Ce sont des boucles, désormais, qui m'occupent l'esprit.
Je me souviens d'avoir manifesté, plus d'une fois, quand j'étais lycéenne (Devaquet?)
Nous n'avions pas peur de mourir, d'être blessés, ni même d'être arrêtés.
Tout au plus avons nous pris quelques bouffées de gaz lacrymo (et nous pouvions avoir de quoi nous rincer les yeux).
Mardi Gilles et Victor sont allés manifester (pendant que j'allais chez le dentiste (encore)). Ils en sont revenus chafouins: deux lycéens ont été arrêtés, les autres ont été invités par les syndicats à s'intégrer au cortège des adultes (pour éviter d'autres débordements (pas forcement de la part des jeunes qui ont été très calmes) apaiser la situation).
Hier mercredi un gosse de 16 ans a été éborgné à Tours (à côté de chez nous).
Quelle est cette société qui écrase ses enfants?
Qui est passée des "gardiens de la paix" à des "forces de l'ordre".
Mettre l'ordre avant, au dessus, de la paix?
Mettre au pas nos gamins?
D'autant plus que, je suis bien placée pour le savoir, leurs revendications sont légitimes...
Et puis...C'est dans le même temps. Est-ce aussi un symptôme de cette société pourrissante?
Je me souviens que le jour de la crémation de Bénou nous nous étions garés dans une rue, le long d'un trottoir, et un type était sorti de chez lui pour râler (parce que nous étions garés devant chez lui?!). Est-ce le regard noir que je lui avais jeté ou l'indifférence de ceux qui étaient uniquement occupés par les adieux en cours? Il était rentré sans plus d'histoire.
Hier c'était pour un voisin, parti trop tôt, que sa famille et ses amis se réunissaient dans son atelier.
Et... J'ai hésité à y croire...
Il en est un qui est venu faire des histoires parce les voitures se garaient... dans la rue.
Mais de quel bois sont-ils fait?...Quelle société avons mis en place, avons nous accepté qu'ils mettent en place, où les coups remplacent le dialogue, où l'empathie, la compassion deviennent des gros mots?


Société de la honte.
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