comment vous situez vous dans le temps?
Je veux dire: vivez vous dans le passé, ressassant sans cesse, dans le présent, le passé effacé, l'avenir à envisager plus tard, dans le futur, toujours à élaborer des projets?

lundi 5 septembre 2022

Ça claque!

Cela a commencé alors que l'on passait à table.

Beaux éclairs.
Et Gilles nous apprend que sa mamie disait "une" éclair.
De la pluie.
Et Arthur redoute de reprendre dans de mauvaises conditions, sa veste de pluie de boulot n'a plus de fermeture.
Toute la nuit fut éclairée et sonore.
Et le réveil bien tôt... 5 heures.
Surtout pour Suzanne qui avait rendez vous pour son covoit à 6h15 à 20 minutes de la maison.
Ce premier trajet fut un peu irréel au milieu du ciel spectaculaire.
J'ai laissé Suzanne et j'ai emprunté une petite route inconnue jusqu'à l'école, alors que l'orage était bien là.
Ça claque!
Comme ce chiffre: 35.
35 ans de mariage.
Je t'aime Gilles.
 

dimanche 4 septembre 2022

36/52/2022: "Le ciel s’amochit, il en est tout gristouille"...

"Souhaitons qu’il s’archange bientôt et devienne merveibleu... " (proposition de Mirovinben).

Projet photo avec Virginie.

Soirées orageuses (dont une avec explosion)...

Aube mi figue mi raisin.

Nous avons eu de la pluie, bienvenue.

Il a fallu ressortir les pulls. Maintenant c'est la valse des "J'ai frais, je mets le pull, j'ai chaud, j'enlève le pull (il a fallu que je réapprenne à mon élève J à plier le coude pour enlever son sweat parce qu'il était coincé dedans, tout transpirant...)".

jeudi 1 septembre 2022

Bon-ne-s!!!

Il était déjà parti, en baillant, dans la nuit encore noire quand j'y ai repensé: 
"Bonne fête Gilles!"

 
Il est passé, quand je terminais de préparer ma gamelle et le repas qu'Arthur amènera chez maman tout à l'heure, le car de ramassage scolaire qui n'emportera plus Suzanne:
Bon stage d'intégration Suzanne! (Merci Jenny pour les ajustements: le matelas, le sac, le pique nique, et pour la conduite ce matin)
Bon retour chez toi Colette!

 
A pour tous les autres, comme moi, concernés par l'affaire:
Bonne rentrée!
 

mardi 30 août 2022

11, presque 7, les réponses du mardi et un panier bien rempli.

Maman, qui commence ses derniers jours de prison de centre de convalescence, me demandait hier ce que j'avais fait ce week-end.

 
Alors, ce week-end j'ai peint, encore, en gris, les fenêtres du premier étage. 
Et c'est fini!
(Ah, non! Simon, de passage, je suggère, et c'est judicieux (alors, dès cet article terminé, je m'y mets) de peindre en gris le moche tuyau d'eau qui court le long du plafond du salon)

 
Et puis nous avons fêté, en quelque sorte,...

 
...les 11 mois de Bastien en faisant une balade...

 
...de presque 7 kilomètres.
 
 
Bastien a apprécié sa belle situation (par moment il faisait le bruit de la moto!!!) et en a profité pour faire quelques câlins à son papa.
 
Ce sont les images du petit tour autour de la maison de Simon, Cynthia et Bastien qui vont servir d'illustrations au réponses aux questions du Dr CaSo:
 
  • Qu’avez-vous vu de joli cette semaine?

Sans fausse modestie, notre maison est bien jolie avec ses huisseries et volets gris. Gilles a eu une idée formidable de lancer le chantier. Et merci à lui de s'être chargé de la peinture chiante (celle des portails et volets métalliques qui demandent une peinture collante et nettoyable au white spirit).

  • Quand et contre qui étiez-vous fâché.e la dernière fois et pourquoi?

Contre les dérangeurs en série. Ceux qui appellent, et rappellent, pour le compte personnel de formation, les économies d'énergies, les insectes xylophages, les abonnements à la fibre, le premier slip du grand père du cousin du voisin... Pourquoi? Parce que c'est du temps perdu, de l'énergie aussi...

  • Quels aliments n’aimez-vous pas mais vous pouvez quand même les manger si vous êtes invités, par exemple?

Les carottes cuites. La langue (c'est le seul abat pour lequel je peux passer outre mon aversion).

  • Si vous pouviez ajouter un mot dans le dictionnaire, lequel serait-ce?

Aucune idée! La langue française me parait bien riche déjà, je n'en ai pas encore fait le tour. Et puis elle évolue et s'enrichit chaque jour, non?


  • Quelles traditions familiales de votre enfance avez-vous adopté avec vos enfants, et/ou quelles traditions avez-vous créé avec votre famille et espérez-vous que vos enfants gardent avec les-leurs?

Traditions familiales? Il fût un temps où le dimanche soir je ne cuisinais pas. Nous mangions les restes dans le frigo ou chacun se faisait son petit frichti. J'ai l'impression que cela a disparu... Je me retrouve toujours a demander qu'est ce que vous voulez manger? (ce à quoi ils répondent immanquablement: "Je ne sais pas", ou "Ce que tu veux". Gilles lui dit: "On va regarder" et je me retrouve à faire comme d'hab: je regarde dans le frigo et j'improvise.).

  • Si vous pouviez observer un événement historique pendant quelques heures ou quelques jours, comme si vous y étiez, quel événement choisiriez-vous?

 Le jour où les femmes ont obtenu le droit de vote, celui d'avorter?

 Ma question maintenant, entre la récolte du jour au potager et le petit kilo de pêches transformées en confiture (et cela n'a aucun rapport!):

 Avez vous une manie, un "toc", bizarre?

Moi je ne peux pas mettre des dessous désaccordés. Il faut absolument que la culotte soit du même ensemble que le soutien gorge. Et oui, je sais, personne ne le voit. Mais c'est pas possible. Non.